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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

« L’écologie du milieu... »

Estuaires

L’écologie telle qu’elle est véhiculée à travers tout le monde occidental est-elle forcement une référence incontournable pour ceux et celles qui veulent insuffler une conscience écologique dans la société moderne algérienne ?

Rien n’est moins sûr, à mon très humble avis. Bien au contraire, il est question ici de donner à notre pays une approche écologique en parfaite adéquation avec tous les ingrédients qui font la nature profonde du peuple Algérie.

Non par nationalisme ou chauvinisme, mais bien par réalisme écologique ; car si la nature des Algériens diffère tant de celle des sociétés occidentales, c’est parce que l’écosystème Algérie a ses particularités  matérielles et immatérielles bien endémiques.

Le loup et  l’ours sont des animaux dont on a que très rarement admis l’existence en Algérie. Cela semble  pourtant une existence avérée, mais avec des particularités  bien locales. Nos mythes et légendes font plutôt la part belle au Chacal, au Dromadaire, au Lion,  au  Porc épic et à tant d’autres absents, exotiques ou rares dans le  bestiaire traditionnel  des occidentaux. Pour nous le Chacal est un animal aussi noble et rusé que  maître « Renart », par exemple; tandis qu’outre-méditerranée,  il est  essentiellement considéré comme  l’avatar des tueurs à gages ou des vulgaires charognards.

Le Sahara algérien , comme tous les  espace de désert, ne ressemble totalement  à aucun autre. Notre territoire est le plus vaste d’Afrique et il englobe des paysages d’un rare contraste. Plus de dix pour cent de notre biodiversité est propre à la biosphère dans laquelle cette jeune nation évolue en tant que peuple depuis la nuit des temps ; à l’image du Fennec, de la Sitelle de Kabylie…

L’eau est un élément qui a une valeur fondamentale autant pour l’écologie que la spiritualité du peuple Algérie. Notre rapport à cette manne, par nature, ne peut être celui des pays occidentaux où est née l’écologie moderne, souvent très riches en eau comme les nations  Scandinaves, l’Amérique ou bien l’Allemagne.

L’Islam, si il est, à bien des égards,  prolongement revendiqué  de la culture judéo-chrétienne, n’en reste pas moins une réforme qui, en bien des points et conceptions de l’environnement et des comportements,  ne se rencontrent pas toujours ; certes, sans jamais vraiment être contraire dans le fond…

Voici autant de simples exemples qui illustrent assez bien, il me semble, la distance physique et métaphysique  qui peut séparer la société Algérie de l’écologisme de culture  judéo-chrétienne occidentale. A la rigueur, souvent, cette écologie fait plus facilement écho à celles des pays du Maghreb, de l’Afrique et de l’Orient, dans sa globalité, c’est-à-dire incluant l’Inde et le reste de l’Asie…

Il est donc inévitable de poser de nouveaux jalons écologiques  propres  à notre pays, là où l’universalité de l’écologie occidentale n’est plus avérée face à notre nature  endémique, algérienne. J'entends par là, qu'il ya forcement des lois universelles à respecter,  certes, des sciences et technologies étrangères à assimiler, des philosophies à étudier; mais jusqu'au point de garder propre sa nature humaine et territoriale.  Afin , d'à son tour, de participer de manière locale  à une émulation planètaire néscessaire, notamment en matière de respect de l'écologie de notre planète. 

Nouveau ne voudra pas dire ici inédit, mais presque "à nouveau". En effet, les Algériens ont à leur disposition nombre de préceptes écologiques issus autant de notre religion,  que de nos traditions préislamiques, mais aussi de notre profonde nature amazigh incontestable et incontestée.

Depuis des millénaires, des hommes et des femmes ont développé une succession d'économies traditionnelles, et donc une écologie endémique propice à instaurer un équilibre durable entre des êtres humains et un territoire.

Cette émulation est d’autant plus riche et variée que le peuple, et donc la nation Algérie,  sont aujourd'hui la somme historique et culturelle de nombreux peuples; qui ont évolué sur ce territoire plusieurs fois millénaire . Plus nous nous sommes éloignés de cette approche ancestrale pour nous inscrire dans la modernité industrielle et technique , plus notre société nationale semble s’être un peu plus éloignée de son âme, de sa matrice, de sa terre mère.

Malgré toute la mythologie décliniste coloniale française, il faut se souvenir de la réalité historique, géographique et culturelle d'une Algérie peuplée depuis longtemps par des populations ainsi qu'une faune et une flore qui sûrent être bienveillants les uns envers les autres.

Mais il n’est pas question ici de verser dans la nostalgie ou bien, pire, de paraître réactionnaire. Tout époque implique de nouveaux défis qui lui son propres et donc des réformes en profondeur. Particulièrement quand la tradition devient un frein à l’évolution d’une société, avec son temps et son environnement. Je pourrais même dire que, si l’on devait retenir un seul radical commun à toute cette mosaïque culturelle algérienne, c’est bien la quête du juste milieu. Tout, de notre religion actuelle à l’esprit profane de nos ancêtres les plus lointains, semble imprégné par cette condition inévitable d'établir cet équilibre comme le meilleur garant de bien-être, social, environnemental.

Le milieu, ce n’est pas seulement le centre. C’est aussi la bonne mesure, la sobriété, les mots justes et surtout le résultat d’un équilibre. C’est pour cela que, à mon humble avis, l’écologie algérienne devrait se soucier des milieux bien plus que de limiter son champ de vision à la notion d’environnement. Car ce terme désigne avant tout « tout ce qui nous entoure et nous influence ». C’est à la fois un cadre vaste (tout), mais limité à un sujet (nous, les humains) et à seulement deux actions (entoure et influence). Nous avons besoin encore plus d'un sens, de principes pour animer tous nos actes et projets de société moderne.

On parle rarement de l’environnement du singe, ou de toute autre espèce non humaine, mais de son milieu. L’environnement est un concept très centré sur l’Humanité, et forcement il ne peut désigner un équilibre écologique comme finalité ultime.

Le milieu, lui, intègre son sujet non comme un pôle central, mais bien comme intégré dans un équilibre, un écosystème. Le milieu est une notion qui a une dimension presque intrinsèquement locale; en ce sens l’environnement d’un pays devrait être surtout défini comme un ensemble global, interactif, de milieux locaux.

Chaque milieu local est une particule garante de l’équilibre d’un environnement national, lui-même partie intégrante d'un écosystème macro-régional, puis planétaire. Le milieu humain inclus forcement tout ce qui l’entoure et l’influence, mais bien plus encore; et cela devrait être également un principe de base pour la société algérienne d‘aujourd’hui et de demain. Penser local, ressentir et observer global, concevoir national et surtout chercher l’équilibre, quel que soit l’échelle de mesure

La nation Algérie, moderne,  est d’essence populaire, et donc un environnement très centré sur l’humanité,  plus que la nature. Mais cela ne devrait pas nous interdire de la concevoir également comme un écosystème riche en biodiversité,  dans lequel nous avons notre rôle à jouer avec autant de droits que de devoir. 

Un milieu qui n’est pas sain, ne peut être un milieu écologique, mais  seulement et à la rigueure un environnement malsain.  Un milieu centré sur une seule espèce  n’est pas  un milieu équilibré, tout est relatif  et interactif dans  cette Création.  Un milieu qui ne sert les intérêts que d’une forme de vie, n’est pas  vraiment son milieu, mais le théâtre d’une colonisation qui ne pourra avoir pour issue que la désolation de son propre environnement, à force de l’avoir déséquilibré par des modes d’existence contre nature. Car la Nature aime la variété, l'émulation, la sympathie entre les espèces; n'en deplaisent à ceux qui ont voulu faire mentir Darwin en prônant la loi du plus fort comme la norme justicière de ce Monde....

 

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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