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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"L’économie verte, concept inopérant en Algérie" par Nedjma Rondeleux (Maghreb Emergent)

 

« Rio + 20 », sommet de la Terre, s’ouvre le 20 juin à Rio de Janeiro, au Brésil. Ce rassemblement international, auquel devraient participer près de 190 pays, sera placé sous le signe de « l’économie verte ». Mais pour l’économiste Kouider Boutaleb, ce nouveau concept est inapplicable en Algérie du fait d’un contexte inopérant car, selon lui, « à l’heure actuelle, l’Algérie n’a pas de croissance, ni verte, ni blanche, ni rouge ». Pourtant , l’Algérie présidera le groupe des « 77+la Chine ».

 

L'économie verte sera le thème central du sommet de Rio. Mais ce cette formule reste elle-même complexe.

 

C’est un concept ambigu qui, même au niveau des organisations internationales, n’a pas encore trouvé de définition claire. Pour faire simple, il s’agit d’une transition économique vers un développement plus respectueux de l’environnement. Ce processus de changement se réalise dans le cadre du développement durable déterminé par le tryptique société, environnement, économie. Le développement durable doit en effet répondre aux critères suivants : être socialement acceptable, écologiquement durable et économiquement rentable.

 

Le problème c’est que les pays dominants dictent leurs règles, notamment à travers l’édification de labels. Pour pouvoir exporter, les produits doivent répondre à certains standards, comme la série de normes ISO 1400 sur le management environnemental par exemple. Mais dans les pays en voie de développement, souvent les entreprises ne sont pas outillées pour répondre à ces standards. Par conséquent, elles ne peuvent pas exporter leurs produits. Or un pays ne peut pas se développer s’il n’assure pas ses exportations. Quand on sait que d’autres normes vont s’ajouter et venir compliquer le marché, la disparité entre les puissances industrielles et les pays en développement est loin de se réduire.

 

Qu’en est-il du concept « d’économie verte » en Algérie ?

 

Il est sûr que ces nouvelles perceptions nous interpellent. Il s’agit d’un changement majeur de paradigme et l’Algérie ne peut pas rester en marge de ce processus. Le pays doit dès maintenant amorcer sa transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables. Cependant, il faut être lucide sur la situation. Actuellement, l’Algérie n’a pas d’économie. Le pays réalise 2 à 3 % d’exportations, alors que les importations dépassent toutes les limites admises. Le problème, c’est que l’on a des importateurs mais pas de producteurs. Tant que la sphère de circulation des marchandises générera plus de profits que la sphère de production, le pays ne pourra pas réellement émerger. Avant de parler « d’économie verte », il faudra déjà assainir l’économie du pays et avoir une vision sur le long terme.

 

Au niveau local, c’est-à-dire de la gouvernance des wilayas, beaucoup d’actions pourraient être mises en œuvre qui cadrent avec l’économie verte. Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières, dit-on. Pour cela, il faudrait déjà que les collectivités locales soient dotées de moyens financiers et humains suffisants. Surtout, il est nécessaire d’avoir une rationalité dans les actions entreprises. Comment se fait-il par exemple que dans le plan d’embellissement des wilayas, l’implantation de jets d’eau ait été préférée aux arbres, dans un pays où il n’y a pas d’eau.

 

Quelles seront les positions défendues à Rio+20 par l’Algérie et le groupe des 77 + la Chine, rassemblant aujourd’hui 132 pays en voie de développement ?

 

Le premier principe est celui de la coopération mutuellement avantageuse, à savoir que les pays émergents puissent eux-aussi avoir accès au marché international pour placer leurs produits. Un autre enjeu important pour les pays en développement est de trouver un moyen de transfert de technologies approprié et adéquat.

 

Enfin, la question des subventions des agricultures occidentales sera vraisemblablement de nouveau abordée. Ces subventions qui permettent aux marchandises des pays industrialisés d’être compétitives sur le marché international détruisent les cultures vivrières des pays en développement, qui deviennent alors dépendants des produits occidentaux. Au Sénégal, par exemple, la culture de la tomate a quasiment disparu.

 

10 juin 2012

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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