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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"L’économie verte peut-elle réellement changer l’Algérie ?" Par Karim Tedjani.

Du contrat social au pacte environnemental

Petit manifeste d'écologie Algérienne.

#5  L’économie verte peut-elle  vraiment changer l’Algérie ?

J'ai écrit ce modeste article afin de répondre aux questionnements concernant l'économie verte  de  certains membres de  l'association scientifique      algérienne El Maârifa. Dont le siège se situe dans les illustres locaux de l'Ecole Polytechnique d'Alger ,  où  ils  s'apprètent à   ce concept mettre à l'honneur  dans un  prochain évenement. Sans être un expert sur le sujet, je me suis permis de donner mon avis à propos d'un thème  aussi passionnant que  controversé dans notre pays. 

 

 

Un buzz sémantique?

Force est de constater qu’en cette année 2013,  le concept d’économie verte semble attiser la curiosité de nombreux intellectuels, politiques et entrepreneurs algériens.

Il faut dire que pour cela, un programme « Deved », initié  par le gouvernement algérien et  la coopération allemande GIZ, multiplie les communications sur le sujet. Le Programme des Nations Unies pour le Développement est également de plus en plus actif dans ce pays, d’autant plus que  l’économie verte est un pur produit de la pensée  « onusienne » ; le dernier sommet de Rio+20 a d’ailleurs été l’occasion de mettre en avant cette option de gestion comme la plus pertinente pour l'Humanité. 

Cette expression est censée répondre aux réticences de certains à propos de la pertinence du terme "développement durable";  notamment en raison  qu’il est difficile de concevoir  un développement, au sens contemporain du terme, capable de s’étendre indéfiniment sur une planète dont nous connaissons la plupart des limites. Bien entendu, le qualificatif « soutenable », traduction littérale de l’expression anglo-saxonne « sustainable development »  parait un peu moins pernicieux. Mais beaucoup trop  de voix à travers la planète se sont élevées pour dénoncer le fait  que le développement durable, parce qu’il ne met pas vraiment en question les principes actuels  du développement industriel, n’est que le cheval de Troie de la sacro-sainte "croissance continue";  si chère  aux artisans  du  capitaliste libérale qui est, rappelons-le, le principal vecteur de dégradations environnementales dans le monde.

L’économie verte, est, il me semble, surtout une « innovation » sémantique qu’une véritable révolution conceptuelle. Dans sa dimension la plus globale,  les préceptes annoncés par les penseurs du programme onusien ainsi apostrophé, rappellent   la  nécessaire mise en  corrélation entre le social, l’écologique et l’économique dans la gestion de nos sociétés contemporaines ; ce qui est la définition la plus courante du développement durable… Développement durable, d'ailleurs reconnu par la loi algérienne depuis quelques années déjà. 

 

Justice sociale et prospérité écologique

Un des  « petits  plus », si j’osais m’exprimer ainsi, est que ce type de gestion globale affiche une volonté de faire du partage des richesses ainsi que des savoir entre les peuples une priorité. Cette équité doit être perçue comme le meilleur environnement social et environnemental  afin de permettre à l’économie mondiale de continuer à se développer. L’intime symbiose  entre la pauvreté, les injustices sociales ainsi que la corruption avec la qualité de notre environnement mondial est également, à juste titre,  mainte fois évoquée comme une entrave  au développement des nations  de ce monde.

Dans une autre sphère, cette fois-ci, nettement plus politique et industrielle,  l’économie verte représente pour  certains pays européens  une réponse très prometteuse afin d' endiguer les crises qui sévissent dans l'enceinte de leurs frontières. C’est un postulat qui permet, par exemple ,  d’annoncer en Algérie  la possible création de  près d’un millions et demi d’emplois dit « verts » en s’engageant vers une « mutation verte » de son  économie.

Il est évident que l’avance technologique et culturelle dans le domaine de l’environnement des pays développés , combinée aux grands défis écologiques qui attendent des pays en voie de développement, riches en capitaux et en ressources naturelles,  ne peut que paraître la recette idéale pour relancer un marché mondial alors  totalement affranchi de tout protectionnisme national. En ce qui concerne les pays émergents, comme la Chine et le Brésil, ils ont apparemment décidé de rattraper leur retard, sûrement conscients que la maîtrise de  leur environnement leur assurera également la maîtrise de leur développement.  Ainsi que leur indépendance vis-à-vis des  autres grandes puissances concurrentes. Elles sauront sûrement tirer partie d’une telle libéralisation globale des frontières économiques. Car, c’est aussi un des points sur lequel  l’exposé du PNUD sur le sujet est très prolixe ; abolir toutes les frontières du Marché mondial  afin d’assurer  à la majorité des habitants de cette planète une gestion  ainsi qu’une répartition équitable  des ressources et des richesses.

 

Le marché  "vert"

L’Algérie, grande puissance africaine et nation influente dans le monde arabe  est à maints égards un des marché « vert »  de la zone méditerranéenne parmi les plus  prometteur, puisque l’ampleur des défis écologiques qui attendent ce pays sont à la mesure des faibles moyens endémiques qu’elle déploie pour les relever. Ajoutez à cela une rente pétrolière ainsi qu’une tendance à la facturation très généreuse des services fournis par certaines multinationales exotiques et vous comprendrez que la crise écologique algérienne peut rendre de grands services de la crise mondiale…

L’Algérie n’a pas vraiment  de crise économique à gérer. Sa position dans le « grand  l’échiquier » de l’économie mondiale l’en a pour l’instant préservée.   Ne serait-il pas  plutôt  judicieux de dire que c’est  son économie  qui est victime d’une crise sociale? Pour ne pas oser dire d’une crise de société... 

En ce qui concerne l’environnement algérien, le constat est d’autant plus sans appel : beaucoup trop de dysfonctionnements de la société algérienne sont à l’origine des incapacités de ce pays de faire vraiment appliquer  à travers un vaste territoire national toutes les mesures votées à cet effet. Or, les choses en sont arrivées au point que c'est la santé publique et le développement même du pays qui sont menacés à moyen terme si les choses ne changent pas en Algérie. Pollution, dégradation de la biodiversité, avancée du désert, aridité du climat etc...la liste des entraves écologiques   au développement algérien sera de plus en plus longue et elles s'avèreront graves si l'inertie de la société algérienne persiste dans ce domaine.  

 

L'Algérie n'innove que trop peu

C’est cette même crise qui fait de ce pays un des plus mauvais élèves dans le secteur de l’innovation et que la recherche algérienne dans le domaine des sciences de l’environnement  n’a pas été assez soutenue. Alors que nous disposons de dizaines de milliers d’ingénieurs et d'autant de chercheurs;   dont une grande partie est actuellement au chômage.  Tandis  que la plupart d’entre eux avaient, légitimement,  pensé que l’Algérie aurait grand besoin de leurs compétences matière d'écologie...

Pourtant, c’est ce capital en ressources humaines qui sera le plus légitime garant de l’adhésion de notre pays à l’économie verte. Sans la maîtrise nationale  des technologies nécessaires à l’application d’un tel projet de gouvernance par des ingénieurs algériens, l’économie verte ne sera elle aussi que le cheval de Troie d’une autre injustice : la dépendance technologique des pays du Sud vis-à-vis des pays du Nord.

Maintenant, une chose est sûre,  en matière d’environnement ce pays doit d’abord se soigner avant de s’atteler à se guérir durablement. L’exemple de la politique actuelle de gestion des déchets, faisant appel de plus en plus à l’expertise étrangère me parait être un bon exemple. En effet, pour moi, si il faut débarrasser l’Algérie des ordures qu’elle a déjà accumulées, il faudrait, en trente ans, durée de vie estimée d’un centre d’enfouissement techniques , nettoyer également ce pays de ses « ordures sociales », j’entend par là des incivismes qui sévissent dans ce pays à tous les niveaux de la société ; stigmatiser le quidam algérien  alors que son influence sur les politiques nationales est très anecdotique, cela revient à l’accuser de saleté publique alors qu’il ne dispose rarement des outils , tels de simples poubelles en état et nombre suffisants,  pour participer au maintien de la propreté publique…

Il faudra, à l’avenir, profiter de ce lapse de temps  surtout  veiller à imposer des emballages plus écologiques aux produits présents sur le marché algérien, améliorer la qualité de l’eau du  robinet afin d’endiguer la prolifération des bouteilles en plastiques, militer pour une alimentation plus saine et bio, recycler systématiquement tous les déchets en produisant des produits algériens issus de ce recyclage qui doivent être attractifs pour les consommateurs algériens friands d’économies.

 

 

"Le meilleur des déchets" 

A vrai dire, les pays les plus avancés dans ce domaine appliquent un adage très simple : « la meilleur déchets est celui que l’on ne produit pas  »  tandis que moins de dix pour cent de leurs déchets finissent à la décharge…

Ce n’est donc pas en associant dans une expression  l’économie au terme vert que l’on allie forcement deux concepts qui devraient à vrai dire ne faire qu’un : l’économie, au sens noble du terme, celui de la bonne gestion d’une société au service d’un intérêt commun capable de prendre en compte l’intérêt privé. L’environnement est indissociable d’une telle ambition, une économie vertueuse est forcement verte, le rappeler ne fait que confirmer  inconsciemment l’actuelle compartimentation des intérêts financiers, écologiques et sociaux qui sévit dans celle de nos nations.

C’est pour cela que, sans entrer cette fois-ci dans le détail, je pense que, si d’un point de vue curatif, c’est-à-dire pour endiguer les impacts actuels, les métiers verts sont de formidables niches d’émulation sociale et d’opportunités d’affaires ; mais je  reste également  persuadé que l’écosystème social algérien doit être le champ d’action  de profondes mutations dans ce pays. Soigner sans prévenir la maladie revient à passer de Charybde à Sylla; ce n’est pas l’économie qui sauvera l’environnement algérien mais bien le contraire. Pour peu que la société algérienne  se decide à  le mettre en valeur., au lieu de le dégrader. L’économie verte, telle qu’elle est promue pour l’instant,  ne me parait pas être une option durable, mais plutôt un palier inévitable pour la société algérienne.

Je ne suis certes pas un illustre chercheur ou bien un homme influent pour me permettre une telle analyse, certes,  mais je n’en reste pas moins très concerné par la Nature de mon pays même si je n’y suis pas né. J’ai  été  invité plus d’une fois  à participer  à des  évènements dédiés à ce sujet en Algérie ;  j’ai eu même eu l’occasion de donner mon avis  à la télévision ainsi que la radio quand, l’année dernière, l’économie verte a  fait son apparition sur la scène médiatique algérienne.  Nouara, le blog que j’ai crée,  il y a de cela presque 4 ans,  a été également invité à rejoindre  le  Réseau Algérien des Médias pour l'Économie Verte et l'Écologie.

Mon entreprise d'exploration de la sphère écologique algérienne, sur le terrain,  les nombreuses relations soutenues que j’entretiens avec les acteurs civils et institutionnels de la préservation de l’environnement, mes nombreuses lectures ainsi que mon expérience de consommateur européen m’ont amené à une simple conclusion concernant l’écologie où qu'elle se trouve : la meilleure façon de  préserver l’environnement d’une société  est de faire en sorte qu’elle soit organisée  pour ne plus le dégrader. Ce n’est pas  seulement faire de l’économie, ni sociale, ni solidaire, ni encore verte, mais bien remettre l'Économie à sa juste valeur, c’est-à-dire tout cela et bien encore plus.

Voilà pourquoi je préfère parler  sur du plus long terme, non d'une économie verte en Algérie, mais plutôt une vraie Économie algérienne, diversifiée, créative , au service de la jeunesse algérienne partisane  pour veiller  sur nos enfants ainsi que nos anciens,  et  tout cela en phase avec la Nature matérielle et immatérielle  de ce pays.

Karim Tedjani. 

Un singe magot...

J'ai photographié il y a de cela deux ans ce singe magot dans la wilaya de Bejaïa; son état calimiteux, au contact des automobilistes algériens  est un bon indice de la pollution dans notre pays et il  symbolise l'état de  santé de nombreux algériens et algériennes qui souffrent de vivre dans un environnement de plus en plus pollué.. Cet animal est, rappelons-le, rare et protégé...

 

 

LIRE EGALEMENT :

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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