Questionnaire :

Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 15:59

 

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    Des millions de tonnes de déchets produits chaque année par l'Algérie contemporaine...

 

 

 

L’Algérie est un des pays de la zone méditérranéenne de l'Afrique  qui dispose encore d’espaces naturels quasiment vierges. C’est un capital exceptionnel qui ne manque pas d’être reconnu par les grandes institutions internationales pour la préservation de la Nature, telles que la WWF et la Convention  de Ramsar pour ne citer qu’elles.

Cela est, à mon humble avis, à mettre au crédit  de deux facteurs  socio-économiques principaux.

Le premier est un développement industriel plus tardif que celui de pays comme la France qui ont amorcé cette étape juste après la seconde guerre mondiale soit à partir de 1947. Alors que « El Djazair », de son vrai nom,  n’a vraiment entamé cette « révolution » que bien après son indépendance, c’est-à-dire dans les années soixante dix. Deplus, cette industrie a été rapidement neutralisée et  ne se développe que très lentement.

Le second, me parait être du au fait que les autorités algériennes ont eut "l’intelligence", mais aussi le luxe , notamment grâce à des revenus pétroles conséquents, de ne pas avoir livrée cette nature en pâture à un tourisme international de masse qui a eut sur les écosystèmes de certaines nations voisines, les impacts et dérives que nous connaissons tous et toutes aujourd'hui.

Il faut ajouter à cela un des  très rares effets "positifs", si j'ovais dire,  de la décennie noire: suite à un éxode rural massif beaucoups de sites naturels ont été desaffectés par les civils  et de ce fait mis à l'abri d'une action anthropique  si prompt à boulverser les écosystèmes. Ainsi, ces espaces ont pu se régéner au point que certains  ont  même retrouvé leur état originel ("climax").

 

Bref, malgré les exploitations outrancières des nombreux envahisseurs qui ont occupé ce territoire au fil des siècles, malgré, notamment des millions  d'hectares de forêts brûlées lors de la sanglante occupation française et, malgré bien  d'autres facteurs "corrosifs", après dix ans de guerre fratricide dans durant les années 90,  la nature algérienne est certes en  grand danger. Mais  elle reste encore riche en variété;  surtout, elle  est encore, pour l'instant,   capable de se régénérer...

Cependant, au jour d’aujourd’hui, cette nature est mise en péril par les algériens eux-mêmes et certains projets industriels dans le pays, un plan national de construction d'infrastructures massif (relativement  nécessaire) ainsi que la prolifération des déchets domestiques et industriels sur la voie publique ainsi que dans les milieux naturels.

L’Écologie en Algérie, si elle commence à solliciter l’intérêt d’un nombre grandissant d’internautes, de membres d'associations, de scientifiques  et de journalistes,  n’est pas encore un sujet qui touche la majeure partie de la population en 2009.


Tout au plus, chacun en Algérie,  se contente d'accuser son voisin d'être un pollueur sans vergogne, et ce, malheureusement, sans remettre en question ses propres comportements.


Il y a aussi un rapport à l'espace publique qui n'est pas aussi développé qu'en Europe, par exemple.Il me semble en effet , que  les Algériens, sortis des limites de leur domicile, ont, pour leur majorité, vite fait d'oublier les nombreuse règles de savoir vivre qu'ils s'imposent dans leur sphère privée...

 

Il faut préciser, à la décharge des Algériens, que peu d’entre eux savent  encore quelles réelles conséquences peuvent avoir leur récent statut de « consommateur industriel » sur la nature de leur pays. Aussi il semble capital de remédier à ce manque d’information et ce même aux plus hautes sphères  décisionnelles en Algérie.

Je suis, pour ma part, convaincu que les Algériens ont une culture ancestrale du respect de la nature très ancrée dans leur nature humaine. Il faut leur laisser le temps de prendre conscience du danger qui les guette  et leur proposer des alternatives à leur portée.

Beaucoup trop d'entre eux n'ont pas les moyens financiers de  se soucier de la nature...C'est une réalité qu'il faut également  intégrer.

Des projets ambitieux,  dont la mise en valeur des déchets, le développement de l'agriculture bio, une urbanisation mieux pensée, ainsi qu'une réelle politique de gestion "durable" (pour ne pas dire vertueuse) de nos espaces naturels seraient vraiment un plus pour que ce pays devienne plus agréable à vivre au quotidien. 

Trop de sites naturels, à l'instar par exemple du massif forestier de l'Akfadou (grande Kabylie), pourtant d'une grande importance en ce qui concerne notre patrimoine forestier,   tardent à obtenir le statut d'aires protégées. 

D'autant que, je suis persuadé que cette même nature, peut générer beaucoup d'emplois et de nouvelles vocations, pour peu que l'Algérie s'en donne les moyens. Et l'Algérie est un pays qui a les moyens....

La pollution est présente en Algérie, elle progresse...

Mais il existe des modes de consommation, de production, de construction qui peuvent remédier à cela. Dans un pays qui se construit, il semble logique, qu'au fond, cela soit plus facile d'instaurer dès le début de telles "évolutions". La notion de "modernité" semble  devoir évoluer pour ce millénaire. De nos jours, elle devrait largement rimer  avec Harmonie . Celle entre l'Homme et la Nature est une des fondamentales d'un bien-être un peu plus universel et moins consumériste.

La Nature n'est pas  qu'une somme de ressources à exploiter.  

Les Algériens doivent prendre conscience que cette pollution met gravement en péril une richesse qui n'est pas impérissable. Le pétrole et le gaz ne dureront pas éternellement. La générosité de la Terre Algérienne  nourri les habitants de cette contrée depuis des millénaires non plus si on la contrarie trop...

Pour ce que je connais de ce peuple, qui est semblable, je suis sûr, en bien des points à celui d'autres pays en voie d'émergence , il me parait évident qu'il sera bientôt capable  de trouver des solutions originales et rentables pour faire de la qualité de  son environnement un pilier du bien-être privé et commun. Appelez cela développement durable ou bien encore économie verte, personnellement je considère qu'il s'agit d'économie tout court, quand elle ne s'éloigne pas de sa première définition :"la [bonne] gestion du foyer". 

Il  y  a des mouvements écologiques qui naissent un peu partout sur le territoire. De nombreux jeunes étudiants ont choisi les métiers de l'environnement et du développement durable. Le Ministère de l'environnement et de l'aménagement du territoire semble prolifique en projets innovants.  Certes, les choses sont loin d'être parfaites, et souvent le faire semblant et l'utopie prennent le pas sur la réalisation concrète. Mais, il me semble que malgré tout elles évoluent dans le bon sens.

Il y a en Algérie, une tradition de solidarité qui, à l'instar de la Touizza (travaux agricoles collectifs) peut générer un réel changement dans les rapports entre la société algérienne et la nature. Le monde associatif algérien, pour peu qu'il soit correctement "managé" (c'est à dire que les algériens apprennent à travailler en équipe à l'échelle nationale), a les moyens d'encadrer cette solidarité pour un réel changement bénéfique à toute la société algérienne.

A l’heure où l’image de marque de l'Algérie souffre d’une double stigmatisation de vivier du terrorisme international  et de pays mal géré, il serait temps à la société algérienne de s’ouvrir au monde et de montrer au grand jour sa vraie richesse: ses habitants et une Nature parmi les plus belle d’Afrique du Nord.

Quand la beauté du pays, la culture algérienne  seront  aussi  considérés comme des valeurs ajoutées pour l'économie nationale et le rayonnement politique du pays, quand une bonne gestion de ce patrimoine  améliorera  le pouvoir d'achat des algériens par la créations d'emplois et de richesses, quand on fera la guerre aux emballages inutiles au lieu de chercher des moyens pour les stocker,  quand on recyclera la majorité des déchets produit par notre système, alors la pollution sera peut-être   un peu moins  dure à endiguer en Algérie. 

 

Non, la pollution ne doit pas être une fatalité en Algérie!

 


                      Sabat (Oued Znati) la fleurie...

                      Article rédigé par Karim Tedjani.Karim Tedjani  en 2009

Par Karim Tedjani - Publié dans : Environnement Algérie: articles de Karim Tedjani . - Communauté : Le portail de l'Algérie
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