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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"La principale énergie renouvelable de l’Algérie, c’est sa Jeunesse." Par Karim Tedjani

 

Du contrat social au pacte environnemental 

Petit manifeste d’écologie Algérienne

#3Photo de couv'

                                        Les clubs verts de la Dar Dounia de Annaba (Photo: Tedjani K.)

La principale énergie renouvelable de l’Algérie, c’est sa Jeunesse. Sans elle, pas d'écologie Algérienne. Sans la mémoire de nos anciens, ce sera également  difficile d'atteindre ce but. 

L’Afrique est à la fois le plus vieux et le plus jeune des continents, le plus riche et le plus pauvre. L’Algérie est en cela un pays typiquement africain car cette terre  fut à la fois un des berceaux de l’Humanité tandis qu’à présent,  soixante dix pour cent de sa population n’a pas encore atteint la trentaine. Cette jeune nation regorge de ressources naturelles et, même si les Algériens ont un des meilleurs niveaux de vie d’Afrique, la société Algérienne en pleine croissance économique et démographique  ne semble pas prendre les meilleures options afin d’assurer un développement économique et social  soutenable pour l’environnement présent et futur de l’Algérie ; au rythme où vont les choses, il ne me semble pas exagéré de parler de décroissance à venir  si le développement de ce pays continue à prendre un cap si peu vertueux et soucieux de l’environnement.

Les ressources naturelles sont destinées à un jour s’épuiser tandis que les bonnes idées, elles ne demandent qu’à être renouvelées.  C’est dans ce domaine que notre pays doit investir proportionnellement à la place qu’occupe la jeunesse dans société tout en gardant constamment à l’esprit que ces jeunes  Algériens d’aujourd’hui seront les adultes de l’Algérie de demain.  Une nation qui exploite ses ressources naturelles sans investir  dans ses ressources humaines pourra-t-elle vraiment demeurer longtemps totalement maîtresse de son environnement et donc, de sa destinée ? Quelle pourrait être la place d’une  telle nation   sur la scène internationale d’un siècle naissant  où la « diplomatie  environnementale » prend une place de plus en plus grandissante dans les sommets mondiaux ?

Non pas que les idées  ainsi que les bonnes initiatives manquent dans mon pays d’origine surtout   quand il s’agit de relever ce défi millénaire pour toutes les nations du Globe. Il me semble que, depuis la fin des années quatre-vingt dix,  parmi  la société civile, la communauté scientifique, les médias, et quelques rares politiques et entrepreneurs avisés, des tentatives pour endiguer la dégradation de l’environnement Algérien prennent un essor qui m’autorise à parler de l’encrage progressif d’une  conscience écologique dans la société algérienne. Mes recherches personnelles, entamées en 2009, m’ont également convaincu de la difficulté de faire appliquer de telles entreprises salutaires dans un contexte où  « l’écosystème social »  algérien est corrompu par de nombreux dysfonctionnements.

Voilà ce qui me mène à penser que c’est essentiellement  la nature des Algériens et des Algériennes qui est le champ d’action le plus primordial pour préserver la nature ainsi que la santé publique  dans ce pays. Mais il n’est pas question de remettre en question la valeur du « peuple Algérien », ni de dénigrer toute approche technologique du problème,  mais plutôt de plaider pour la mutation de cette population vers  société Algérienne,  plus mûre et équilibrée. Pour cela, il est bon de rappeler une évidence, il faudrait lui en donner les moyens. Dans un jeune pays, l’éducation, la formation, le maintien sur le territoire national  de nos jeunes ainsi que le rapatriement de  tous nos talents à l’étranger  sont indissociables d’une volonté de faire de la jeunesse une richesse naturelle (au sens culturel du terme) au service du bien-être commun. Or si de nombreux efforts ont été accomplis dans ce sens, notamment en matière d'éducation environnementale, il ne sont pas encore suffisants. Notre jeunesse n'est pas assez bien encadrée et mis en valeur pour l'instant...

 

C'est cette jeunesse qui doit moderniser les techniques ainsi que les comportements  que des générations d'Algériens ont développés pour vivre en harmonie avec leur environnement. S'il est certes pertinent de se garder de voir nos ancêtres comme de  "bons sauvages" exempts de toute atteinte à leur environnement, il n'est pas non plus incongru d'émettre  l'hypothèse que les cas les plus gravissimes d'écocides  ont été, jusqu'à present, commis sur ce térritoire  par les envahisseurs successifs de l'actuelle Algérie masquant parfois même leurs sinistres  amlbitions dérrière le prétextes que les "indigènes" étaient nuisibles à leur environnement et que, donc ils ne méritaient pas d'en être les maîtres. 


Mais, cet état de fait est en train d'être remis  sérieusement en question par la croissance Algérienne depuis son indépendance; notamment à cause d'une explosion démographique sans précédent. Un baby boom qui fit d'ailleurs l'objet d'un record mondial dans les années quatre-vingts. Pour la première fois de son histoire, le peuple Algérien devient le premier acteur de la dégradation millénaire de son environnement où le désert prend une place de plus en plus insidieuse et importante. Cela veut dire également que pour la première fois, les Algériens et les Algériennes ont le sort de leur environnement entre leur main. Ils doivent et ont tous les moyens pour relever ce défi, pour peu qu'on ne les y décourage pas pour des raisons que j'ai évoquées auparavant..

Une des clefs, pour atteindre ce but est la transmission générationnelle du savoir écologique;  mais, au rythme où nos anciens disparaissent, le temps presse. C'est d'abord un travail de mémoire  écologique qui attend notre jeunesse, si elle veut garder  sa Nature Algérienne. Sans la connaissance et le respect de cette nature physique et culturelle ancestrale, comment un sentiment d'identité national peut-il être fort dans notre pays? Une jeunesse qui choisira la fracture "historique" n'aura pas forcement fait un meilleur choix que celle  qui ne focaliserait que  sur le passé; car elle risque d'oublier les erreurs  ainsi que les bonnes idées d'hier. Quasiment tout ce que vous devez savoir sur l'écologie Algérienne se trouve dans la mémoire de vos grands parents et de leurs descendants. Je me permet cette certitude car je suis régulièrement en contact avec "l'Algérie profonde", celle qui est est un trésor pour moi. Nombre de fois, des vieillards ou bien de vaillantes mamies m'ont expliqué avec des mots très simples ce que j'ai pu entendre ou apprendre dans la sphères des écologistes modernes algériens dans des termes souvent très châtiés. 

 

L'arbre social Algérien, pour se développer sainement, ne peut éviter de veiller sur cet encrage, cet enracinement. C'est cette énergie que la jeunesse doit à vrai dire oeuvrer en premier lieu à renouveler pour poser les bases solides de son avenir économique, social et environnemental. A notre génération, les jeunes et vieux seniors, de leur préparer le terrain en leur offrant tous les outils pour emmener  la société Algérienne vers une Algérie enfin à la hauteur de ses moyens; qui saura voir dans la préservation de son environnement une opportunité formidable pour  devenir la puissance émergente Maghrébine d'un grand Maghreb. 

 

Pour ma part, ce doit être un fondement d'un nouveau contrat social; l'environnement doit prendre une place à la mesure des enjeux écologiques qui se jouent en Algérie. C'est à notre jeunesse d'en prendre conscience car aucun véritable contrat social ne pourra se faire sans elle. C'est à nous, les plus vieux de les accompagner avec bienveillance et parfois même humilité. 

 

Je  tiens à conclure en saluant   l'initiative de l'association Bariq 21 (Skikda), présidée par mon ami Mohamed Tabbouche,  qui a pris le parti de solliciter la plus haute autorité dans ce pays pour faire l'environnement une valeur à inscrire dans la nouvelle Constitution Algérienne qui se profile. J'encourage tous les jeunes qui ont pour soucis l'avenir de ce pays, de ce joindre à cette initiative et de faire de cet  appel une mesure  incontournable... 

 

Karim Tedjani

 

 

 

Du contrat social au pacte environnemental . Petit manifeste d’écologie algérienne (#2: Un nouveau contrat social, la racine du vrai changement) Par Karim Tedjani

 

 

"Du contrat social au pacte environnemental (petit manifeste d’écologie algérienne)- #1

 

 

A suivre...

 


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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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