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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"La saleté envahit les cités et les hommes" par Benallal Mohamed (El Watan.com)

Faut-il courir derrière une évidence, ou s’arrêter et réfléchir ? La conscience algérienne participe au drame (saleté+corruption+buraucratie) de l’Algérie.

Il est  évident que des progrès dans le monde ont été réalisés dans le domaine de la santé et son origine principale étant les découvertes médicales, le système de prévention, le nouveau mode de vie (esprit sain dans un corps sain au sein d’un milieu sain) est le développement environnemental. Aujourd’hui et à travers le monde, la conception environnementale a pris un impact et un retentissement extra dans l’ordinaire au niveau de l’ensemble des sociétés civiles. Le terme «environnement», ou de façon plus populaire, «milieu», signifie l’ensemble des forces sociales, économiques, politiques, physiques, chimiques et écologiques censées avoir une influence modificatrice (comportements, développements biologiques…) de l’homme en général et des rapports de l’ homme avec son propre milieu. Le microbe a horreur de la propreté, la prévention prend son départ à partir de la propreté, le mode de vie est balisé par des garde-fous qui chassent les saletés dans ses sens les plus larges possibles, c’est l’axiome moteur qui propulse le bien pour supprimer le mal avec une devise sentimentale : «Quand il n’est plus temps d’empêcher, il s’agit de punir».

Au niveau de la cité (quartier-ville), l’hygiène et la salubrité publique sont les deux pivots importants et leur mise en œuvre continuelle est essentielle pour leur préservation dans le temps et dans l’espace. L’hygiène et la salubrité nous concernent beaucoup, vu que leur sphère d’action est très vaste, allant de l’éducation à la morale, en passant par la raison, pour finir dans le rationnel. Le cœur du citoyen doit être avant tout dans sa tête pour tout ce qui a trait à l’environnement «sain, vert et bio». L’hygiène et la salubrité nécessitent une large réflexion, et cette humble contribution ne nous permet guère de cerner la totalité des problèmes que peut comporter la cité
(quartier-ville) d’une façon générale.

L’hygiène et la salubrité représentent tout ce qui est nécessaire à la santé publique, pour le bien-être et porte sur tous les soins de propreté de la ville en général, partant de l’éclairage public, la surveillance des marchés de la cité, la vente de consommables, le contrôle des aliments et des boissons, la construction des rues (trottoirs, caniveaux, façades, squattages, travaux et voierie, routes…), habitations, égouts, canaux divers, les animaux errants, les institutions et établissements publics divers… Le respect des normes, des règles, de l’ordre, des lois et des codes, ainsi que les agents censés veiller à leur application stricte, de même que toutes les mesures se rapportant aux probables maladies, épidémies, la rage, la peste, le choléra, etc. Par conséquent, l’hygiène et la salubrité embrassent l’ensemble des paramètres sus-cités, qui peuvent exister dans une cité ou dans une ville.

La propreté physique conduit à la pureté morale

Le constat n’est pas trop luisant de l’état actuel de nos villes en général, et puisque je suis un Benisafien, je me permets à travers cette contribution, suivant un constat visuel pour éviter toute diffamation, de relever quelques anomalies ou aberrations, incohérences, désordres et irrationalités qui renforcent l’analyse que je viens d’entamer, et ceci peut être valable pour toutes les villes et quartiers d’Algérie, sans toutefois me troquer aux spécialistes en la matière. A première vue, les données épidémiologiques ne nous éclairent point sur la situation actuelle, aussi bien sur le plan de l’hygiène alimentaire (mortalité, intoxications, maladies graves et chroniques), elles ne sont pas mises à la disposition du grand public, que sur le plan de la protection de l’environnement (gestion des déchets, eaux usées, moustiques, rats, bruit, pollutions, etc.)

Lorsqu’on parle d’aberration et quand on voit que la porte de sortie de l’école primaire, Ibn Rochd, est cernée par des montagnes de marchandises de légumes, de fèves, de petits pois et autres produits maraîchers, les incohérences se situent aussi devant cette même école où une benne à ordures, d’où émanent des odeurs nauséabondes et écœurantes, cette benne «pou... mauvaise», pour ne pas dire poubelle, est envahie par des millions de mouches, un décor unique qui est dur à voir et qui perdure, c’est bien le comble et c’est aussi le désordre dans son aspect culturel, social et environnemental. Je me suis limité dans l’espace au niveau du marché quotidien de la ville, sans extrapoler ces méfaits vers d’autres espaces de la ville (rues, quartiers..) qui ne sont pas meilleurs, car le mal est déjà meilleur que le pire, la saleté s’impose en tant que telle où la rationalité ne trouve pas de place, mieux accepter le mal que gérer le pire.  

Le premier représentant de l’Etat dans la commune, et ce, conformément aux dispositions du code de la commune est bien le président de l’Assemblée populaire communale (P/APC). Il est aussi officier d’état civil et officier de police judiciaire, sans être magistrat de la commune. C’est de son ressort et de son devoir de connaître et faire connaître à la population les principaux problèmes concernant l’hygiène et la salubrité se rapportant à sa commune (l’hygiène alimentaire, la salubrité de la cité, la dératisation, la désinsectisation, la lutte contre le bruit, la pollution, la désinfection, la maîtrise de la population animale (chats, chiens, volaille, ovins, sangliers…) dans la ville et la gestion des déchets, la consommation d’alcool dans des espaces publics, l’absence de toilettes publiques au niveau du quartier de la plage qui reçoit des milliers de visiteurs, les murs font l’affaire, etc.

C’est dans ses prérogatives aussi d’agir dans le sens de leur éradication, selon la réglementation en vigueur, pour le bien-être de la population dans un milieu sain, c’est de son devoir de veiller à la lettre au bon usage de l’ hygiène et la salubrité, sinon sa défaillance pourrait le conduire à l’abandon «Qom ouala talag !», un adage algérien qui reflète le courage, la loyauté et la sincérité. A cet effet, la maîtrise du contexte réglementaire, ainsi que les procédures en matière d’hygiène et de salubrité publique (permettre de mieux poser le diagnostic des problèmes d’hygiène et de salubrité et reconnaître la démarche logique et pragmatique à adopter pour utiliser les bons outils juridiques afin de mieux et vite les résoudre). La panoplie de textes réglementaires existants, si et seulement si, leur application était effective, on ne serait pas arrivés à ce stade d’insalubrité publique avancée, quand il n’est plus temps d’empêcher, il s’agit de punir. Malheureusement, ni l’un ni l’autre ne font plus partie de nos coutumes au niveau de la gestion de la ville.

L’exemple de la dératisation et de la désinfestation, ce qui prime dans une cité dite équilibrée, c’est le fait de penser aux mécanismes de protection contre les déprédateurs, c’est là un problème de culture (il faut faire cultiver un balai au niveau de l’esprit algérien) se rapportant à l’hygiène et au nettoyage, n’est en fin de compte qu’une règle inéluctable. La lutte contre les rongeurs nuisibles, mais aussi elle concerne les puces, les punaises existant dans des biens communaux délaissés, les mouches, les moustiques font le décor de nos cités. Le changement radical de cette situation ne peut se faire que par une révolution citoyenne d’avenir, elle nécessite un déclic de la société civile qui est encore à l’état embryonnaire, afin d’honorer celui qui sert la société et punir celui qui l’outrage, c’est à partir de cette idée qu’on arrive à faire de la cité une ville équilibrée propre et prospère. Comme la désinfection a pour but de détruire les germes pathogènes partout où ils se trouvent. Les actions retenues sont :
 - les bactéricides (tuent les bactéries) ;
 - les virucides (tuent les virus) ;
- les fongicides (qui détruisent les moisissures, les spores ou les champignons).

Il nous faut un germe que j’appellerais «punition» qui détruirait la médiocrité, l’incompétence, la corruption et la bureaucratie.
La lutte contre la pollution sonore (motos sans tuyau d’échappement, les klaxons en pleine nuit, voiture à musique à plein tube, marchands ambulants avec micro… et atmosphérique (poussière des usines de ciment, les odeurs des
égouts...) : le bruit est une nuisance très répandue et très gênante, surtout pour les bébés, la population active ainsi que ceux du 3e âge que tout le monde néglige. Le bruit est une nuisance ressentie par les Algériens dans leur vie quotidienne et leur milieu de proximité. Les sources sont diverses. Le bruit peut provoquer diverses réactions néfastes : (accélération de la respiration, une augmentation de la tension artérielle, de la fatigue, diminution de l’attention et du rendement, irritabilité et états névrotiques, nervosité…).

La propreté est l’image de la netteté de l’âme

Les déchets sont multiples et partout ils font le décor du paysage algérien, quand on évite de passer par la rue «x» dont l’état délabré, sale, dégueulasse, défoncé depuis que personne ne se pose la question la rue où transite quotidiennement une bonne partie de la population, n’a pas suscité l’attention du premier responsable de la commune et de ses subalternes qui ont la charge, et le citoyen qui a le mot ! Nos responsables, nos élus ne se soucient nullement de ce qui se passe, tant pis si les choses sont mal faites et peu importe si elle sont refaites, du moment que le pétrole génère la richesse en $ et que personne ne prend la peine de compter les sous du contribuable pour arriver à dire que celui qui néglige la punition ne peut récolter que la désolation, le malheur, l’affliction et la douleur comme sanction.

L’article 3 de la déclaration des droits de l’homme nous indique que «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.» «Et que toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux, ainsi que pour les services sociaux nécessaires. Elle a le droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de moyens de subsistance, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.»

C’est dit aussi dans son article 25, «L’environnement est la clé d’une meilleure santé», et étant la base de toutes les règles d’hygiène, des solutions envisageables pour conclure portant sur les divers problèmes concernant l’hygiène et la propreté se rapportant à la ville.
Une analyse de la situation avec l’identification et l’évaluation des risques, la mise en place de moyens matériels adaptés et inculquer la continuité dans un plan opérationnel ciblé. L’environnement est devenu aujourd’hui une préoccupation citoyenne pour ceux qui se considèrent comme citoyens, l’environnement est devenu aussi une priorité de toutes les institutions de l’Etat et des collectivités locales, chez nous on parle d’environnement et on fait de l’anti-environnement, on parle beaucoup de la propreté et on fait partout de la saleté (dans le sens le plus large social, économique, politique, environnemental, éducatif !) .

Benallal Mohamed : ancien magistrat à la Cour des comptes
 
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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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