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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Le Djurdjura un patrimoine naturel d’exception en sursis…" Par Melissa Wizym. Dossier spécial (1/3)

      Lela Khadija(Djurdjura)

       Le sommet du mont "Layla Khadija" vu du col de Tirourda (Tikdja). Photo: Tedjani K.

#1 Un site naturel chargé d’histoire…

 « Djurdjura », ce nom a toujours évoqué  pour moi un lointain dépaysement. Les décors de ce parc  national me rappellent  souvent  ceux  du célèbre  film « Jurassic Park » de Spielberg.  Depuis peu, ils m’évoquent  parfois aussi  cette aire géologique  secondaire,  la période Jurassique,  quand le Diplodocus  était encore sur Terre…

Si l’on se réfère aux premières  études géologiques de la région, on apprend d’ailleurs que cette formation pittoresque, unique en son  genre, est naturellement formée de calcaires jurassiques…

Mais étymologiquement, le mot Djurdjura, tiré du berbère Jerdjer,  signifie tout simplement « tas de pierre ». Ce nom symbolise fortement cette formation rocheuse longue de plus de 60 km, constituant majestueusement la chaine montagneuse du Tell algérien.

La première fois que j’ai visité ces lieux, je ne savais pas que cet espace naturel  appartenait à la grande famille des parcs nationaux.  Je ne connaissais pas vraiment son importance écologique, même si je trouvais que  trouvait ces panoramas  majestueux, imprenables.

C’est  ici que j’ai  découvert la magie d’une cédraie autre que celle de Chréa, que j’ai vu des rapaces planeurs avec des jumelles et que j’ai touché pour la première fois un fossile végétal vieux de quelques millions d’années…

C’est  aussi là que j’ai pu contempler  pour la première fois  un lac d’altitude bordant  une  prairie verdoyante. En effet, le lac « Agoulmine » se situe à plus de 1700 m d’altitude et constitue pour la paléobotanique  un enjeu exceptionnel,  car il forme principalement une tourbière.  C’est un témoignage précieux de l’histoire géologique de notre territoire. Ce lieu mériterait, pour ma part, une attention  toute particulière et devrait être classé « zone humide d’importance internationale » sur la liste de la convention  Ramsar dédiée à leur protection et préservation.

Le Djurdjura a  attiré depuis plus de 150 ans des chercheurs de tous bords. Sa flore a été initialement étudiée  en 1850 par des médecins français  qui  y cherchèrent principalement des plantes médicinales.  Ils  ont ainsi longtemps  séjourné  dans la région  afin d’herboriser, tout en observant les pratiques thérapeutiques ancestrales locales.

Puis, c’est en 1925 que ce site a été décrété « parc national » d’une superficie avoisinant les 16 550 ha.  À l’époque, l’enjeu n’était pas de protéger les lieux afin de maintenir son équilibre écologique, mais plutôt d’ériger des zones de villégiature pour l’expansion touristique. C’est à ce moment précis, que ce parc national a hérité  de ces deux principales zones touristiques,  à savoir Tikjda et Tala Guilef.

Au cours de la guerre de libération, le parc national du Djurdjura a été le théâtre d’importantes batailles. Si le cèdre pouvait parler, il raconterait certainement son calvaire… Il était souvent brûlé  au napalm pour dissiper  les rangs  des rebelles , mais aussi afin d’augmenter la visibilité dans ses forêts très denses.

Vingt et un  ans après l’indépendance, en 1983, le parc national du Djudjura a été officiellement créé, avec 2000 ha additionnels.  La superficie générale avoisinait alors  les 18 550 ha.

 

Melissa  wizym , écologue (Nouara Ecologie)

Lire aussi:  "Le Djurdjura un patrimoine naturel d’exception en sursis…" Par Wissam Wizym. Dossier spécial (2/3)

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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