Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Le gouvernement algérien maintient le cap sur le gaz de schiste"

Revenu Agricole

Malgré la colère populaire et des risques avérés pour l’agriculture ... 

Dans un climat marqué par une contestation populaire qui ne cesse de gagner de terrain et s’étendre à travers le pays depuis le début janvier, le gouvernement algérien affiche une volonté avérée d’aller vers l’exploration et le développement de champs d’exploitation du gaz de schiste dans le sud du pays. Toutefois, ce choix d’aller vers l’exploitation de ces ressources énergétiques rejetées dans plusieurs pays, dont la France, aura de lourdes conséquences sur l’environnement et l’agriculture locale.

Dès l’annonce du déploiement par le groupe pétrolier algérien Sonatrach d’un plan d’investissement à moyen terme d’un montant de 90 milliards de dollars, dont une partie est destinée à l’exploration et l’exploitation des réserves non conventionnelles, la mobilisation s’est vite mise en branle dans les régions ciblées par les projets en question comme In Salah, Ouargla et Tamanrasset dans le Sahara algérien. Avec l’ampleur qu’elle a prise, cette contestation populaire venant de régions connues jusqu’ici pour leur caractère pacifique et moins frondeur a mis le gouvernement dans une position inconfortable.

Les membres du gouvernement multiplient alors des déclarations d’apaisement, à l’instar du premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui affirme à chacune de ses sorties que « l’exploitation du gaz de schiste n’est pas prévue dans l’immédiat ». La ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement, Dalila Boudjemaa, de son côté, adopte un discours rassurant en déclarant que « le gaz de schiste n’aura aucun effet sur l’environnement et toutes les études écologiques le confirment ».

Mais, le ministre de l’énergie, Youcef Youssefi, avouant que « les projets d’exploration lancés avec nos partenaires internationaux se poursuivront et ne peuvent pas être suspendus » fera monter la colère populaire d’un cran. La situation a contraint le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, à sortir de son mutisme habituel pour rassurer les populations frondeuses à travers un communiqué officiel rappelant que l’exploitation de cette ressource énergétique ne peut intervenir avant 2022, lorsque les réserves conventionnelles commenceront à s’affaiblir.

Le péril guette les périmètres agricoles

Néanmoins, le discours du gouvernement est loin d’être convaincant et le mouvement anti-gaz de schiste ne fait que se renforcer. A présent, il met le cap sur une mobilisation nationale en lançant des appels pour des manifestations à travers le pays le 24 février prochain.

Certes, dans ce domaine énergétique qui passe par la fracturation hydraulique, l’Algérie renferme d’importantes potentialités avec des réserves estimées à 20 000 milliards de m3 (mètres cubes), mais les conséquences de développement de champs d’exploitation de gaz de schiste sont plus lourdes, notamment pour le secteur de l’agriculture.

Depuis le début des années 2000, le gouvernement algérien oriente sa politique agricole d’une manière soutenue vers les régions du sud où les filières maraichères, céréalières et élevage observent un développement intensif avec, comme unique source hydrique, les eaux d’irrigation à partir de la nappe Albienne qui s’étend sur le sud algérien jusqu’à la Tunisie et la Libye. Cette réserve, évaluée à 50 000 milliards de m3, malgré son importance mais demeure vulnérable vu son caractère fossile, ne se renouvelant que rarement en l’absence quasi-totale d’eaux pluviales. En agriculture, la nappe albienne assure près de 40% de la production agricole de l’Algérie avec, en perspective, d’aller vers l’extension des périmètres d’irrigation.

Cependant, l’extraction du gaz de schiste dans ces mêmes régions, dont les besoins en eau sont extrêmement importants et les effets sur l’environnement non moins néfastes, notamment en matière de pollution hydraulique, les périmètres agricoles dans le sud de l’Algérie sont condamnés au péril.

Mohamed Naïli

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
Voir le profil de Karim Tedjani sur le portail Overblog

Commenter cet article