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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Le plan Bleu" pour la Méditerranée

 

"L’eau est une problématique prioritaire de développement durable en Méditerranée que le Plan Bleu, en sa qualité d’observatoire de l’environnement et du développement durable en Méditerranée au sein du PNUE/Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM) a pris en compte dès sa création.

Telles que présentées dans le Cadre d’Intervention Stratégique 2007-2013 du Plan Bleu, les activités dans le secteur de l’eau (en matière de données, d’indicateurs, d’études et de communication) entendent se concentrer sur l’amélioration de la gestion intégrée des ressources et demandes en eau en Méditerranée.

Constat : 20 millions de Méditerranéens sans accès à 'eau potable

En Méditerranée, l’eau est une ressource rare, fragile et inégalement répartie dans l’espace et dans le temps. Les demandes en eau ont doublé dans la deuxième moitié du 20 ème siècle pour atteindre, en 2005, 280 km 3/an pour l’ensemble des pays riverains. L’agriculture, premier secteur consommateur d’eau, représente 64 % de la demande totale en eau : 45 % au Nord et 82 % au Sud et à l’Est. Dans de nombreux pays méditerranéens, les prélèvements en eau approchent le niveau limite des ressources disponibles. Des pénuries d’eau, conjoncturelles ou structurelles, sont constatées. En 2005, la population méditerranéenne « pauvre » en eau, c’est-à-dire celle des pays dotés de moins de 1000 m 3/hab/an, s’élève à 180 millions d’habitants, dont 60 millions en situation de « pénurie » (moins de 500 m 3/hab/an). Vingt millions de Méditerranéens n’ont pas accès à l’eau potable, notamment dans les pays au Sud et à l’Est.

Les approvisionnements en eau sont fragilisés dans plusieurs pays méditerranéens d’une part par la surexploitation d’une partie des eaux souterraines renouvelables (générant des intrusions salines qui rendent l’eau inutilisable) et, d’autre part, du fait de l’exploitation de ressources non renouvelables (dont les eaux fossiles). La production d’eau « non durable » est ainsi estimée à 16 km 3/an, dont 66 % issus de prélèvements d’eaux fossiles et 34 % de surexploitations de ressources renouvelables.

Ainsi, aux tensions sur les ressources naturelles en eau viennent s’ajouter des dégradations et pollutions d’origine humaine qui en modifient le régime ou la qualité, ce qui limite encore les possibilités d’usage. Il en résulte un accroissement :

•de la vulnérabilité des approvisionnements du fait de la hausse des coûts (notamment pour le traitement de l’eau),

•des risques pour la santé,

•des conflits d’usage entre utilisateurs, grands secteurs, régions ou pays.

 

 

 

LE CHIFFRE

25 %

On estime que les pertes d’eau qu’une meilleure gestion permettrait de récupérer dans les pays méditerranéens représentent, en 2005, 25 % de la demande (estimée à 280 km3).

 

 

EXEMPLE DE BONNES PRATIQUES: Des politiques économes en eau en Tunisie et au Maroc

La Tunisie a mis en place une stratégie nationale d'économie d'eau d'irrigation comprenant la création d'associations d'usagers, une tarification ayant permis un recouvrement progressif des coûts et des instruments financiers ciblés pour l'équipement des exploitations agricoles en technologies économes en eau et le soutien des revenus des agriculteurs. Cette politique a permis, depuis 1996, de stabiliser la demande en eau d'irrigation malgré le développement important du secteur agricole et de sécuriser tant les besoins du secteur touristique, source de devises, que des villes, source de paix sociale.

Au Maroc, l’augmentation de la demande en eau dans l’agglomération de Rabat-Casablanca a été sensiblement ralentie depuis quinze ans, et ce, malgré la forte croissance urbaine. Une meilleure gestion de l’eau (réduction des fuites sur réseaux, tarification progressive, comptage systématique, forte sensibilisation des usagers) a permis de retarder, voire d’annuler, certains investissements lourds (barrages, canaux de transfert) initialement prévus dans le plan directeur de 1980, tout en répondant aux besoins. Ces investissements, difficiles à financer sans endettement supplémentaire, pourraient se révéler superflus à terme.

Sources : Plan Bleu, Hamdane, Fiuggi 2002 et DGH Rabat, 2002.

 

Futur annoncé : des pressions croissantes sur les ressources en eau :

Les pressions sur les ressources en eau s’accroîtront encore de façon sensible au Sud et à l’Est et 80 millions de Méditerranéens seront en situation de « pénurie » (moins de 500 m 3/hab/an) à l’horizon 2025. Du fait de la croissance de la demande en eau agricole et urbaine et de la rareté des ressources, un pays méditerranéen sur trois prélèvera plus de 50 % du volume annuel de ses ressources naturelles renouvelables.

Les évolutions de températures et de précipitations décrites par les modèles climatiques entraîneront une aggravation de ces tendances. Les régions méditerranéennes, qui souffrent déjà d’un stress hydrique important, vont se retrouver particulièrement exposées à des réductions de leurs ressources en eau. Dans certains pays, ce type d’évolution pourrait déboucher sur des situations de crise aiguë. Au Sud et à l’Est de la Méditerranée, compte tenu de la croissance démographique, on estime à 290 millions de personnes la population des pays qui se trouveraient en situation de pénurie d’eau en 2050.

La part des approvisionnements en eau non durables, provenant de sources fossiles ou de surexploitations, s’accroîtra. C’est surtout dans les pays les moins pourvus que les croissances de la demande seront les plus fortes, ces pays étant alors les plus touchés par des pénuries structurelles. On constatera, dans ces conditions, un épuisement rapide de certaines ressources fossiles et une poursuite de la destruction d’aquifères côtiers par intrusion d’eau de mer. De plus, l’envasement des retenues de nombreux barrages leur confère une durée de vie limitée (par exemple, les réservoirs d’Algérie ont déjà perdu un quart de leurs capacité initiale) et les sites pour construire de nouveaux barrages s’épuisent. La qualité des eaux et des systèmes aquatiques sera aussi affectée par la croissance des rejets industriels et urbains et par la réduction des écoulements résultant de l’augmentation des prélèvements. La poursuite de la régression des zones humides est probable. Ces perspectives exacerbent les facteurs d’accroissement de la vulnérabilité en eau (coûts, santé, conflits).

Alternatives : Agir sur la demande en eau et pas uniquement sur l’offre :

Les constats et la prospective montrent que l’accroissement de l’offre, qui a constitué la réponse traditionnelle des politiques de l’eau en Méditerranée, atteint aujourd’hui ses limites. Face à cette situation, un vaste champ de progrès concerne la gestion de la demande en eau. Elle consiste à réduire les pertes et les mauvaises utilisations (gaspillages, fuites dépassant 50 % dans certaines villes) et à améliorer l’efficience de l’utilisation de la ressource.

Les marges de progrès sont considérables puisqu’une meilleure gestion de la demande permettrait d’économiser un quart des demandes, soit plus de 85 km 3/an en 2025. L’ agriculture irriguée représente le plus gros potentiel d’économies en volume, avec près de 65 % du potentiel total d’économies d’eau identifié en Méditerranée (pertes de transports réduites de moitié pour atteindre 10 %, efficience pour l’eau d’irrigation à la parcelle portée de 60 % à 80 %). Le reste du potentiel d’économies d’eau concerne l’ industrie pour 22 % (taux de recyclage porté à 50 %) et l’approvisionnement en eau potable pour 13 % (réduction des pertes de transport et des fuites chez les usagers de moitié pour atteindre respectivement 15 % et 10 %). Dans cette perspective optimiste et supposée généralisée à tous les pays méditerranéens, les demandes en eau totales pourraient être de 102 km 3/an au Nord et de 144 km 3/an au Sud et au Proche-Orient, ce qui équivaudrait globalement à une diminution de la demande totale actuelle d’une quarantaine de km 3/an. Ces économies d’eau permettraient, par ailleurs, de réaliser des économies d’énergie et des économies financières.

Ces objectifs, comparés aux approches classiques par l’offre, sont « gagnants-gagnants » : ils limitent à la fois les impacts environnementaux, les risques de conflits, le coût d’accès à l’eau et dégagent un potentiel de croissance économique et de stabilité pour la région. "

 

 

Texte tiré  du site: http://www.planbleu.org/themes/eau.html

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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