Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Le poisson d'eau douce: "Entre 100 et 800 DA le kg à Aïn Defla" par Abdou K

 

Le poisson d'eau douce, une autre source de protéines à prix raisonnable, vient d'être découvert par la ménagère de Aïn Defla après la flambée des prix des viandes blanches, viandes rouges et de la sardine, inaccessibles aux petites bourses.

«Plus de 380 kg de poisson de différentes espèces sont pêchés quotidiennement par environ 116 pêcheurs recensés et autorisés» indiquera M. Benbarek Mohamed, directeur de la pêche et des ressources halieutiques de la wilaya, en soulignant que Aïn Defla dispose d'une importante ressource aquacole au niveau des 5 barrages : Sidi M'hamed Ben Taïba, Ouled Mellouk, Harreza, Derder et Ghrib, sans compter les autres plans d'eau, les rivières et les bassins agricoles où les fellahs pratiquent la pisciculture.

Le sandre, la carpe royale, la carpe argentée, la carpe grande bouche, le mulet et la tilapia rouge sont les variétés que l'on peut trouver sur le marché aussi bien à El Khemis, Aïn Defla, Miliana et El Attaf, alors que les populations riveraines aux barrages viennent de découvrir les saveurs du poisson d'eau douce après le lâcher de plusieurs dizaines de milliers d'alevins suite à l'initiative du ministère de la Pêche en 2000.

Dans le cadre du programme de la pêche continentale, un jeune investisseur soutenu par le dispositif Ansej, M. Feghoul, est le seul à se lancer dans cette activité. Une première autorisation lui a été accordée le 12 septembre 2008 pour l'exploitation de la ressource aquacole au niveau du barrage de Harreza et une autre autorisation datée du 3 mars 2009 pour le barrage de Ouled Mellouk, alors qu'une autre demande d'autorisation pour le barrage de Derder est à l'étude.

Depuis le début de son activité, le jeune Feghoul a réussi une récolte de 8 tonnes de poisson. «Il n'a aucune difficulté à écouler sa marchandise qu'il vend même au niveau de la pêcherie d'Alger» dira le directeur de la pêche Les prix pratiqués sur le marché diffèrent d'une espèce à l'autre. Le sandre avoisine les 800 Da le kilo, le mulet varie entre 350 et 400, la carpe argentée à 250 Da, la carpe grande bouche entre 200et 250 Da, et la carpe royale est à 150 :

«C'est meilleur que le poulet» affirmera un citoyen amateur de poisson d'eau douce. Les amateurs de la pêche récréative, la pêche à la ligne, sont plus d'un millier : des jeunes, des vieux, des chômeurs, des fonctionnaires et des retraités ont mordu à l'hameçon de ce loisir devenu une sorte de vice à force de le pratiquer. «Dès que je termine mon travail à 16 h, je me rends directement au barrage» dira Ahmed K. infirmier, en signalant qu'il ne rentre chez lui qu'aux environs de minuit.

«Si le poisson mord, je reste pour en attraper plus, et s'il ne mord pas, je reste pour ne pas rentrer bredouille à la maison» précisera-t-il, avouant que la pêche est devenue un vice pour lui qui a arrêté de fumer. «Au niveau du barrage Ouled Mellouk, on a toujours une prise» affirmera B. M'hamed, employé à la poste, qui ne se lasse pas de raconter l'histoire de la carpe de 16 kg qu'il a sortie de l'eau : «J'ai cru avoir accroché le cadavre d'un gosse tellement le poisson était lourd et ne résistait pas» nous répètera-t-il à l'envi.

Le tilapia dans la «basse-cour» !

D'abord qu'est ce que le tilapia ? Le Tilapia nilotica est un poisson d'eau douce originaire du Nil. Introduit en Algérie en 1960, il fait actuellement l'objet d'élevage à petite échelle au niveau des bassins d'irrigation des agriculteurs et à grande échelle dans les fermes aquacoles ayant des capacités de production variant entre 500 et 1000 tonnes/an. Les principales fermes aquacoles sont localisées à Saïda, Ghardaïa et Ouargla. Cette espèce qui n'est pas exigeante en termes d'apport alimentaire atteint un poids commercial de 450 grammes en 8 mois.

A Aïn Defla, afin de créer une nouvelle source de revenus aux fellahs, participer au développement agricole par une eau d'irrigation riche en matière organique, pour le développement rural et la stabilité des populations, et enfin pour la diversification des activités des agriculteurs, l'Etat a introduit un programme d'intégration de l'aquaculture à l'agriculture en fournissant des alevins de tilapia rouge aux fellahs possédant des bassins d'irrigation.

«10 bénéficiaires pour la stabilité des populations ont produit 1,5 tonne durant l'année passée» affirmera le directeur de la pêche, tandis que 15 autres se sont vu attribuer entre 200 et 300 alevins pour l'année en cours. M. Bouabdellah Zoubir de Mekhatria est un exemple parfait de réussite de ce programme :

«J'ai de la carpe royale qui dépasse les 3 kg et du tilipia qui a pondu deux fois depuis qu'il est dans mon bassin», dira-t-il en signalant qu'il a produit plus de deux quintaux l'année dernière. M. Bouabdellah, producteur de pomme de terre, ne vend pas son poisson, il en donne gratuitement à tout son douar et en consomme beaucoup lui-même depuis qu'il a pris connaissance des recettes culinaires.

«C'est vraiment un régal, j'ai presque oublié la saveur du poulet de ferme» ajoute-t-il avec le sourire. «Quand je reçois des invités, je n'égorge plus de mouton ou de coq, je prends mon petit filet et je ramasse deux ou trois gros poissons» plaisantera-t-il.

Une ferme aquacole expérimentale en phase de réalisation

La direction du développement de l'aquaculture basée à Bou Ismaïl, dans la wilaya de Tipaza, réceptionnera à la fin de l'année en cours une importante ferme aquacole au niveau du barrage de Harreza, dans la commune de Djelida, (15 km au sud de Aïn Defla). Cette réalisation qui a coûté à l'Etat quelque 130 millions de DA produira 10 tonnes de poisson par an, plus de 50 tonnes d'aliment pour poisson et plus de 10 millions d'alevins de différentes espèces.Ce projet créera 20 postes permanents. Selon M. Benbarek, ce projet contribuera beaucoup à la mise en place d'une structure de démonstration, de formation et de recherche appliquée dans le domaine de la pisciculture.»

Abdou K

source:   

 

Archives PDF


Annexe:

                                                            Tilapia nilotica

Un poisson dont l’élevage est très répandu dans le monde et rentable.

Le Tilapia est d’origine africaine et s’est répandu dans l’ensemble des régions tropicales ou subtropicales du monde. Il existe des preuves que les Egyptiens élevaient des tilapias dans les étangs il y a plus de 3000 ans. Le terme « Tilapia » est africain et veut dire « Poisson » dans une langue vernaculaire africaine. Il existe plusieurs espèces de ce poisson de la famille des Cichlidés. On, le désigne en Europe sous le nom de « Poisson Saint Pierre ».  (L’Apôtre Pierre, qui était pêcheur de son métier en aurait pêché dans la mer de Galilée… Le Christ dans la « multiplication des poissons » aurait utilisé un spécimen de cette espèce.)
¤  C’est un poisson d’eau douce ou saumâtre originaire d’Afrique et des Moyen et Proche Orient. Son élevage date là aussi, de plusieurs milliers d’années. Il s’adapte très bien, est très résistant aux maladies, il se reproduit assez facilement. En 2006 les ventes de Tilapia dans le monde sont supérieures à celles des saumonées ( saumons et truites) Il cuit vite et peut se cuisiner des mille manières, et même se manger cru ( sushi)…en Europe.
¤  La chair du Tilapia est blanche, ferme et maigre, sa texture est humide et son goût légèrement sucré.
¤  En taille il peut atteindre 45 cm et peser 2 kilos.
¤  Il se développe le mieux dans des eaux de températures oscillant entre 22 et 32 degrés.(72 à 90° F)
¤  C’est un poisson très robuste, son taux de croissance est élevé. Sa nourriture bon marché.(Elle est à base de protéines végétales).
¤ Il est élevé partout dans le monde, la Chine est le plus gros producteur mondial.

Le tilapia du Nil  ( Tilapia nilotica) nous intéresse pour ses qualités. (le mâle grossit bien plus et plus vite que la femelle).
Il est produit dans plus de 75 pays, en particulier dans les pays d’Asie ( Chine, Thaïlande, Philippines, Indonésie, Vietnam, Cambodge, Taïwan, et en Amérique latine , aux USA, au Canada…) il arrive après la carpe en quantité élevée dans le monde.

Qualités nutritives :
Pour 100 grammes de Tilapia.

Calories

Protéïnes

Glucides

Lipides

Cholestérol

Fibres alimentaires

117

24,2

00

1,5

68mg

00

Source : Santé Canada Fichier canadien sur les éléments nutritifs.

Phosphore

Sélénium

Vitamine B12

Vitamine D

Magnésuium

Vit B3

A

A

A

A

B

B

 

 

 

 

 

 

A : au moins 25% de l’apport nutritionnel recommandé en Europe.
B : Au moins 15%
C : Au moins 5%
Source : Amélie Charest Institut des nutraceutiques et aliments fonctionnels INAF Université Laval Quebec.

Nutrition. Reproduction.

Un animal ( poulet, porc ; lapin , cabri… ), en moyenne, donne 1/3 de son poids à manger aux humains. Il lui faut pour cela manger l’équivalent de 2/3 de son poids. Pour le Tilapia, c’est l’inverse : Il mange 1/3 de son poids ( nourriture issue des déchets organiques) et donne 2/3 de ce poids à manger aux humains.
Il se reproduit 6 fois par an. (fournissant 800 à 1500 alevins à chaque fois) selon l’espèce et la nourriture qu’on lui donne.

Ecologie et environnement.

Parmi les poissons d’élevage, le Tilapia est considéré comme l’un des meilleurs choix, car, contrairement au saumon ou à la truite, il se nourrit d’algues, de plancton et de petits invertébrés, de déchets végétaux divers, de résidus de grains, de feuilles, de compost… Il n’exerce donc aucune pression sur les espèces sauvages. Cependant, à cause de sa grande adaptabilité, il est devenu une nuisance dans plusieurs endroits où on l’a introduit. C’est notamment le cas dans le lac Victoria, dans l’archipel des îles Palau, au large des Philippines, au Nevada ou en Arizona, dans le Yucatan.
Il conviendra donc de former les éleveurs, afin qu’ils prennent des précautions pour que des alevins, en cas d’inondation ou d’acte mal intentionné, ou de mauvaise manipulation lors des vidanges des bassins, n’émigrent pas vers une rivière ou un étang. Il n’y a pas de crainte pour le lac de
Thomazeau, proche de notre élevage : il y a déjà des Tilapias dans ce lac, mais en assez petite quantité et ils ne semblent pas qu’ils envahissent le lac. Sans doute ont-ils des prédateurs.




Source:
http://images.google.com/imgres?imgurl=http://www.enfants-soleil.org/Chap_Activites/pisciculture/tilapia.gif&imgrefurl=http://www.enfants-soleil.org/Chap_Activites/pisciculture/pisciculture_tilapia_2007.html&usg=__lRtVk1z_C0G8TtMBWplQreAyLqk=&h=171&w=368&sz=34&hl=fr&start=15&sig2=r1C4XG5zfj84XRKnvLs0dA&um=1&itbs=1&tbnid=Ln7F6wtZ0ysy5M:&tbnh=57&tbnw=122&prev=/images%3Fq%3DTilapia%2Bnilotica%2Bnil%26hl%3Dfr%26rls%3Dcom.microsoft:fr-fr:IE-SearchBox%26rlz%3D1I7ADBF_fr%26sa%3DN%26um%3D1&ei=WAVwS7LRKJjD-QawhqX6Aw
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
Voir le profil de Karim Tedjani sur le portail Overblog

Commenter cet article