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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Le ruisseau des singes: un paradis écologique " par Larbi Beddar

A une cinquantaine de kilomètres de la capitale, le Ruisseau des singes, dans les gorges de La Chiffa, région de cocagne, offre des panoramas splendides que des milliers de visiteurs ne se lassent pas de contempler et d’apprécier.

Le parc national de Chréa, d’une superficie d’environ 2 6000 hectares, est connu pour sa station de ski, dont certains présument qu’elle est la première en Afrique, outre les gorges de La Chiffa, où l’on peut découvrir le fameux Ruisseau des singes. Deux magnifiques endroits qui se situent au milieu de vastes forêts de cèdres. Deux destinations privilégiées, des Algérois notamment, qui trouvent un malin plaisir à abandonner, un tant soit peu, le stress de la ville avec son atmosphère polluée, ses embouteillages interminables et son brouhaha diurne et nocturne à vous crever les tympans, pour aller à la rencontre de dame nature où il fait vraiment bon vivre. Que diriez-vous d’une visite à Chréa, nous proposa un Algérois, il y a une dizaine de jours. Nous le prîmes au mot et nous voilà dans sa voiture pour aller à la découverte d’un endroit magique, féerique. A mi-chemin, on découvre l’Atlas blidéen, un massif montagneux dont les sommets � �taient drapés d’une bonne couche de neige donnant un éclat blanchâtre sublime à vous attirer comme un aimant. Au bout d’une heure, nous atteignons Blida, la ville des Roses. Mais le verglas, ce jour-là, nous a obligés à ne pas s’aventurer sur la route qui mène à Chréa. On nous conseilla d’aller au Ruisseau des singes, à une dizaine de kilomètres de Blida. Nous prîmes la RN 1 reliant Blida à Médéa. Une route s’engouffrant entre deux grandes chaînes de montagnes dominées par de splendides forêts à la végétation drue. Une vraie carte postale. Le relief ainsi que les paysages qui subliment votre regard et vous troublent l’esprit ressemblent beaucoup à ceux de la Kabylie. Nous qui venons de Kabylie, nous avons découvert avec beaucoup d’admiration les gorges de la Chiffa, magnificence gracieusement dotée par la nature en faune et en flore. Logeant un oued, la route tracée à même les rocs du flanc droit est truffée de petits tunnels. Une route ornée d’une multitude de cascades d’eau provenant des sources qui jaillissent à différents endroits, au milieu du flanc de la montagne. Et la route est protégée par un muret où se parquent les singes magots. Avec leurs grimaces et leurs gesticulations, ils amusent bien des familles, notamment les enfants qui les récompensent par de la nourriture (pain, biscuits, etc.…).

Le Ruisseau des singes
Nous arrivons au Ruisseau des singes, un endroit magique qui invite à une halte et repos. Entourée d’un magnifique paysage à vous couper le souffle, une ancienne auberge a été rafistolée il y a quelques années pour être transformée en un hôtel-restaurant ressemblant à un gîte rural.
Que de personnalités nationales ou étrangères, politiques ou du monde des arts et de la culture, ont visité ce haut lieu touristique. Beaucoup d’entre elles, fascinées par l’endroit, ont exprimé leurs émotions sur le registre d’or de l’auberge, nous a-t-on appris. L’acteur français Jean Claude Brialy, né en Algérie, dans son roman autobiographique intitulé «Le ruisseau des singes», endroit qui a marqué une partie de son enfance, écrit : «L’hiver, lorsque nous avions été sages (lui et son frère), mes parents nous emmenaient au Ruisseau des singes situé dans une petite vallée au milieu de la montagne. Des centaines de petits singes à demi sauvages vivaient là. Ils venaient à la rencontre des visiteurs chercher à manger ou jouer avec eux. Ils courraient et sautaient dans tous les sens. L’endroit était pour nous un véritable paradis…»
Nous continuons notre plaisante randonnée jusqu’à Hamdania, le chef-lieu communal situé à un jet de pierre de l’auberge. D’agréables senteurs vous envahissent, provenant de petits fast-foods où les grillades n’en finissent plus. Devant la demande importante, il faut être vraiment patient pour être servi. Que de brochettes de viandes rouge et blanche, de merguez et de foie accompagnées d’un hors d’œuvre aux olives vertes et pimentées, sont commandées ! Beaucoup d’autres gargotes naîtront avant l’été, à voir les constructions en cours.
La clientèle n’est pas typiquement touristique. Elle comprend aussi des routiers empruntant cet axe routier. Pour couronner notre randonnée, nous profitons de l’apparition de quelques rayons de soleil pour monter vers Médéa. Une ville qui ne ce cesse de se développer, notamment sur le plan de l’habitat, avec beaucoup de nouvelles cités venues étendre l’ancienne ville et ses anciennes bâtisses.
Les cultures maraîchères ont été lancées, mais elles ne sont pas bien adaptées au relief et à la nature du sol. Il a fallu entendre les explications des ingénieurs agronomes qui se sont penchés sur ce problème d’inadaptation, pour ressortir avec des propositions, suggérant que l’arboriculture est la seule culture adaptée à la région.
Il y a déjà quelques années, des hectares ont été plantés d’arbres fruitiers, tous types confondus. Dans les parcelles de terres proches de la ville et les jardins des particuliers, on fait comme en Kabylie, avec des plantations de figuiers et des clôtures faites de cactus (figues de barbarie).
Sur le chemin du retour, nous avons pris notre revanche sur la neige que nous avons ratée à Chréa. Le lendemain, jeudi, nous avons pris un bus pour rentrer sur Akbou. Suite à un accident survenu dans les gorges de Lakhdaria, le chauffeur a demandé notre permission pour contourner Tizi Ouzou, par le col de la montagne encore enneigée. Nous étions aux anges. Le beau soleil avait asséché les routes, ce qui a facilité le passage par le village Ahlahcen dont la seule route de montagne était bien dégagée.
Nous gagnions de l’altitude et la beauté naturelle des lieux marquée par la neige qui avait enveloppé la végétation défilait sous nos yeux. Un tel panorama, on ne le voit que rarement dans l’année.
Au plus haut sommet de la montagne, la végétation avait complément disparu, ensevelie par une épaisse couche de neige, d’environ 30 cm. Le bus marqua une halte, le temps de poser pied à terre, pour contempler, au loin, la haute vallée de la Soummam, Akbou et, en face, le territoire d’Ath Adhel. Est-il besoin de dire que même là-haut sur la montagne, les pollueurs y ont laissé leurs empreintes : des ordures ménagères déversées sur la neige, aux abords de la route, défigurant ce site naturel édénique. Dommage !                                                                 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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