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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Le singe magot ".Un dossier de Philafric.

Le Macaque berbère ou Magot Macaca sylvanus est le seul macaque vivant sur le continent africain, à l’état sauvage dans les forêts relictuelles du Maroc et de l’Algérie ainsi que de manière artificielle sur le rocher de Gibraltar où il représente le seul primate d’Europe avec l’homo sapiens.

(La pigmentation du faciès est très variable chez le macaque berbère.)

Les autres espèces du genre Macaca vivant principalement en Asie du sud et du sud-est, il est considéré comme l’une des formes ancestrales du rameau des macaques qui sont apparus enAfrique il y a 5,5 millions d’années. Néanmoins, sa morphologie et son écologie témoignent d’une réelle adaptation aux conditions de vie dans le Moyen Atlas et donc, bien que l’espèce soit toujours restée sur le continent des origines, elle diffère grandement des premiers macaques apparus.

Le macaque berbère présente un certain nombre d’adaptations morphologiques au froid lié à l’environnement montagnard où il vit, tempéré l’été et rigoureux l’hiver. De telles adaptations sont rares chez les primates et témoignent de la grande faculté d’adaptation des macaques puisqu’on en connaît un autre exemple fameux avec le macaque japonaisMacaca fuscata capable de survivre dans une épaisse neige. Les adaptations morphologiques du magot sont une réduction de la longueur de la queue et des doigts sur les 4 membres (qui pourraient geler s’ils étaient plus longs, la queue est elle quasi inexistante), un allongement relatif de la longueur de la colonne vertébrale par rapport aux membres (qui permet de maintenir la température du corps grâce à une posture en boule lors de la recherche alimentaire) et bien sûr d’un fort épaississement du pelage en saison froide.

Le pelage est de couleur ocre-fauve à presque noir, selon la saison et les individus. De manière générale la face ventrale est beaucoup plus claire que la face dorsale et l’extrémité des membres plus foncés. Le faciès est glabre et peut présenter une grande variété de taches et de pigmentation selon les individus.

Comme chez tous les macaques, les mâles sont plus lourds et plus puissants que les femelles, présentent un dimorphisme sexuel quant à la longueur des canines et ne restent pas toute leur vie dans le groupe social où ils sont nés. À l’inverse, les femelles elles demeurent toute leur vie au sein de leur groupe de naissance sauf en cas de fission du groupe en plusieurs sous groupes.

Le macaque berbère était autrefois répandu sur toute l’Afrique du nord et probablement une partie de l’Europe méridionale mais voit sa population aujourd’hui réduite sur quelques zones montagneuses isolées du Maghreb.

En 1977, en Algérie seulement deux des sept régions où le magot était présent (Guerrouch et Agfadou) hébergeaient des populations de taille raisonnable. Mais, même sur ces sites, l’abondance n’approchait pas celle de la zone centrale duMoyen Atlas au Maroc. L’étude mentionne que l’aire de répartition était plus étendue par le passé et nous avons plusieurs éléments qui prouvent que les zones actuelles d’habitat du macaque berbère sont encore plus réduites et plus perturbées, notamment au Maroc, encore relativement préservé en 1977. À cette date, l’Algérie abritait 23 % (soit un maximum de 5 500 individus) du nombre total de macaques berbères sauvages survivant en Afrique du nord.

Au Maroc, en 1977, l’essentiel de la population se concentrait dans le Moyen Atlas, représentant 65 % de la population totale (soit 14 000 individus maximum) à l’époque. Les poches relictuelles du Rif et du Haut Atlas n’abritait à cette époque déjà plus que 12 % des macaques berbères sauvages (soit 2 600 individus maximum). On les estimait, autrefois, à plusieurs centaines de milliers.

Une étude plus récente (mais moins précise et systématique) de 2005 estime le nombre de macaques berbères survivants à 10 000 individus, soit une régression de plus de 50 % en moins de trente ans (l’estimation dépassait les 22 000 en 1977). Une autre de 2007 dans la région de Djebela atteste de la régression d’effectif entre 1980 et 2004. Cette espèce est donc excessivement menacée et au premier chef, en raison de la destruction de son habitat naturel. Les effectifs sauvages dans des régions non perturbées sont en fort déclin. Les populations existantes vivent dans des habitats grandement modifiés par l’homme. Les magots sont régulièrement capturés pour être vendus (on estime à environ 300 bébés, arrachés aux bras de leur mère, au Maroc, chaque année) ou même tués.

(Un mâle adulte portant un jeune, comportement typique du macaque berbère, rare chez les autres macaques.)

En milieu naturel, la densité de population rapportée est de 6,73 individus/km² mais est très dépendante de la qualité de l’habitat.

Une population est maintenue artificiellement sur le Rocher de Gibraltar. Il a été communément avancé que cette population descendait d’une douzaine de fondateurs importés pendant la Seconde Guerre mondiale. Or l’analyse génétique indique une origine double de la colonie, avec deux souches distinctes, l’une algérienne, l’autre marocaine, ce qui suggère une présence plus ancienne sur le Rocher.

Une étude génétique des populations montre que les deux souches, marocaine et algérienne, sont séparées depuis une période déjà longue (environ 1,6 million d’années) et que les populations du Rif semblent avoir été secondairement réintroduite à partir d’une souche algérienne.

Macaque berbère
 Macaca sylvanus
Macaca sylvanus
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Primates
Famille Cercopithecidae
Sous-famille Cercopithecinae
Genre Macaca
Nom binominal
Macaca sylvanus
(Linnaeus1758)
Statut de conservation IUCN :
EN A1c+2c, C1 : En danger
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.
Wikispecies-logo.svg Retrouvez ce taxon sur Wikispecies
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sont disponibles sur Commons

Publié le par philafric

À propos de philafric

Age de 64 ANS, retraité depuis 12 ans. Philatéliste depuis plus de 35 ans, JE collectionne des timbres neufs en série complète, des Feu
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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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saidi nabila 19/06/2011 15:53



Bonjour,


j'ai juste besoin d'avoir des informations sur les références bibliographiques exactes des écrits qui se rapportent aux statistiques relatives aux populations de singes magot, plus
particulièrement en Algérie. c'est pour les porter sur les dépliants que je compte réaliser et des affiches pour raison de sensibilisation du public. Merci pour votre précieuse contribution.
Cordialement