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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Les 7 principales failles et donc priorités de l'Ecologie en Algérie... (4/7)

Les villes vues par nos enfants

L'écologie est une science exacte qui ne souffre pas les approximations; ce n'est pas un jeu d'enfant mais un défi d'adultes...

#4 Des statistiques et une banque de données nationales à la hauteur du défi…

 

Nous vivons une ère ultra cybernétique. L’information, de nos jours, est  une ressource très précieuse. Nos  monnaies , même, depuis qu'elles ne sont plus  étalonnées  sur la valeur or, sont  devenues  virtuelles. Notre argent papier ou informatique, ce n’est plus qu’une information,au fond.  Tout le système construit autour d’internet et de ses réseaux sociaux, les moteurs de recherches, toutes ces inventions sont certes utiles, pour qui sait en user avec sagesse et sobriété-est-ce encore possible ?- Mais, avant tout, leur  finalité primale  est de récolter un maximum de données pour les commercialiser à notre insu; un peu comme certains savent faire de l'or avec notre ignorance  quant à la véritable valeur des déchets que nous jettons quotidiennement  à la poubelle ou bien, pire, sur la voie publique. 

Aussi déplorer que notre pays vive à l’âge de la pierre dans le domaine de l'information, c’est mettre le doigt sur un des principaux freins à la mutation écologique de notre économie uniquement « brune », c'est à dire  seulement pétrochimique. Comment protéger ce que l’on ne peut quantifier et que l’on ne connait pas vraiment ? Sur quelles statistiques fiables pouvons-nous nous appuyer, ne serait-ce qu’en matière d’écologie nationale et locale ? Soyons honnêtes avec nous même, tout le monde sait à quel point la plupart des chiffres annoncés officellement  sont régulièrement tronqués au niveau local, par erreur ou  bien mauvaise foi...

Où sont les publications scientifiques, les études environnementales objectives, les relevés, les analyses concernant la nature physique de notre pays ? Souvent dans les archives de laboratoires étrangers. Nos experts qui font tant fureur « hors-sol », se font rares et discrets dans leurs pays; sans que l’on puisse vraiment les en blâmer. Car ils trouvent  le plus souvent beaucoup plus d’opportunités et de chances de voir leurs recherches aboutir ailleurs qu’en Algérie. Pourtant, c'est un territoire des plus passionnant et vierge à étudier pour beaucoup d’écologues étrangers. Pas vraiment de revues spécialisées, de think tanks, de livres, de documentaires, de subventions, l'environnement des professionnels de l'écologie est un désert d'informations..

Le quotidien de la plupart de nos écologues et biologistes algériens n'est que bricolage, aventures souvent financées par leurs propres deniers.Faute de moyens, de méthodes mises à jour, d'une véritable considération de la part de notre société, plus que par défaut de sérieux Au sein même de cette sphère d'activité, il y a  aussi  cette  fâcheuse tendance à  garder jalousement l'information pour soi. Peut-être parce qu'il  n'y a plus vraiment d'éthique dans ce domaine et  que les copieurs sont légions, à ce qu'il parait. Un climat de méfiance qui nuit gravement à la circulation des données si vitale à toute émulation de grande envergure.L'Algérie est un écosystème territorial qui  ne peut se penser national qu'avec une parfaite approche et connaissance des particularités  locales de chacune de nos régions. Il est donc question de créer un  écosytème  national d'informations pour aller dans cette direction inévitable de la collecte et du traitement des datas relatives à notre environnement. 

Certains freins d'ordre culturels et historiques, ont largement limité la possiblité de nos écologues à être sur le terrain. Le souvenir encore frais  d'une insécurité absolue en terre sauvage, la difficulté pour les   chercheurs femmes, très nombreuses dans ce secteur d'activité, à  travailler dans de bonnes conditions dans les  zones rurales, surtout les plus  enclavées. Notre écologie algérienne est devenue de ce fait  beaucoup trop académique, se pratique surtout en laboratoire ou dans des bibliothèques. Et les sujets d'études choisis manquent  de plus en plus d'originalité, d'ambition, tant tous  ces obstacles rendent la moindre  initiative  d'innovation très ardue à réaliser dans tel contexte favorisant l'inerti

Quid de l'état d'esprit qui s'est installé parmi nombre d'organismes étatiques dédiés à la protection de notre nature et environnement? Il faudrait  également ajouter que la bureaucratisation extrême de leur process  y rend la circulation de l'information très lente. De plus, trop souvent, la politique et l'affairisme  viennent fourrer leurs  museaux  dans bien des domaines liés à l'environnement en Algérie. De ce fait, l'information n'est plus assez objective, perd donc de sa valeur, pour qui veut vraiment travailler sur des bases saines et solides.

Même constat parmi la société civile, où nombre d'associations écologiques peinent à partager les expériences ainsi que leur savoir faire. Souvent c'est par manque de maîtrise de tous les nouveaux outils à leur disposition pour aller dans ce bon sens. A cela près que, dans ce domaine, c'est incontestablement ce pan de la société qui a fait les plus grands progrès. 

Des  journalistes algériens experts en environnement? Il y en a, certes, mais rares sont ceux et celles qui ont la posibilité d'être constamment présents sur le terrain.Si la question environnementale a de plus en plus tribune dans notre presse, il reste encore beaucoup de travail pour faire de l'écologie un théme phare, une préocupation de premier ordre pour l'ensemble de la société algérienne. Souvent, c'est l'ignorance des véritables enjeux et impacts de notre quotidien qui génère certains comportements inciviles. La loi, le bon sens, sont des informations qui doivent circuler au sein de toute société moderne digne de ce nom.

Il est évident qu'a ce propos, l'Etat algérien ne s'applique pas assez à communiquer avec la société civile pour expliquer et débattre de ses choix en matière de politique environnementale. Certes, en matière de sensibilisation le travail d'organismes comme le CNFE  ou bien le CNTP ont obtenus quelques résultats des plus encourageants. Les Club Verts des Maison de l'Environnement ont  par exemple participé, à l'échelle de bien des wilayas, à insuffler un esprit "éco citoyen" dans le quotidien d'un nombre grandissant d'enfants. Mais, le défi est de telle envergure, que l'on ne peut espèrer que ces efforts soient encore plus fournis. Le contre exemple de l'opacité du discours de certains responsables politiques, dans l'affaire du gaz de schiste, n'est presque plus à évoquer tant il est criant de vérités à ce sujet... 

Une banque de données nationale, accessible et mise à jour régulièrement, pour et par l'ensemble des actrices et acteurs de l'écologie en Algérie. Voilà  donc une des principales failles de notre système écologique et donc un  chantier à mettre en branle au plus vite...

Karim Tedjani, admnistrateur du blog www.nouara-algerie.com

Lire aussi:

Les principales 7 failles et donc priorités de l'Ecologie en Algérie... (1/7)

Les 7 principales failles et donc priorités de l'Ecologie en Algérie... (2/7)

Les 7 principales failles et donc priorités de l'Ecologie en Algérie... (3/7)

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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