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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Les 7 principales failles et donc priorités de l'Ecologie en Algérie... (6/7)

#6 "Cultiver la santé, diversifier l'économie"

Monsanto

 

 On oublie trop souvent, que  veiller à la sécurité alimentaire  d’un pays n’est pas seulement une affaire de quantité.

Produire ou importer de grandes quantités de denrées alimentaires d’une piètre qualité est presque antinomique, à ce propos. Ce critère d’excellence, s’il doit essentiellement être de nature sanitaire, ne doit pas pour autant  occulter la valeur gustative et énergétique des aliments produits et consommés par la population. Encore plus les procédés mis en branle pour les produire,  les conditionner, les stocker et les acheminer jusqu’à leurs  points de vente ou de consommation. Ils doivent également  respecter  certaines  normes de sobriété,  ainsi que d’efficacité énergétique, limiter au maximum le coût hydrique de telles entreprises. Enfin, et cela me parait évident de le souligner, l’empreinte  écologique de l’ensemble de ce système agro-économique se doit de respecter au maximum les environnements matériels et immatériels des nations qu’ils servent.

A l’instar du respect de l’environnement, parce qu’intimement liée à la notion de santé publique, la sécurité alimentaire est une contingence incontournable pour garantir la souveraineté nationale de l’Algérie. Une  population  malade, mal alimentée, dépendant complétement des  importations est un  peuple en état de faiblesse ; comment pourrait-il en en être autrement ? C’est pourquoi le système agronomique, tel qu’il est malheureusement  encore en vigueur dans la plupart des nations du monde industrialisé et toxique. Notre notre pays dans ce domainr est, certes,  un mauvais élève, mais en contre partie un très bon client.

L’utilisation systématique et massive des pesticides? ainsi que les procédés mécaniques de l’agriculture moderne  sont non seulement écocidaires  envers nos environnements,  mais également extrêmement toxiques pour la santé publique des consommateurs de masse que nous sommes devenus en quelques générations. Depuis « Le printemps silencieux » de Rachel Carson jusqu’à « Notre poison quotidien » de Marie Monique Robin , le dernier siècle a été celui d’une telle  prise de conscience salutaire. La nécessité d’une agriculture « bio », ou écologique,   devient ainsi acceptée par un nombre sans cesse croissant de consommateurs  des sociétés   parmi les plus développées industriellement à travers le Monde. Au niveau international, l’ONU, instance suprême de gouvernance globale, inscrira ainsi la prérogative écologique dans ses planifications pour ce siècle  en ce qui concerne l’agriculture de demain.

Toute la difficulté d’un tel exercice réside, par exemple, dans des rendements supposés  moindres à l’agriculture biochimique, ainsi à cause de nouvelles habitudes de produire et de consommer incrustées dans nos économies comme un aveuglement collectif  difficilement curable du jour au lendemain. Agro écologie, permaculture, biodynamie, forêts nourricières, agro foresterie, agriculture biologique etc.… Les termes pour qualifier  toutes les méthodes développées à travers le monde sont autant de pistes pour aller dans le  même sens. Les nuances entre ces diverses appellations se font de plus en plus subtiles, presque inutiles, à mon humble avis, si ce n’est  que pour différencier  les idéologies plus globales  qu’elles véhiculent en ombre chinoise de portée éco-citoyenne…

 

Si l’on fait abstraction de tout cela, afin de définir l’Agriculture, tout simplement, telle qu’elle devrait être et non dénaturée par la chimie et les machines  industrielles, il y  a certaines lignes récurrentes, des principes,  qu’il serait bon de synthétiser   afin de rendre  le  système agronomique algérien avant-gardiste et non  lui laisser prendre un train de retard, comme notre pays  semble envisager sa politique agricole actuelle et prochaine, malheureusement. L’Algérie, dans ce domaine, n’a fait  pour l’instant, que donner la part belle à des mesures d’urgence ainsi qu’une approche « court-termiste ». Nous reviendrons sur cette thématique en conclusion de ce billet, afin de donner la primauté aux solutions sur les constats que nous  ne connaissons toutes et tous que trop bien.

 

L’Agriculture, afin d’être à la fois productive, bienfaisante et utile  pour un peuple, un pays, être capable de soigner et nourrir  les gens ainsi que les sols cultivés ; sur le long terme, évidement. Nourrir, ce n’est pas gaver, ni de molécules chimiques, ni de matières grasses saturées. Soigner, cela   signifie, prévenir les maladies au jour le jour grâce à des comportements plus empathiques avec notre environnement, comme d’ailleurs notre religion -ou le bon sens traditionnel algérien- l’ont toujours prescrit, d’ailleurs. Telle  évidence n’est pas réalité pour l’instant, et cela ne concerne pas que notre pays.

On laboure à grands frais énergétique, on irrigue à  grands coups d’eau adjuvée avec des poisons chimiques. On lave les sols de leurs substrats naturels, on sature d’intrants chimiques aussi nos corps, nos nappes phréatiques et nos oueds, médias ultimes de toutes les maladies à travers notre territoire. On déforeste massivement  pour gagner  de terrain sur la nature ; à force de tuer les terres rendues arables par la force. Tandis qu’il faudrait plutôt respecter l’intégrité des sols qui est garante de l’équilibre de tout un environnement, d’un milieu, d’un écosystème macro et micro biologique.  

Eviter de lacérer  en profondeur la peau de la terre, un épiderme de nature essentiellement  végétale et microbiologique qui la protège naturellement des maladies. Respecter et collaborer avec les millions de lombrics  et micro-organismes qui sont les meilleurs laboureurs de la planète. Respecter et collaborer avec les arbres et tous les végétaux qui attirent, retiennent et distribuent l’eau, la nourriture et l’air du ciel vers  la terre et vis-versa. Respecter et collaborer avec tous les animaux et insectes qui partagent leur environnement avec notre agriculture, car chacun d’entre eux joue un rôle écologique particulier dans l’écosystème sollicité par la culture humaine.  Diversifier les cultures et les régimes alimentaires car la monoculture génère maladies et comportements nuisibles dans son environnement.  Résultat des courses, après une telle approche de l’art de cultiver : un gain d’eau, d’énergie et de santé considérables ; beaucoup d’économies, moins de dépenses pour le budget national.

Manger sain, local, saisonnier, de préférence. Limiter les intermédiaires entre le consommateur et les producteurs de sa nourriture. Favoriser l’autonomie à l’échelle locale et intime. Le citadin doit pouvoir  cultiver lui-même sa nourriture, s’il le désire, de même que le paysan devrait avoir accès dans sa campagne à  toutes les commodités modernes, pour peu qu’elles soient en harmonie et maintiennent son mode de vie en pleine nature. La ville doit aimer et respecter la campagne qui elle doit veiller à ne pas dénaturer la nature sauvage qui l’environne et constitue une des plus grandes richesses d’un pays. Nos terroirs produisent nombre de produits oubliés ou délaissés par le grand public qui leur préfère, souvent par ignorance ou mauvaise habitude, des denrées importées qui ne sont que trop rarement de bonne qualité gustative et sanitaire. Le cancer ne s’est-il pas invité de manière plus instante dans le paysage algérien, depuis que notre pays importe 98% de ce qu’il consomme ?

Beaucoup de produits naturels et de remèdes ancestraux algériens pourraient contribuer à endiguer telle fatalité  en tout créant de nouvelles niches d’emplois ainsi qu’en préservant nos traditions de leur dénaturation par une identité globale, supposée être le seul  possible progrès légitime pour l’Humanité du 21ème siècle. Revenir à nos semences, nos cultures ancestrales, certes, car elles  sont les  plus adaptées à nos corps, nos terres, ainsi que nos climats algériens. Mais, comme eux aussi évoluent, chercher toujours à moderniser la tradition  dans tout ce qu’elle elle restera  encore  de pertinente dans le contexte séculier contemporain.

L’Agriculture est donc à la fois  une activité sociale, économique et environnementale.  Elle est proximité, diversité, respect de la vie, tradition et innovation de concert. Elle agit et pense local dans le soucis de  toujours rester nationale, sans pour autant s’interdire  de collaborer souverainement à l’évolution de cette grande famille aux myriades de généalogies et ethnies qu’est l’Humanité -et non l’Homme dans sa  globalité capitaliste-  

Ce n’est pas une abstraction, l’Agriculture prospère, sobre et écologique à la fois. Des résultats concrets et probants ont été obtenus à ce propos par des agriculteurs ainsi que  des agronomes dont les succès font de plus en plus école, et ce à des échelles nationales et internationales. Je vous invite à vous documenter sur le sujet, ainsi qu’à expérimenter, pour ceux qui ont la chance de disposer d’un jardin ou d’un potager, ne serait-ce que les vertus avérés d’un bon compost et de tant d’autres méthodes naturelles qui vous libérerons progressivement du joug de la chimie.

L’Algérie pour conclure, est un des plus grands importateurs de blé au monde. Le cancer, l’obésité, l’anorexie et tant de pathologies sont des fléaux qui pourraient être résorbés sensiblement par une politique agronome inscrite dans la modernité écologique de ce siècle. L’économie algérienne est dépendante autant du cours du pétrole et du gaz que celui du blé, du sucre ou de l’huile importés massivement dans ce pays ;  largement subventionnés alors que le plus souvent d’une piètre qualité. Les contrôles sanitaires, la formation de nos paysans sont déplorables et notre politique agricole passéistes au point de la nuisance. Seule une transition écologique de notre économie, et donc forcément  de notre agriculture et industrie à venir,  pourra nous sortir de l’impasse d’une Algérie indépendant certes, mais de plus en plus malade à tous les niveaux, économique, social et environnemental.

Sinon comment espérer être souverain, c’est-à-dire maître de soi, de son destin, et cela  de manière durable et constante ?

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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