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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Les Algériens redécouvrent la saveur de la figue de Barbarie durant ce Ramadan" par El Maghrebia.com

2012-08-20

En Algérie, les marchands de fruits réintroduis

Par Mohand Ouali pour Magharebia à Alger – 20/08/12

[Mohand Ouali] La figue de Barbarie se fait à nouveau une place dans les desserts traditionnels des Algériens, qui en redécouvrent la saveur.

[Mohand Ouali] La figue de Barbarie se fait à nouveau une place dans les desserts traditionnels des Algériens, qui en redécouvrent la saveur.

Melons, pastèques, prunes, pêches, raisins, poires, pommes, dattes, oranges, bananes, cerises ou ananas, garnissent à profusion les étals des marchands, au grand bonheur des consommateurs qui n’ont que l’embarras du choix et… du prix.

L’abondance des fruits permet à de nombreux Algériens d'échapper à l'écrasante chaleur de l'été et aux coupures de courant.

Même la figue de Barbarie tente de se faire une place dans les desserts des Algériens, qui en redécouvrent la saveur, avec bien du plaisir au regard du succès que "El Hindi", comme il est communément nommé, rencontre auprès d’un consommateur qui n’hésite pas à satisfaire sa curiosité ou à apaiser sa nostalgie d’un goût presque oublié.

Paradoxalement, il est très rare de voir un marchand de fruits en proposer. Par un accord tacite dont on ne connaît l’origine, la vente de figues de Barbarie est le fait exclusif des vendeurs occasionnels.

Cet été, les vendeurs de figues de Barbarie se sont vite fait une place sur les marchés, sur les placettes ou les artères fréquentées des quartiers populaires d’Alger. Munis de leurs cagettes remplies de fruits bien mûrs ou encore verts (certains préfèrent les consommer ainsi) qui sont disposées sur un simple étal, ils n’ont pour seuls accessoires qu’un gant pour se prémunir contre les fines épines qui garnissent en bouquet la peau de la figue de Barbarie et d’un couteau pour les peler.

Les fruits sont proposés au kilo ou à l’unité, épluchés ou non, à la guise de l’acheteur. Le kilo est cédé pour la modique somme de  40 dinars. A l’unité, il est cédé pour une pièce de 5 dinars, qu’il soit épluché ou non.

Comme les figues de Barbarie doivent être de préférence consommées fraîches, ils disposent accessoirement d’un broc d’eau pour les rafraîchir en les aspergeant, ce qui les débarrasse aussi des épines. "Une fois mouillé le fruit ne se conserve pas et peut vite tourner avec la chaleur, surtout s’il est bien mûr", explique un client qui semble connaître son sujet.

Il déconseille également d’acheter les fruits pelés et préemballés. "Ce n’est pas très hygiénique, surtout si l’opération ne s’est pas déroulée sous vos yeux".

Le fruit de l’Opuntia pousse à l’état sauvage. Le cactus est très répandu dans les campagnes algériennes où il est planté pour réduire les effets de l’érosion ou comme haies de séparation entre les champs. Les ménages bénéficient en plus de ses fruits, mûrs vers la mi-août.

Souvent, sur les routes, des enfants proposent aux automobilistes de passage des "bidons" remplis de ces fruits qu’ils cèdent pour quelques dinars. C’est une source d'appoint financier pour nombre de familles démunies et une bonne occasion de se faire un peu d’argent de poche pour d’autres gamins.

"J’en ai vu en vente quand j’étais en vacances à Béjaïa. C’est un fruit que j’aime bien, mais je n’en ai pas encore acheté", nous dit Lies qui se rappelle que sa grand-mère le mettait en garde contre la constipation que la consommation exagérée de ce fruit peut provoquer.

Madjid invoque quant à lui sa belle-mère : "Elle avait acheté un plein sachet de figues de Barbarie épluchées qu’elle a mis au frais dans le frigo. J’en ai mangé et j’ai trouvé cela délicieux. Je n’en avais pas dégusté depuis que j’ai quitté le Maroc en 1996."

"Pourquoi ? Ici, en Algérie, j’ai pris d’autres habitudes. Au Maroc, ce sont des marchands ambulants qui les vendent en chantant « El Hendi, el mouss min ândi wa chouk fi yadi ! »,  ce qui veut dire venez déguster mes figues de Barbarie, c’est moi qui les épluche et qui prend les épines !"

Ces paroles doivent être un succès maghrébin, puisqu’en Algérie, ces marchands entonnaient ce même refrain pour attirer le consommateur. Ils ne le font plus malheureusement. Chaque marchand de fruits et légumes avait son chant propre pour vanter sa marchandise, mais cette tradition s’est beaucoup perdue.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.
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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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