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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Les Marais en Algérie . Focus zones humides en Algérie #4

#4

 

      Marais-Schema-1.JPG

 

 

La Direction générale des forêts (DGF)  a répertorié 19 marais en Algérie.

 


El Oued

El Meghair:

Marais  de Chemora Ain Chikh/  Marais de Plan Sidi Khalil 

Djamaa:

Marais "Plan Ayata"  (Sidi Amrahe)

Reguiba

Marais de Chemora Hamraia

 

Annaba

El Bouni:

Marais Boucedra (El Hadjar) 

Berrahal:

Marais de la Maison Cantonnière. 

 

 

 

El Tarf

Marais Demeat-El-Lil

Ben M'hidi:

Marais de la Mekhada (Bouteldja) / Marais de Bourdim (Bouteldja)

 

 

Béjaïa

Marais de Tamelahth

Tizi Ouzou

Azazga:

Marais Canton Bouchouled (Yakouren) / Marais village Ait-Bouada

 

Jijel

Taher:

Marais de Chekfa/ Marais d'El Kennar (El Kennar)

 

 

 

Oran

Arzew:

Marais de la Macta

 

Mostaganem

Zana Marais de la Macta (Forkana)

 

Mascara

Marais de la Macta (Mohammadia Sig)

 

Ain Temouchent

Marais de Messada

 

 


Naâma 

Marais de la Mekhada


 

 Les sites soulignés ont été classés par la Convention Ramsar.

 Il est possible que certains marais s'étendent sur plusieurs wilayas. 

 


"Les marais, à l’instar des autres types de zones humides, rendent de nombreux services à la Nature et donc à l’environnement de l’Homme. Leur association avec le paludisme n’ont eu de cesse de provoquer leur assèchement par ce dernier au point que dans un pays comme la France, les deux tiers des marais ont été dévastés en à peine cent ans.  A ce propos, les marais de la Mitidja, en Algérie, furent asséchés par les colons français.

Depuis quelques décennies, cette tendance s’est inversée grâce aux études plus approfondies qui ont été réalisées à ce sujet. On reconnait que cette corrélation n’est pas à incomber aux marais, mais plutôt  à leur mauvais entretien. Loin d’être néfastes pour la société des hommes, leurs  bienfaits écologiques, mis en valeur par des activités économiques intégrées à leur préservation et leur entretien,   font des marais de formidables niches de développement durable. Les succès, à ce propos, sont légions à travers le monde. Leur étude ainsi que leur préservation est donc loin d’être futile. Non seulement pour l’environnement mais aussi pour les économies des régions qui les abritent. C’est donc un domaine que l’Algérie, pays de zones humides, doit apprendre à maîtriser…


La définition la plus courante de ce type  zone humide est la suivante : " Un marais  est un type de formation paysagère au relief peu accidenté, où le sol est recouvert, en permanence ou par intermittence, d'une couche d'eau stagnante, en général peu profonde, et couverte de végétations. »


La végétation y est constituée d’espèces capables d’évoluer en milieu humide. Elle peut varier en fonction de la hauteur de l’eau, de la fréquence des périodes d’assèchement, ainsi que de leur taux de salinité. On distingue généralement  comme espèces dominantes dans les marais les roseaux (poacées), les massettes (typhacées), les joncs (joncacées ), le carex (cypéracées ) mais également d’autres plantesherbacées et aquatiques, de même que des plantes ligneuses basses. On a coutume de les  distinguer  d’une mangrove, dominée par des arbres plutôt que des herbes et d’un étang qui sont beaucoup moins profondes. Certains marais sont constitués d’eau saumâtre ; on les appelle alors « marais salés » ou bien encore « marais salants »  (...)


Véritable mosaïque d’écosystèmes à cheval entre la terre ferme et l’eau, les marais offrent abris, habitats, aires de repos et nutrition à une grande variété d’espèces animales, d’insectes et d’organismes microscopiques. Ce sont des chaudrons forts prolifiques  d’une biodiversité aussi rare que variée qui se distingue en fonction des particularités géographiques et climatiques des régions qui les hébergent. Lesreptilesles batraciens, les poissons ainsi que les oiseaux  et mammifères terrestres et amphibiens  sont les plus communément observées dans les marais. Une multitude d’insectes, surtout en zone littorale, apprécient ces zones humides ce qui peut parfois causer quelques sérieux désagréments pour l’Homme quand il s’agit de redoutables moustiques !


Il est utile de rappeler, pour conclure cette première partie que chaque marais est en quelque sorte unique;  on ne peut pas établir une liste  générale  vraiment précise de la faune et la flore présents ces lieux magiques qui, il n’y a pas encore de cela si longtemps considérés comme maléfiques et ont souvent inspirés contes et légendes à travers le monde.

 

                Marais-Schéma 2

 

 

Pourtant beaucoup des bienfaits des marais pour la nature ont des avantages pour l’Homme et peuvent participer au développement économique et social des régions où ils se situent.

Les marais sont très utiles à la pêche.  Ce sont des "nourriceries" pour une quantité de larves de poissons sédentaires ou migrateurs. En zone littorale, les larves de juvéniles de crevettes ont besoin de ces derniers pour évoluer. On considère qu’entre 60 à 90 % des poissons de mer, ayant une valeur commerciale, dépendent des marais et des estuaires côtiers pour au moins une partie de leur cycle de vie. Ils jouent donc un rôle prédominant dans l’activité de la pêche. Ce sont également des sites intéressants pour l’élevage des poissons d’eau douce et saumâtre.


Dans les  prairies de marais pousse une herbe très utile pour les éleveurs   car sa  qualité    ainsi que sa production  ne peuvent être altérées par des submersions hivernales plus ou moins prolongées. Ce que les terres cultivées ne peuvent pas supporter. Elles permettent  de produire de l’herbe pour la saison de pâturage, de réaliser des stocks fourragers (ensilage, foin) pour l’hiver, de servir de «garage à bestiaux». Elles peuvent  réduire la charge de travail, car elles  ont des clôtures «naturelles» (les fossés) et limitent ainsi  les besoins de surveillance du bétail. En fonction de la localisation des parcelles, des élevages et des différentes catégories d’animaux  ces fonctions  ne sont pas les mêmes. Par exemple, pour l’élevage bovin, les parcelles éloignées ou difficiles d’accès sont généralement réservées à la fauche ou aux pâturages par des génisses, des vaches allaitantes ou bien encore des vaches de réforme.


Les marais jouent dans la nature à peu près le même rôle que les reins pour le corps humain. Ils participent au maintien et à la mise en valeur de l’eau en agissant comme un filtre épurateur physique et biologique. En favorisant les dépôts de sédiments, la capture d’éléments toxiques tels que les métaux lourds ; grâce à la dégradation biochimique  par les  bactéries qui s’y développent ; ou bien par le stockage  et l’absorption effectués par la végétation  de substances polluantes tels que les nitrates, les phosphates, certains pesticides ainsi que les métaux.  Ce service est inestimable et fait réaliser d’énormes économies de fraisainsi que  de technologies aux régions qui les abritent. De plus, l’étude de ces phénomènes permet de faire de grands progrès dans le traitement non chimique des eaux usées.


Au même titre, les marais améliorent et maintiennent la qualité des nappes situés en dessous d’elles. Ils participent ainsi à l’alimentation en eau potable pour la consommation domestique, agricole et même industrielle.


Les marais réagissent comme des éponges face aux inondations. Pour peu qu’ils  ne soient pas saturées en eau, ces sites naturels ralentissent le ruissellement des eaux pluviales ainsi que le transfert immédiat des eaux superficielles vers les fleuves et les rivières en aval. Ils absorbent donc momentanément les surplus d’eau qu’ils restituent  par évaporation lors des saisons de sécheresse.  Ainsi l’intensité des crues diminue et les cours d’eau maintiennent à peu près  leur débit en période de basses eaux.


Les marais peuvent influer sur la régulation des microclimats dont ils sont dépendants et atténuer ainsi les effets pervers  de la saison sèche au bénéfice de certaines activités agricoles.


D’un point de vue touristique, les marais offrent de nombreux attraits, au regard des formidables découvertes naturelles qu’elles proposent. Leur mise en valeur touristique peut être à l’origine, comme pour le site des  Marais du Poitevin (France) qui a été reconnu zone touristique européenne d’excellence en 2010.

 

 

                Marais-Schema-3.JPG

 

           

                    Marais-Schema-4-JPG

 

Protéger et étudier les marais en Algérie est donc plus qu’un luxe pour la société algérienne, c’est une nécessité pour lui assurer un développement économique et social  sain autant que soutenable." 


Dossier réalisé par Karim Tedjani. 

Illustrations de   Philippe Veillon (Pvg Environnement) spécialement pour NOUARA

Un grand merci ainsi qu'une longue vie à son bureau d'étude environnemental...


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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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abdelaziz saoudi 02/04/2013 12:32


La zone humide de Jijel est située à Beni Belaid


Ci-joint un site qui l'évoque: http://www.jijel.info/content/mise-en-valeur-de-la-zone-humide-de-beni-bela%C3%AFd


Encore merci pour votre travail


Saoudi

Karim Tedjani 02/04/2013 12:40



Bonjour, merci pour cette info. Nouara ambitionne de consacrer de nombreux articles sur les zones humides, et ce par type. Cet article est reservé cette fois-ci aux marais dont Jijel en abrite
deux ...