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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

«Les quantités de carburant qui seront importées en 2012 atteindront 2 millions de tonnes pour le gasoil et 500.000 tonnes pour l'essence» par

L'Expression - Le Quotidien

L'Algérie importe 75% des besoins des entreprises et des ménages, et en parallèle elle exporte une seule ressource (98%), les hydrocarbures.

Mais après transformation, ces mêmes hydrocarbures sont... importés. L'Algérie est incontestable-ment le pays de tous les paradoxes. Parmi les 20 plus grands producteurs de pétrole au monde, le pays importe du carburant en grandes quantités! Le groupe Sonatrach vient d'annoncer qu'il prévoyait d'importer 2,5 millions de tonnes de carburant, dont deux millions de tonnes de gasoil en 2012. «Les quantités de carburant qui seront importées en 2012 atteindront 2 millions de tonnes pour le gasoil et 500.000 tonnes pour l'essence», a souligné le P-DG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, à l'issue d'une visite dans la wilaya de Skikda.

Cette annonce qui paraît des plus incroyables, ne l'est pourtant pas! Les importations algériennes de carburant ont explosé ces dernières années, enregistrant des hausses fulgurantes. Elles ont progressé de 77% en 2011 à 2,3 millions de tonnes contre 1,3 million de tonnes en 2010. Une tonne de gasoil... Les importations de gasoil, carburant très prisé pour son prix bas et pour ses utilisations dans l'industrie et l'agriculture, passera ainsi de 1,3 million de tonnes en 2011 à 2 millions de tonnes en 2012, ce qui équivaut à une augmentation de 700.000 tonnes. Néanmoins, Sonatrach défend ses importations de carburants en expliquant que la valeur de l'importation du gasoil n'est pas très importante puisque «on exporte du brut en échange de ce carburant», a expliqué un responsable de la Société nationale des hydrocarbures.

Pour une tonne de gasoil importée, Sonatrach exporte l'équivalent de 3 tonnes de pétrole de brut, ce qui fait que la différence à payer par Sonatrach n'est pas très importante, selon lui. Les importations de gasoil et d'essence en 2011 ont représenté une valeur de 2 milliards de dollars, selon les chiffres déjà fournis par le groupe. D'exportatrice, l'Algérie est donc devenue importatrice. Les carburants ne sont pas les seuls produits pétroliers importés par l'Algérie. Elle importe également plus de 50% de ses besoins en lubrifiants (huiles moteurs et graisses industrielles), environ 90% de ses besoins en bitume (routier et oxydé pour le bâtiment). Elle importe 100% de ses besoins en polymères (plastiques)...

Pour répondre à la demande sans cesse croissante en produits pétroliers, l'Algérie a lancé un programme de réhabilitation de ses trois raffineries (Arzew, Skikda et Alger) avec l'ambition d'en construire également quatre nouvelles d'une capacité de 20 millions de tonnes/an, a précisé M. Zerguine lors de cette même visite d'inspection à la raffinerie de Skikda, la plus grande du pays avec 15 millions de tonnes de brut raffiné/an. L'Algérie compte élever ses capacités de raffinage de 22 millions de tonnes actuellement à 42 millions de tonnes dans cinq ans et à 52 millions de tonnes à long terme, selon lui. La construction de raffineries aurait changé la donne;

L'avancement des travaux de réhabilitation de la raffinerie de Skikda par le sud-coréen Samsung Engineering pour un montant de 2 milliards de dollars a atteint un taux de 87% à ce jour. La modernisation de cette usine devrait augmenter ses capacités de raffinage de brut de 10% pour passer de 15 à 16,5 millions de tonnes par an et préserver son outil de production pour les trente prochaines années, selon Mme Zoubida Benmofek, directrice division raffinage au groupe Sonatrach. Selon la même direction, le programme de réhabilitation des raffineries va permettre de porter la capacité de traitement de Sonatrach à 25 millions de tonnes de pétrole brut et 5 millions de tonnes de condensat, soit globalement près de 30 millions de tonnes/an.

La production de gasoil sera assurée par une quantité supplémentaire de plus de 3 millions de tonnes/an qui va renforcer la production globale du groupe à 10 millions de tonnes. Pour l'essence, la production passera à plus de 4 millions de tonnes et l'essence sans plomb sera produite à partir des trois raffineries. Actuellement, seule la raffinerie de Skikda est en train de le faire. Cependant, la construction de nouvelles raffineries reste encore à l'étape «ambition». Ce qui veut dire en langage plus clair, ce n'est pas demain la veille qu'elles verront le jour! Or, la construction de ces raffineries a déjà connu un retard considérable qui aurait pu nous éviter non seulement de recourir à l'importation mais de connaître des crises telles que celle qu'a connue le pays en début d'année.

L'achèvement de la raffinerie de Bejaia début des années 1980 (usine payée d'ailleurs à hauteur de 75% de la totalité de sa valeur) aurait bien changé la donne... Mais la politique en a décidé autrement... Initialement prévue à Béjaïa, cette raffinerie a été délocalisée à Aïn Témouchent avant d'atterrir à Tiaret pour tomber dans les oubliettes! Imaginez un peu, s'il venait à se poser un problème dans les raffineries qui nous fournissent en carburant ou alors un incident dans les importations, l'Algérie ne se retrouverait-elle pas complètement paralysée à cause de sa dépendance de l'étranger! Finalement, l'Algérie importe tout, elle importe 75% des besoins des entreprises et des ménages, et en parallèle elle exporte une seule ressource (98%) à l'état brut ou semi-brut, les hydrocarbures. Mais après transformation, ces mêmes hydrocarbures sont... importés! Attention, la dépendance est dangereuse pour la santé économique et financière du pays.

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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