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Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Les ratés de Suez dans l’alimentation d’Alger en eau potable" par Aïssa Bousboula (le Maghreb Emergent)

rit par Aïssa Bousboula    Mercredi, 08 Août 2012 12:28    PDF Imprimer Envoyer
Les ratés de Suez dans l’alimentation d’Alger en eau potable

Les coupures d’énergie électrique perturbent le fonctionnement du réseau d’eau potable

 

 

Les coupures d’eau se multiplient dans de nombreuses communes de la périphérie d’Alger, rappelant la situation de pénurie du début du siècle. Ces incidents, qui se banalisent, contredisent les bilans élogieux publiés par SEAAL, la société qui gère l’eau à Alger, elle-même dirigée par des experts de Suez. Avec la canicule et le Ramadhan, les coupures d’eau et d’électricité constituent un cocktail dangereux.

 

 

 

Après les coupures d’électricité, Alger a renoué avec les coupures d’eau. De nombreux quartiers subissent en effet des difficultés dans l’alimentation en eau potable depuis le début de l’été. Sous l’effet de la canicule, la consommation a encore connu un bond depuis début aout, révélant des insuffisances qui démentent le discours rassurant des dirigeants de SEAAL, la Société des Eaux et de l’Assainissement qui gère Alger depuis sept ans.

Selon nos informations, les abonnés d’une dizaine de communes de l’Algérois n’ont pas d’eau potable en H24. Dans certaines communes, on parle même de « sérieuses difficultés » dues à de longues coupures.  Les zones qui subissent une distribution aléatoire, avec des coupures quotidiennes, couvrent toute la ceinture de la périphérie d’Alger. A l’est, Bordj El-Kiffan, Aïn-Taya, Dergana et Heraoua subissent des restrictions qui durent plusieurs heures. Bordj El-Kiffan est même qualfié de « point noir », selon un employé de SEAAL. A l’ouest, Zéralda, Mahelma, Cheraga, Bouchaoui sont soumises aux mêmes difficultés. Mêmes problèmes également à Draria, Baba hassan, Sehaoula, Kheraïcia, et une partie de Birkhadem, au sud-ouest d’Alger. De Bab El-Oued à Hussein-Dey, en passant par Hydra et Bir Mourad raïs, la distribution reste toutefois correcte.

Signe de ces difficultés qui s’accumulent: le 1594, le fameux numéro du CATO, le Centre d’Appel téléphonique de SEAAL, est difficilement joignable. Il faut parfois plusieurs minutes pour avoir une réponse d’un opérateur, tant les réclamations sont nombreuses.

Ces résultats jettent une ombre sur le contrat conclu en 2005 avec le français Suez, et renouvelé il y a deux ans, pour la gestion de l’eau potable et de l’assainissement à Alger. Le contrat prévoyait la création d’une nouvelle entreprise, SEAAL, détenues à parts égales par l’Algérienne des Eaux (ADE) et l’Office National de l’Assainissement (ONA), et dont la gestion serait confiée à des cadres de Suez, une vingtaine au total. Au terme du contrat, Suez était rémunéré à hauteur de 120 millions d’euros, avec de nombreux objectifs, dont celui de parvenir à une distribution de l’eau potable en H24 à Alger au bout de cinq ans.

A l’expiration du contrat, une mission d’audit avait été confiée à une entreprise algérienne, CTH, pour vérifier la bonne exécution de l’accord. La mission avait révélé une série d’insuffisances, touchant aussi bien la distribution, la production, la rénovation du réseau que son bon fonctionnement. Sur les dix volets passés en revue, les enquêteurs avaient émis des réserves sur presque tous les chapitres, mais le rapport final a été édulcoré pour permettre de renouveler le contrat avec Suez.

 

SEAAL gère l’abondance

 

A côté de l’objectif du H24 non réalisé, le bilan a été en deçà des attentes dans des domaines aussi variés que la rénovation du réseau, l’assainissement, la pose de compteurs et le volet commercial, nous dit un ingénieur qui a requis l’anonymat. Pourtant, dit-il, SEAAL a bénéficié de financements conséquents pour atteindre ces objectifs. Le contrat prévoyait des investissements près d’un milliard d’euros chaque année.

SEAAL s’est contenté de ces résultats mitigés malgré l’abondance des ressources. Grâce au barrage de Taksebt et à l’eau provenant des stations de dessalement, Alger reçoit actuellement 1.2 millions de mètres cube par jour, contre la moitié avant l’avènement de SEAAL. Malgré ces résultats en demi-teinte, SEAAL a obtenu la gestion de l’eau potable à Tipaza et négocie actuellement la gestion de l’eau potable à Blida.

« SEAAL gère l’abondance. Avant de prendre en charge une ville, elle exige et obtient une augmentation importante des ressources, comme cela s’est passé à Alger et Tipaza, et bientôt à Blida », affirme un ingénieur qui vient de prendre sa retraite.

A la décharge de SEAAL, souligne-t-il toutefois, les coupures de courant électrique sont à l’origine d’une partie des problèmes de distribution d’eau potable à Alger. Les coupures d’énergie, fréquentes, perturbent sérieusement le réseau. Il est ensuite très difficile de rétablir la situation quand les coupures sont courtes, dit-il. Mais quand les coupures durent plusieurs heures, comme cela se passe dans les communes périphériques d’Alger, la situation devient ingérable.

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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