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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Les sources d'energies les plus utilisées dans le monde sont-elles vraiment les moins chères à exploiter?" par Karim Tedjani

 

Un des  arguments  récurents des partisans  du "tout gaz-pétrole ", qui sont d'ailleurs  les principales sources d'énergies exploitées sur la planète,  est que le coût de ces dernières   s'avère  très inférieur à celui des énergies dites "renouvelables" ou "propres". Il en va de même du nucléaire, à en croire  les spécialistes revendiquant l'intérêt financier  pour un pays, comme la France, leader mondial dans le domaine, de persister dans l'utilisation de cette technologie.

Si l'on se contente de considérer le prix de production ainsi que de distribution  de ces ressources énergétiques, il est clair que c'est un fait qu'il est difficile de récuser pour l'instant; ce qui, au fond, condamne les énergies renouvelables telles que le  photo-voltaïque, l'éolien ainsi que  les carburants et les  gaz bios  à un rôle anecdotique dans le système énergétique de bien des pays de notre si belle planète.

Il y a bien des cas isolés, comme le Brésil, qui revendique, notamment sur le site institutionnel "About Sugar Canne" l'utilisation de l'éthanol, appelé aussi "pétrole vert", comme étant son principal moyen d'atteindre une salutaire autonomie énergétique. Mais, il faudrait consacrer un article entier afin de discuter sur, non seulement la légitimité de considérer cette ressource  comme une "énergie renouvelable" mais aussi, sur la pertinence de la qualifier de totalement "non polluante". En effet, quand on sait l'appauvrissement des terres cultivables que génère la mono-culture industrielle de la canne à sucre (comme toutes les monocultures d'ailleurs) ainsi que les périls que fait encourir cette exploitation massive  sur le patrimoine forestier ainsi que la surface de  terre arables d'un pays, il est justifiable d'en douter et de vouloir étudier plus en profondeur ce sujet avant d'attribuer à ce type d'énergie les qualificatifs de "propre" et de renouvelable.

Car, à mon humble avis, il faut appréhender le problème des énergies, ainsi que de leur prix de revient d'une façon plus systémique que ne l'abordent souvent  beaucoup  de leurs partisans.

En effet, si le pétrole, le gaz et le nucléaire  sont les sources d'énergies  les moins coûteuses, au regard  des moyens qu'il faut mettre en oeuvre pour exploiter ces ressources, il serait bien imprudent de ne pas se pencher sur les "frais annexes" ainsi que les dégâts collatéraux  qu'il faut indexer à l'exploitation de ce type d'énergie.

Prenons, dans un premier temps, le cas de celle du  pétrole  qui est  considérée comme la moins coûteuse et,  faisant  ainsi de cette énergie fossile  la pierre angulaire de tout le système énergétique mondial. C'est justement ce fait avéré qui génère bien des tensions à travers notre planète car ce n'est pas une ressource infinie et disponible partout dans le monde. Nombres  de guerres, de tensions géopolitiques ont  pour origine des intérêts purement pétroliers. Combien de pays vampirisés et freinés dans leur développement , de  villes ravagées, de vies détruites afin que les ressources pétrolières restent dans les mains d'un sinistre "happy few" mondial qui, au fond sont les seuls vrais bénéficiaires de cette exploitation des énergies fossiles. L'histoire secrète du pétrole n'est qu'une longue liste d'intrigues, de guerres plus ou moins officielles, de coup d'état foireux, de soutien des "démocraties" dirigeantes à des despotes sanguinaires soutenus par  des élites vampiriques afin  que le pétrole grouillant  sous le sol de certains pays producteurs reste disponible au reste du Monde à un prix "peu élevé". Le pétrole n'est pas seulement une source d'énergie, mais aussi c'est aussi une source de puissance dont un des lourd tribu se compte en vie humaines pour peu que l'on arrête de se voiler la face.

Que dire des marées noires qui sont la conséquences du naufrage de certains super tankers pétroliers?Leurs incidences sur l'économie et les écosystèmes des pays dont les côtes sont victimes est considérable. Ne pas tenir compte de ce facteur serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle... Tout cela génère des frais qu'il faut directement incomber à l'exploitation du pétrole...

Enfin, doit-on occulter la prolifération des maladies respiratoires, des cancers, des maladies de la peaux qui sont directement liées à l'utilisation ainsi que l'exploitation de cette énergie fossile? Les agglomérations, périphériques à des infrastructures de forage et de raffinement de cette source de carburant sont les plus touchées. Je tiens ici à saluer le combat de l'association Bariq 21 dont le président, Mohamed Tabbouche n'a de cesse de dénoncer les impacts néfastes que subissent les habitants de la ville de Skikda en Algérie où se trouve un des fleurons de l'industrie pétrochimique dans notre pays, l'Algérie. Là encore, ces conséquences ont un coût non négligeable sur la santé publique des citoyens du Monde entier.

Il ne faut donc pas seulement faire du prix du baril la  seule valeur référentielle pour juger du coût réel de l'exploitation du pétrole à l'échelle mondiale , mais bien tous ces autres facteurs que j'ai évoqué précedement, (sachant qu'il doit sûrement en exister d'autres) pour se permettre d'affirmer que c'est l'énergie la moins coûteuse. A moins de consider  que la vie humaine n'est pas une une richesse; que la biodiversité n'est pas précieuse...

Il en va de même, à vrai dire pour le gaz, qu'il soit naturel, butane ou bien encore de schiste. En effet, il suffit de voir, par exemple, les conflits armés qui sont en relation   avec  l'exploitation de certains gisements ou bien aux parcours de certains oléoducs. Les accidents domestiques, les empoisonnements au monoxyde de carbone, la pollution de nombreux sites naturels sont autants de dégats collatéraux qui pèsent sur la vie des citoyens du monde et, là aussi, ce serait mépriser la vie humaine et le reste de la biodiversité que de ne pas considérer que tout cela a aussi un prix...

Le cas du nucléaire est assez similaire, il suffit de voir les énormes tensions qui apparaissent quand un pays qui ne fait  pas partie des "nations bien pensantes" se décide à en faire l'exploitation; d'autant que la tentation de dévelloper les utilisations militaires de ce procédé est difficile à éluder car l'énergie nucléaire est aussi une source de puissance et d'indépendance internationale. De plus, le cas de la centrale  Tchernobyl, dont l'accident a encore de nos jours des incidences sur l'environnement et la santé publique mondiale, de même de celui de Fujikama, dont nous ne savons pas encore à quel point il pèsera sur ces dernières, laissent à penser que, là aussi, il y a un prix à payer qui dépasse de loin la recherche et la technologie...

Ainsi, si ces coût n'apparaissent pas sur nos factures énergétiques domestiques, si nous avons la chance de pouvoir disposer d'energie ( du moins pour les pays développés et en voie de développement) à un prix pour l'instant assez raisonnable, il serait bon de s'interroger sur leur coût réel pour l'Humanité.

Le caractère non renouvelable et polluant du pétrole ainsi que des gaz ou bien l'aspect périlleux du nucléaire génèrent  des tensions et des impacts néfastes qui sont sources de dégâts humains et matériels qui  ne sont pas seulement quantifiables en valeur monétaires. Il faudrait, il me semble, garder cela en tête avant de condamner les énergies renouvelables que nos dirigeants, à travers toute la planète tardent à développer.

Bien entendu, tout n'est pas noir ou blanc, j'ai, au début de cette article, évoqué le cas du pétrole vert pour suggérer qu'il faudrait aussi aborder ces énergies de façon systémique, c'est à dire de prendre en compte toutes les conséquences de leur exploitation pour en justifier l'intérêt.

 L'énergie photo voltaïque, les éoliennes ont leurs détracteurs et il serait malhonnête de ne pas tenir compte de leur doléances à ce sujet. A vrai dire, moi qui ne suis qu'un simple citoyen du monde, un Algérien de France dont la double culture me permet d'appréhender les choses des deux côtés de la barrière invisible " Nord-Sud" qui semble séparer les civilisations, je pense qu'aucune énergie n'est à développer de façon exclusive. Comme  dans la Nature , il faut penser que la diversité est la plus grande source de richesse au Monde et, comme elle, régler chaque problème de façon plus locale que globale. Chaque pays, chaque ville, chaque village est un cas particulier auquel il faut apporter des solutions énergétiques variées et complémentaires comme le fait notre Biodiversité qui se développe en espèce et sous espèces afin de s'adapter à tous les défis que la Nature lui impose de relever depuis des millénaire. Les énergies qui ne sont pas renouvelables et celle qui le sont doivent se compléter, comme une agriculture variée est toujours plus efficace sur le long terme qu'une  mono-culture intensive....

 

Karim Tedjani pour "Nouara-algerie.com"

 

 


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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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