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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Les trésors cachès de l'Algérie" (Ou comment un aigle royal a été sauvé par de simples citoyens) par Karim Tedjani

Pour beaucoup de ceux qui ne connaissent pas vraiment l'Algérie, et ils sont bien trop nombreux encore, la principale richesse de ce pays réside essentiellement dans ses grandes ressources pétrolières et gazolières.Il faut dire qu'au regard des bénéfices conséquents que ces industries génèrent, du développement économique  de cette nation largement polarisé sur l'exploitation des energies fossiles, il est difficile de ne pas adhèrer à cette croyance.

Cependant, pour peu qu'on prenne  la peine de chercher et surtout de se rendre sur place, il est possible de voir les choses sous un  tout autre angle et de se rendre compte que la plus value de ce pays n'est pas forcement là où on l'attend.

 J'aimerais, d'ailleurs, afin d'illustrer cette affirmation, vous faire part d'une  belle histoire dont j'ai été non seulement le témoin, mais aussi par un heureux hasard, un des protagonistes.

Il y a de cela près d'un mois, un jeune aigle royal bléssé  fut récupéré par un particulier (dont le nom ne m'a pas été communiqué) dans la commune de Guamass (wilaya de Constantine) au niveau de Mérij.

Ce dernier a eu la présence d'esprit de contacter l'association "El Mebdoue" , qui active dans la commune voisine de Ibn Ziad, afin de prendre en charge la convalescence de ce pauvre animal. Mr Kaarali, ingénieur forestier à la retraite et membre du bureau de cette association, se rendit sur place pour récupérer le jeune rapace et le conduire chez le jeune Redouane Belmoures qui réside dans le village de Aneb, juste au pied du mont Zwaoui (Ibn Ziad). Ce dernier, est un grand amoureux des rapaces dont sa région est un sanctuaire . Dès que son emploi du temps le lui permet, il arpente les falaises du mont Zwaoui afin de les observer . De plus, au fil du temps, il a appris à les soigner. C'est ainsi qu'il participa au sauvetage d'un faucon qui s'avéra être un franc succès.(pour en savoir plus cliquez ici) 

Cependant, au regard de l'état critique de la santé de cet aigle royal, et ce après un mois de soins, Redouane du admettre que cette fois ci l'assistance de soigneurs chevronnés était nécessaire afin de sauver le jeune rapace.

Aussi, il fut décidé, en accord avec les membres de l'association "El Mebdoue" de confier l'animal blessé au bon soin des vétérinaires du centre animalier de Jijel. Ainsi, Mr Ali Bouatamina, président  de l'association ,  prit l'initiative de contacter cet établissement et de leur demander de prendre en charge le jeune aigle royal. Cependant, le parc animalier ne disposant pas des moyens adéquats pour venir le assurer le transfert de ce dernier, Mr Kaarali, égal à lui même, se proposa de se charger du transit. Un ami de l'association, le généreux Boufelghet Chouaïb,  mit son véhicule à la disposition de cette entreprise fort louable . Ce dernier, photographe de presse de professioneune èreun amoureux de la nature et une personne d'une rare gentillesse. De plus, Chouaïb connaît parfaitement la région et le parc de Jijel.

La veille du départ pour Jijel, je me trouvais dans le village de Aneb, afin de réaliser un documentaire photo (à paraître très prochainement) sur le mont Zwaoui. Une fois de plus, l'association "El Mebdou3a" se chargea de mon séjour et Rédouane fut mon guide ce jour là. Dès que j'eu vent de cette histoire, je ne pu bien entendu pas résister à l'envie de participer à cette aventure. D'autant que j'avais toujours rêvé de connaître cette Jijel dont nombre d'algérien(ne)s m'ont vanté le savoir faire culinaire ainsi que la beauté de ses côtes.

Ainsi, après un agréable voyage dont les paysages resteront à jamais inscrits dans ma mémoire, nous arrivâmes le 21 mars à 12h15 au parc animalier de Jijel.

Nous fumes accueillis, selon la tradition algérienne, avec un enthousiasme des plus chaleureux et sincère. D'autant que le parc zoologique de Jijel ne disposait pas d'un spécimen d'aigle royal. Ce dernier fut très vite pris en charge par le staff de cet établissement dont la notoriété ne cesse de croître.En effet, "depuis l’été 2006, date d’ouverture du parc au public, et jusqu’au 30 avril dernier, cet espace a enregistré 1 651 738 visiteurs, comparativement à 138 192 en 2006. Ce nombre a grimpé à 317 753 l’année suivante pour atteindre 409 634 en 2008. L’année dernière, la tendance haussière n’a pas été démentie puisqu’il a été enregistré 673 828 entrées." (dixit El Watan )

La directrice du parc nous reçu dans son bureau et il est a souligner l'extrême gentillesse et compétence de cette dernière que je tiens à saluer au passage....

 

Mr Messaoud Bouchouit, ingénieur en zoologie, nous  proposa de me faire une rapide visite des lieux avant notre retour et bien entendu nous acceptâmes avec plaisir.

Personnellement, je n'ai jamais été un grand adepte des zoos, préférant voir les animaux sauvages en liberté, mais ce jour là, je fut agréablement surpris par le professionnalisme du personnel, la qualité de l'accueil et surtout je pu constater que de nombreux spécimens se reproduisaient en captivité dans cet établissement, ce qui est un très bon indice sur les efforts mis en place pour favoriser l'acclimatation à la vie en captivité des pensionnaires  du parc zoologique de Jijel.

Nombre des employés du zoo avec qui j'ai eu le privilège de m'entretenir, m'ont parlé de leur ancien patron, le Wali  Mr , Ahmed Maabed, qui non seulement fut l'initiateur de ce projet, mais en assura la pérennité tout au long de son mandat avec une passion qui a laissé ici une empreinte indélébile...Soulignons au passage que sa présence à la wilaya d'El Tarf, où se trouve le parc d'El Kala, présage de bonnes choses pour l'avenir et la régenération de ce haut lieu de la Nature en Algérie.

Mr Kaarali, le plus vaillant et passionné des écologistes que je connaisse en Algérie, insista sur le fait que les vétérans doivent  absolument assurer leur succession avant leur départ pour la retraite, ce qui me parut être une recommandation plus qu'avisée.

 

Ainsi, sur le retour, empli d'une profonde satisfaction et content d'entendre mon ami Mr Kaarali me dire qu'une "épine [lui avait été] enlevée du pied", je me rendit une fois de plus compte à quel point ce pays porte en son sein des gens d'une grande valeure.

Pour moi, le vrai trésor d'un pays, c'est l'humain et il y a tant d'algériens comme Mr Kaarali , les membres d'El Medoue, Redouane, Chouaïb ainsi que tout le personnel du parc zoologique de Jijel qui méritent le plus grand respect. D'autant que souvent, ce sont des chomeurs, des retraités ou des étudiants qui, sans grands moyens et reconnaissance, veuillent à protèger notre faune et notre flore. Pourquoi l'état ne les soutien pas plus?Cela reste à la fois un mystère ainsi qu'une grande déception pour moi. Il y a pourtant tellement d'emplois, de formations, de niches économiques à créer dans ce secteur que toute personne intelligente sait être d'Avenir...

Quand le pétrole et le gaz s'épuiseront, j'espère que cette tradition de générosité, de respect de la vie , d'hospitalité persisteront encore pour longtemps. C'est l'héritage d'un Islam qu'on oublie avant tout altruiste et tolérant quin intègre la préservation de la Nature parmi ses valeures primordiales.

 

C'est une journée comme celle là ,et bien d'autres que j'ai passées en Algérie, qui me font affirmer sans la moindre hésitation que le vrai trésor de l'Algérie ce sont les algérien(ne)s ainsi qu'une Nature sauvage d'une rare beauté qu'il faut absolument préserver.

 

Karim Tedjani pour "Nouara, le portail de la Nature et de l'écologie en Algérie".

 

Ps: un album photo est à paraître très prochainement...patience!

 

 

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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