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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Pourquoi j'ai crée le "portail Nouara"? par Karim Tedjani

 

Il y a de cela cinq mois, j’ai décidé de créer « Nouara, le portail de la Nature et de l’écologie en Algérie ».

Je revenais d’un voyage sur la terre de mes ancêtres (qui n’étaient pas les gaulois) après de longues années d’absence. Jusque là, je ne me préoccupais pas autant de ces sujets et, je n’aurais jamais imaginé à quel point la Nature de mon pays pouvait être mise en danger par la légitime ambition de mes compatriotes de vouloir développer la grande El Djazair.

J’avais gardé le souvenir d’une Algérie  et des Algériens qui respectaient la  nature et qui  étaient fiers de sa beauté incomparable dans toute l'Afrique méditerranéenne..

J’avais, il faut le dire, d’autant plus passé la majeure partie de mes vacances scolaires en zone rurale, dans la wilaya de Skikda, à Guerbes plus précisément. Je me souviens d’avoir vu des vautours, des « toubib el Menten » (perdrix), des « Zierdas » et que la plaine de Msoussa était un havre de paix pour des centaines de chevaux. Mon Algérie était naïve, certes en apparence et pas très développée d’un point de vue "occidenta"l, mais elle débordait de vitalités, d’ingéniosités.

J’allais vite découvrir que cela avait bien changé…

Un aléa du à une mauvaise communication entre moi et la compagnie aérienne chez laquelle j’avais réservé mon vol pour Annaba, m’a fait atterrir à Alger et j’ai dû rejoindre Annaba par autocar. Plus de 600 kms à travers le pays, un voyage que je n’avais  fait  q'une seule  fois et il ya de cela vingt ans.

La première chose qui me marqua, ce fut l’explosion de l’urbanisation et des chantiers tout au long de la route. L’Algérie est en construction, elle affichait  partout  aux abords  de l’autoroute ses ambitions et les grands progrès infra structuraux qu’elle ambitionnait de réaliser .

Et puis, le temps des pénuries, des objets qu’on ne pouvait amener que de France, paraissait n’avoir jamais existé. Une foule de produits manufacturés avait fait leur apparition et le peuple algérien était devenu « consommateur de masse ».  Ma première impression fut largement positive. J’avais aussi la satisfaction d’avoir eu en quelque sorte raison de croire quinze ans plutôt à cette évolution.

 Adolescent, j’avais  essuyé le refus de mes parents, de me soutenir afin que je m’y installe pour y réaliser un projet qui me tenait déjà bien à cœur. Il faut dire que j’étais très optimiste et que le pays était en pleine guerre civile…Il fallait être un peu « fou » comme on me disait, pour voir à ce moment un avenir en Algérie. Pour avoir partagé la vie des gens du douar de Guerbes, j’avais eu l’impression d’avoir été à la source de ce qu’était ce pays et ses habitants. Dans une ferme sans eau ni électricité courante, j’avais rencontré des gens ingénieux, fiers, libres et certains même savants d'une science empirique qui ne s'apprend dans aucun livre.J'avais ainsi une foi aveugle en les capacités de ce pays à aller de l'avant et ce, malgré les obstacles et les terribles souffrance qui ont jalonné son histoire.

  Bref, j’avais été un peu écœuré par le fait que personne autour de moi, qu’ils soient en France ou en Algérie  ne  voulait croire en ce qui semblait être arrivé aujourd’hui. C’est  un peu pour cela que j’avais un peu boudé cette destination pendant prés de quinze ans. Mais dès mon arrivée, j’ai compris à quel point cela m’avais manqué.

  Mais très vite, j'allais déchanter: ça et là, j’ai  vu des déchets domestiques disséminés tout au long de la route et j’ai été frappé par le manque non seulement de comportements civiques de mes compatriotes  mais aussi d’infrastructures pour les aider dans ce sens. Plus j’avançais dans le pays, et plus je me rendais compte que ce « progrès » avait le revers de sa médaille….

Quand je suis arrivé à Guerbes, je n’ai plus vu de vautours, ni de chevaux, et surtout la si belle nature des abords de la première plage était devenue une décharge de bouteilles en plastiques. Le plus dur pour moi a été de voir les propres habitants de Guerbes se comporter en « ennemis «  de leur région. Je ne voudrais juger personne et je sais à quel point leur vie est difficile et que de nos jours se préoccuper de la nature peut être perçu par certains comme un luxe ; voire une lubie. Monoculture, pollution de déchets, pillage des dunes de la baie, surexploitation de la nappe phréatique. Tous ces crimes ont été commis à cause de l’ignorance de leurs impacts par les douari mais aussi des   souvent précaires de vie de ces derniers.

De retour à Paris, je me suis tout d’abord investi dans la création d’un blog dédié à Guerbes ainsi q'à son développement durable , justement parce que j’étais convaincu qu’il fallait aider les Guerbésis à vivre de nouveau grâce à leur nature et donc d’avoir  tout intérêt à la préserver. Ce blog devait être un outil de recherche et de communication pour tous ceux et celles qui désiraient participer à cette aventure. Au bout de trois mois, au fur et à mesure de son élaboration, www.guerbes-algerie.com m’a amené naturellement à réaliser que, s’il fallait agir de façon locale, il était primordial aussi de penser « national ». Je me suis donc demandé s’il existait un site dédié à la protection de la Nature et à l’écologie en Algérie.

J’ai donc,  pianoté sur mon clavier  « l’écologie en Algérie » afin d’interroger le moteur de recherche Google.  J’ai, certes,  pu lire certains articles fort intéressants et souvent pertinents, mais trop peu à mon goût et trop disséminés ça et là sur le web. En ce qui concernait la « blogosphère » (le monde des blogs), mon constat fut que beaucoup trop de blogs étaient  trop centrés sur leurs régions. Ainsi, en élargissant mon champ de recherche par des thèmes corollaires tels que « découverte de l’Algérie », « Faune et flore en Algérie », « tourisme vert et pédagogique en Algérie », ou bien encore « pollution en Algérie » et une bonne centaine d’autres « mots clefs », mes premières impressions furent confirmées : il n’y a pas de coordination apparente sur le net et pas assez d’informations mise à disposition des internautes et ce avec un accès facilité parce que centralisé.

Algérie-pyrénnès.com , Saida Nature, Algérie Découverte, Aquar-Qacentina, le blog de Bariq 21, et tant d’autres, prenaient la parole depuis déjà bien longtemps déjà ….Mais j’ai eu le sentiment que je pouvais apporter ma pierre à  cet édifice de bonnes volontés dont le ciment est une passion profonde pour la nature algérienne ( au propre comme au figuré).

J’ai donc décidé de créer un blog qui aurait  pour vocation, dans un premier temps, de « portail » pour la Nature et l’écologie en Algérie. Je lui choisi le nom de la femme algérienne qui a eu la plus grande influence sur mon amour de ce pays et de ses campagnes: ma grande tante Nouara Latréche qui vit à Guerbes et qui connait tout sur l’Algérie du Tell ainsi que ses richesses naturelles et culturelles.

Pour moi, ce blog  se devait de devenir, au fil du temps et de ses publications, un espace qui mettrait à la disposition de ceux et celles qui ont la volonté de remédier aux dérives environnementales de notre pays ou d'étudier sa Nature; un outil de recherche le plus exhaustif possible.

Ma première ligne « éditoriale » fut de d’abord donner la parole à tous ceux qui avaient déjà écrit, réfléchi  et agi  afin de préserver la nature et l’environnement algérien.  Jusque là, Nouara a été essentiellement une revue de Web qui centralise une foule d’articles, d’études scientifiques et d’autres informations  apparentés  à l’écologie, la Nature  et l’environnement en Algérie. Cinq mois plus tard, je constate que ce blog à accueillit plus de 20000 visites depuis sa création et j’ai pu entrer en contact  avec des acteurs du monde associatif algériens et même devenir membre de l’une d’entre elle (Bariq 21), des journalistes, des étudiants, des entrepreneurs, des scientifiques  et, comme moi de simple citoyens.

C’est un bilan encourageant, même si je suis conscient que ce n’est pas suffisant et que le plus gros du travail reste à venir….Celui d’offrir des articles éditoriaux, réalisé en Algérie et de ne plus se contenter de faire seulement du référencement.

J’ai beaucoup appris cette année en lisant tout ces articles, ces témoignages  ainsi qu'en consultant les sites qui traitent de l’écologie de la nature algérienne. Des gens très passionnés m’ont généreusement envoyés leurs propres recherches afin d’alimenter ce blog et j’ai eu beaucoup d’encouragements. J’ai vraiment envie à présent de venir sur le terrain et de leur rendre hommage en témoignant sur ce blog de leurs  actions.

A présent, je me prépare à revenir en Algérie, cette fois ci pour participer de façon ,je l’espère, plus concrète à la protection de la Nature et plus particulièrement au développement durable de ma région de cœur Guerbes. Ma démarche est juste citoyenne et se veut loin de toute préoccupation idéologique ou  politique. Je suis un citoyen du monde né en France et dont les racines sont en Algérie. A l’heure où, sur le Net,  on parle surtout des différences entre ces deux peuples, j’ai envie de croire en ce qui les rassemble et qu’ils ont autant besoin l’un de l’autre notamment pour relever les défis environnementaux d’aujourd’hui et de demain.

J’aimerais profiter de ce  long billet pour dire un grand bravo à tous ces algériens et algériennes qui croient en l’avenir de leur pays et veille sur sa nature comme Mr Mohamed Tabbouche, le professeur Dr Zaïd Djalila , Mr Abdelouahab Karaali , Mr Mounir Debizet, ou bien encore Mr Ali Birouni ou mlle Natahali Naïmi  qui comme moi vivent  en France et  n’ont pas oublié de veiller sur leur région ainsi que  leur pays. Il y aussi Mr Berrigeaud et  l’internaute le Pèlerin (algérie-pyrénné.com) qui portent aussi beaucoup d’intérêt à ces thème bien qu’ils ne soient pas algériens (en tout cas de nationalité) et enfin le blog "Algérie Découverte" et le blog de Malika.

Je conclurais par dire que Nouara est d’abord le portail de la Nature avant  d'être celui de l’écologie. Parce que je pense que lorsqu’un pays parle avant tout d’écologie, c’est qu’il a trop négligé de veiller sur sa Nature (dans tous les sens du terme « nature »).  L’écologie est un terme de sociétés industrielles qui risquent  d’appartenir à un passé qu’on risque plus tard de voir comme un second Moyen-âge.

Une nouvelle Renaissance est en cours de route, et elle sera écologique ou ne sera pas...

Karim Tedjani.

Le 1 mai 2010 0 St Denis article rédigé pour Nouara-algérie .com

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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sonja 30/11/2010 14:57



Et bien chapeau pour le projet et le besoin de toucher l'esprit et le coeur de ton beau pays. Il mérite largement que tous ces hommes et femmes s'y intéressent avec sérieux, afin d'informer et
encourager les plus motivés à entreprendre quelque chose en terre algérienne. L'Algérienne aussi appartient à notre planète à tous. La rendre propre et l'embellir est du ressort de chacun de
nous. Où que l'on habite et quelle que soit notre attirance personnelle pour un pays. Si tous les hommes se préoccupaient plus de panser et soigner notre planète, ils ne perdraient plus autant de
temps précieux à se tuer mutuellement. L'échologie, la nature sous toutes ses formes est le lien le plus évident pour entrer réellement en paix... Mais qui le sait ?
L'unité sous ce rapport, sans aucune frontière pourrait aboutir à de belles choses.
L'appel n'est pas saisi au bond, car les intérêts très "sonnants et trébuchants" sont les plus forts.
Dommage... car il y  va de notre intérêt à tous de changer notre pensée et notre coeur.
Allez, je quitte, et je reviendrai un autre jour.
Bonne soirée à venir
Sonia



Karim Tedjani 30/11/2010 20:49



Echologie", c'est un terme qui me plait.
Se faire l'écho de la bonne vibration qui émane malgré tout de cet univers.Notre histoire, celle de l'homo-sapiens, comme celle de l'homo cyber qui se profile ne seront somme toute qu'une 
parenthèse (celles des petites entreprises) dans le déroulement infini des  Grandes Choses de la Vie .
Cette planète se regénèrera et qui sait, on oubliera même un jour que nous avons existé.
La Lumière dans ce monde me parait souvent si  obscure, certes, mais pas absolument sombre.
GARDONS ESPOIR.