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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Quelle économie pour la Kabylie ? : 3ème partie , l'agriculture" par Par Bouaziz Ait Chebib(Tamurt info)

 

L’agriculture

3eme partie

Avec un climat sec en été, pluvieux et froid en hiver et un potentiel considérable en ressources hydriques, les terres de Kabylie sont exceptionnellement adaptées à l’agriculture de montagne mais aussi à tout autres formes d’agricultures, puisque l’index de valeur du sol des plaines kabyles est de loin supérieur à celui de beaucoup de pays du sud de l’Europe . L’olivier, le figuier et le cerisier connaissent une forte concentration dans la région depuis des siècles. Ajouter à cela, les cultures maraichères, céréalières et des élevages de toutes sortes qui sont des activités pouvant être facilement développées. La viticulture peut aussi connaître son essor en exploitant les prairies (izughar) de manière à assurer une bonne production de raisin de table et produire et exporter des vins de haute qualité.

05/08/2012 - 00:30 mis a jour le 05/08/2012 - 09:58 par Bouaziz Ait Chebib

   

La Kabylie dispose d’un potentiel agricole d’une grande valeur dont l’essentiel est situé dans la vallée du bas Isser (wilaya de Boumerdes), la vallée du Sibaou (50km de longueur), la vallée de Draa El Mizan, la plaine côtière d’Azzefoun (wilaya de Tizi ouzou) , la vallée de la Soumam ( plus de 80 km de longueur) et les plaines côtières (Béjaia), périmètre de M’chedallah : 1.600 ha (Bouira). Nous avons des preuves que ces vallées actuellement abandonnées ont donné dans le passé même avec des moyens de production rudimentaires, des rendements céréaliers qui dépassent largement certaines régions européennes classées à vocation céréalière au même titre que les autres pays du pourtour de la méditerranée comme Israël, Maroc Espagne, etc..

Il y a une quinzaine d’années, une étude du CREAD (Centre de Recherche en Economie Appliquée pour le Développement), examinait la croissance de la production agricole dans la wilaya de Tizi-Ouzou de 1984 jusqu’au début des années 1990 et faisait ressortir qu’à la faveur d’un programme d’intensification des productions stratégiques, comme les céréales, les légumes secs et la pomme de terre, mis en œuvre par le ministère de l’agriculture en 1980, plusieurs régions ont été choisies, en raison des aptitudes appréciables agro-pédologiques dont elles disposent, pour devenir le lieu d’implantation du programme de reproduction de semence de pomme de terre. C’est la wilaya de Tizi Ouzou, plus particulièrement la vallée du Sebaou (s’étalant de Draà Ben Khedda jusqu’aux plaines de Fréha sur une distance d’une cinquantaine de kilomètres), qui a été retenue. En effet, selon une étude agro-pédologique réalisée par une équipe d’experts hollandais, cette zone présente un potentiel de production en pommes de terre parmi les plus élevés de la région méditerranéenne qui se rapproche des normes de production internationales. Ce potentiel était évalué à 600-700 quintaux/ha alors que le rendement habituel réalisé par les producteurs ne dépassait pas, dans le meilleur des cas, 100 q/ha.

Aujourd’hui, les terres agricoles sont soit cédés à des particulier pour en faire des habitations, soit cédés à des entreprises publiques pour en faire du terrain à bâtir.

La Kabylie libre va développer une agriculture durable qui va se traduire par une production plus saine, moins polluante, respectant les exigences sanitaires environnementales et prenant en compte l’avenir des agriculteurs.

La Kabylie constitue un réservoir agro-alimentaire très important que la plupart des régions d’Afrique du Nord lui envient. Une meilleure exploitation de son potentiel agricole peut amplement assurer sa sécurité alimentaire. Sa production serait rapidement excédentaire et deviendra exportatrice. Elle inondera le marché algérien, nord-africain et international de ses fruits, légumes, agrumes, céréales.

L’Etat kabyle va adopter une stratégie agricole fondée sur cinq principes de base qui assurent sa durabilité et son efficacité à long terme :

a) Viabilité économique ; b) Viabilité sociale ; c) Viabilité budgétaire ; d) Viabilité environnementale.

Pour ce faire, un certain nombre de mesures urgentes devraient être prises par le gouvernement kabyle :

- Soutien financier public dans le cadre de programmes spéciaux à l’effet de promouvoir l’agriculture qui présente un vrai potentiel de développement.

- La libération des initiatives accompagnée d’une batterie de mesures incitatives tant en termes de facilitations d’ordre administratif que d’information et de formation en faveur des agriculteurs.

- Création d’un environnement incitatif Pour l’activité agricole et le développement des investissements à travers notamment le lancement du crédit sans intérêts au bénéfice des agriculteurs, des éleveurs et des opérateurs des activités annexes.

- Mise en place d’un Fonds de garantie contre les calamités agricoles (FGCA).

- Orientation judicieuse du processus de développement agricole et réhabilitation des vocations des zones géo-écologiques.

- Modernisation des exploitations agricoles existantes en vue de l’amélioration de leur production et de leur productivité.

- Amélioration des revenus des agriculteurs.

- Renforcement des actions d’encadrement technique rapproché visant le transfert du savoir-faire au profit de l’agriculteur en vue d’assurer le passage d’une agriculture traditionnelle dominée par l’oléiculture à une agriculture moderne.

- Constitution d’une base d’informations relatives à la caractérisation physique et chimique des sols pour une meilleure formulation d’une fertilisation appropriée aux systèmes de cultures et espèces de cultures, condition vitale pour une meilleure production agricole.

- Protection du milieu naturel par la lutte contre l’érosion des sols.

- Adaptation des systèmes de production aux conditions pédo-climatiques du milieu

- Résorption de la jachère

- Utilisation des techniques d’irrigation modernes pour éviter le gaspillage des réserves d’eau et assurer l’efficience agronomique.

La filière oléicole :

L’olivier, cet arbre emblématiques de la région tant au niveau économique que culturel, est surtout cultivé pour la production d’huile d’olive (zzit uzemmur). Celle de Kabylie est réputée pour être une des meilleures du bassin méditerranéen. Il existe cependant différentes variétés d’huile d’olive comme celle de Tablazt médaillée à l’exposition universelle de Bruxelles en 1910, celle d’Illoula de couleur verte jade ou encore celle rose et orangée de Seddouk. Cette huile est très utilisée dans la médecine traditionnelle mais aussi dans la médecine moderne et dans l`industrie cosmétique. La Kabylie est l’un des rares si ce n’est pas le seul pays au monde où avec un minimum d’hygiène et des moyens d’extraction modernes, qui puisse satisfaire les critères d’une huile d’olive 100% biologique. Un avantage dont seule la Kabylie peut se vanter et tirer profit à travers une exportation d’une huile de qualité unique.

Au début du 20ème siècle, rien que pour la région de Vgayet, on a évalué à plus de 2 millions le nombre des oliviers en plein rapport, produisant 12 milles tonnes d’olives donnant ainsi un élément d’activité à plus de 60 moulins à huile européens et plus de 3 milles moulins kabyles. En 1910, le port de Bougie a exporté 5227,6 tonnes d’huiles, la plupart achetées par les industriels de Provence, qui les revendaient sous les étiquettes les plus connues. Aujourd’hui, nos oliveraies sont la cible de feux de forets sciemment provoqués dans le but soi-disant de combattre le terrorisme. Or, visiblement, les militaires ne semblent pas êtres en mesure de protéger nos forêts, ou plus exactement, n’en ont pas la volonté…il s’agit donc de restituer la protection de la terre à ses habitants comme il en a toujours été.

Malgré un déclin programmé qui a duré une cinquantaine d’années, dans quelques communes, les paysans résistant au rouleau compresseur de l’Etat, ont pu moderniser le parc de transformation et produire une huile de qualité qui s’exporte, certes en petites quantités, mais qui rivalise avec les meilleures huiles européennes.

La filière oléicole demande à être modernisée et développée en améliorant le processus de production de l’huile d’olive dans toutes ses étapes pour relever la qualité et réduire l’acidité, afin de permettre à l’huile de Kabylie de se retrouver sur les tables des familles européennes, américaines et asiatiques.

Le développement de L’oléiculture, principale activité structurante de l’économie locale, passe impérativement par une politique de revalorisation et de promotion de ce secteur en l’orientant vers la reconquête d’une place sur le marché mondial, à travers une politique s’articulant autour des axes principaux suivants :

- Réhabilitation du verger qui est actuellement à l’abandon et improductif et création de nouvelles plantations de cette culture stratégique.
- Préservation des pratiques rituelles de production ancestrales et leur renforcement par des techniques agronomiques modernes.
- Création de centres de formation professionnelle spécialisés dans cette filière
- Modernisation de la branche oléicole par son introduction dans la recherche appliquée dans les écoles d’agronomie.
- Labellisation du produit local surtout dans la perspective de l’exportation.
- Dispositifs de soutien à l’investissement dans ce secteur à promouvoir (avantages fiscaux, bonification des taux d’intérêt).
- Constitution une base de renseignements pour l’agriculteur, l’investisseur et l’industriel pour : La valorisation de l’huile : une meilleure connaissance des caractéristiques par variété. La valorisation du grignon : intégration comme complément énergétique dans l’alimentation du bétail. La production d’engrais mais aussi un combustible écologique (donc énergie renouvelable) capable de compenser une partie de consommation de Gaz et électricité.

Le développement de l’oléiculture, une activité génératrice de richesse qui fait la fierté de la Kabylie, aidera la région à assurer son autonomie économique et sociale.

Le figuier :

En Kabylie, le Figuier qui est le parallèle de l’olivier, fait partie intégrante de notre histoire. Il constitue une culture revêtant une importance sociale et économique fondamentale, d’autant plus qu’il a joué dans le passé un rôle décisif au point de vue valorisation et sédentarisation de la population.

L’importance économique et nutritionnelle du figuier est bien connue, c’est une espèce qui a occupé une place de choix dans l’alimentation de nos ancêtres, car un kilogramme de figues sèches représente une valeur énergétique de 2750 Calories, ce qui équivaut approximativement aux besoins journaliers de l’homme. La réhabilitation de cette culture est donc aujourd’hui une nécessité pour une connaissance et une amélioration du patrimoine arboricole figuicole et nous incite à prendre des mesures urgentes quant à l’amélioration de la productivité : • Développement des Techniques culturales • Valorisation de toutes les variétés locales • Adaptation agro-climatique des variétés introduites • Amélioration de la caprification • Amélioration du suivi cultural. • Recherche en ce qui concerne la fabrication d´autres produits à partir de la figue à l’image des pays producteurs de Figues. Exemple les confitures, les liqueurs et autres produits de consommation quotidienne et même pharmaceutiques.

L’Europe est un marché propice pour les produits issus de l’agriculture biologique et la Kabylie peut en être un fournisseur de choix. En ce sens, comme l’huile d’olive, la figue est un produit à valeur ajoutée très importante. Un travail de marketing et de labellisation s’impose pour l’adapter aux normes internationales et être vendue en tant que produit "de luxe" en UE et partout dans le monde.

La filière laitière, fromages et autres dérivées :

Contrairement à l’Algérie où la production laitière demeure insuffisante pour combler un déficit de plus de 3 milliards de litres, la filière laitière qui place la Kabylie comme l’un des plus grands bassins laitiers nord-africains, présente des opportunités d’investissements de haute importance. Le choix du groupe DANONE d’installer sa filiale à Akbou n’est pas fortuit. Il est mu par la disponibilité de la matière première qui n’arrête pas de croître en raison de l’augmentation du nombre d’éleveurs et du nombre de collecteurs. Ce même facteur constitue une aubaine pour la création de PME dans le domaine des produits laitiers et de ses dérivés. D’ailleurs, l’essentiel des fromages vendus en Algérie sont produits par de nombreuses laiteries qui activent dans la wilaya de Tizi ouzou et la laiterie Soumam est actuellement le premier producteur algérien de yaourt avec 42% des parts de marché. La filière laitière va connaître son essor dans la Kabylie libre du fait qu’elle va occuper une place prépondérante dans la politique agricole.

La Kabylie peut aisément assurer son auto-suffisance en produits laitiers tant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif, en misant sur le potentiel local par la mise en place des moyens et des structures d’accompagnement nécessaires et une réelle prise en charge, notamment au plan scientifique et technique, des espèces bovines, caprines, et ovines. Parmi ces espèces, le caprin, bien qu’à vocation mixte (lait et viande) au même titre que le bovin, peuvent représenter néanmoins un atout majeur pour l’économie régionale. La géographie de la Kabylie et son infrastructure peuvent en faire en un laps de temps très court un fournisseur important dans le monde du fromage de chèvre. Un des produits à l’échelle européenne et internationale encore très recherché. L’Etat kabyle ira dans le sens de dynamiser la production laitière en améliorant la collecte et en optimisant la transformation à travers des mesures incitatives comme :

- L’élaboration et la mise en cohérence de politiques laitières ; augmentation de la part du budget de l’Etat attribué à l’élevage afin de garantir un contexte favorable au développement harmonieux de la filière lait.
- La mise en place de mécanismes permettant de faciliter aux coopératives d’éleveurs et de transformateurs l’accès au crédit ;
- L’incitation à la création de petites industries laitières,
- L’installation de réseaux de collecte dotés de matériel adéquat pour accroitre la capacité de collecte de lait de qualité et l’aménagement de pistes stratégiques pour désenclaver les bassins de production.
- L’amélioration de la distribution des produits laitiers en améliorant les conditions de transport des produits, et leur stockage avant la vente chez le grossiste ou le détaillant.
- Le recours à l’insémination artificielle comme une activité continue et non de campagne.
- La formation technologique des transformateurs, accès à l’équipement via un fonds d’appui technologique pour une meilleure transformation du lait.
- L’élaboration d’outils de collectes de données et diffusion des résultats.
- La création d’un organe d’orientation des bailleurs dans l’appui à la filière lait local pour un développement harmonieux de la filière.
- La promotion des produits laitiers locaux, sensibilisation du public sur le « consommer local ».

D’une manière générale, la Kabylie Autonome devrait faire l’objet d’une étude sous l’aspect agriculture, laquelle étude ne devrait pas s’inspirer des pays déjà très développés caractérisés plutôt par de la quantité mais souvent banale. La Kabylie est un pays qui a une multitude de créneaux qui lui sont uniques et qui ferait d’elle une provenance particulière, pas en terme de production de masse mais en terme de particularité et de qualité en matière d’exportation.

Activité forestière :

La première tâche de la Kabylie Autonome dans le domaine forestier est la mise en place d’une politique efficace de lutte contre les incendies.

La région est boisée avec des forêts et des maquis. L’espace forestier est composé de forêts denses, sous-bois et maquis, véritable tapis végétal constitué de différentes essences. La végétation est principalement de type méditerranéen avec des forêts de chêne liège et cèdre de l’Atlas. Pour le chêne liège, la Kabylie est la région qui possède les plus grandes forêts de cette essence sur la rive sud de la méditerranée.

Les forêts de Kabylie sont essentiellement de 3 types : la forêt méditerranéenne à feuilles persistantes dont les principales espèces sont le Chêne vert, le Chêne liège, le houx ; la forêt méditerranéenne à feuilles caduques dont les principales espèces sont : l’Érable à feuilles obtuses, l’Érable de Montpellier, l’Érable champêtre, Prunus avium et le chêne zeen et la forêt méditerranéenne résineuse dont les principales espèces sont : le Cèdre de l’Atlas, le Pin noir, le pin d’Alep, l’If.

Le patrimoine forestier Kabyle est très important alors que les investissements ne se bousculent pas au portillon. Pourtant, les opportunités d’investissement sont nombreuses. On peut citer quelques créneaux pouvant être porteurs pour de potentiels investisseurs, comme le chêne-liège, le chêne zen, les plantes aromatiques et médicinales, le charbon de bois, les bibelots de bois, et même la cueillette de glands, de câpres, de champignons et le ramassage d’escargots, l’investissement à des fins de détente et loisirs.

Le secteur forestier est aussi une filière créatrice d’emplois puisque les 24 entreprises activant dans les forêts de la wilaya de Tizi ouzou ont créé 1 145 emplois avec un investissement à minima. Outre le liège et le bois, la surface forestière offre une gamme diversifiée de produits de très haute valeur (d’usage et d’échange). C’est un avantage qu’il faut mettre à profit pour la création des richesses et des emplois…sous réserve que d’ici à ce que la Kabylie ne soit en mesure de s’auto-gérer, le patrimoine forestier kabyle ne soit totalement réduit en cendre.

Le patrimoine forestier regorge des potentialités faunistiques diversifiées et riches qui peuvent être mises en valeur dans le cadre du développement cynégétique et des dispositions relevant de la chasse. Par ses aspects historiques, écologiques et archéologiques, il favorise le côté éco-touristique qui mérite une attention particulière.

Au vu de la diversité de la région en différentes espèces végétales spontanées et cultivées et du peu de travaux d’investigation entrepris, des efforts de recherche sont impératifs pour la prise en charge de ce potentiel qui offre des opportunités d’investissement, notamment dans l’industrie pharmaceutique et cosmétique.

La réhabilitation de l’industrie du liège (la forêt de Yakourène était l’un des centres mondiaux de cette industrie durant la colonisation française et même turque) fera de ce secteur un des moteurs du développement de la région à travers une politique de revalorisation de l’activité forestière et une meilleure exploitation de ce potentiel créateur de richesse et d’emplois.

Cependant, une étude d’inventaire s’impose pour évaluer les possibilités précises à mettre en valeur tout en maintenant l’équilibre de l’écosystème forestier, aujourd’hui gravement menacé par la pseudo-chasse aux terroristes qui consiste à mettre le feu aux forêts de Kabylie.

La réhabilitation et le développement de l’activité forestière implique quelques mesures :
- Sauvegarde et protection du patrimoine existant.
- Réhabilitation et extension des subéraies.
- Valorisation des produits forestiers.
- Extension du patrimoine et protection des bassins versants.
- Appui au développement des zones de montagne et promotion sociale des populations dans le cadre de programmes spéciaux.

Et, enfin, une politique incitative tant sur les plans d’accès aux crédits bancaires, que sur l’allégement fiscal et la formation, de même que la restitution des terres à ceux qui les travaillent ; ce qui sera un moyen efficace de motivation en terme de productivité pour l’exploitation agricole notamment.

Apiculture

L’élevage des abeilles est une activité traditionnelle et séculaire en Kabylie. Cette activité constitue non seulement une source d’approvisionnement énergétique, le miel, et thérapeutique, la gelée royale, mais encore une source de revenus pour les agriculteurs.

Les zones de montagne constituent un terrain favorable pour le développement de l’apiculture de par leur richesse en forêts, maquis, parcours, sous-bois et flore spontanée.

L’apiculture qui a pris du retard sur les autres activités agricoles dans la région, pourrait être un atout majeur pour l’économie régionale. Il fut un temps aussi où la Kabylie était réputée pour son miel et fournissait l’essentiel de la cire de la vieille Europe. D’où le nom de Bougie pour l’actuelle Vgayet. Le miel kabyle est très apprécié à l’étranger et peut constituer une source de ressources en devises, comme il est très demandé au plan local, d’où la nécessité d’encourager le développement de sa production.

L’amélioration des rendements de différents produits de ruche à l’instar du miel, de la cire, du pollen, de la gelée royale ou du venin devrait ouvrir des perspectives dans nombre de filières agroalimentaires, pharmaceutiques ou cosmétiques.

L’apiculture en Kabylie possède de réelles possibilités de se développer eu égard aux immenses potentialités qui ne demandent qu’à être exploitées. Avec une meilleure connaissance des zones mellifères potentielles, la mobilisation des moyens humains et matériels, ce secteur connaîtra son essor. A cet effet, l’Etat kabyle autonome doit prendre certaines mesures adéquates telles que :
- Subventions conséquentes pour que chaque apiculteur puisse prendre soin de ses ruches et les traiter chaque fois qu’il sera nécessaire.
- Assurer le suivi de la production et aider l’apiculteur tout au long de sa démarche.
- Créer des centres de formation en apiculture, avec du personnel enseignant compétent, et offrir des cours gratuits sur les techniques modernes, mais aussi sur la prévention des maladies. Prévenir coûte moins cher que guérir.
- Création d’un laboratoire référentiel pour certifier la production nationale de miel et aider à son exportation.
- Promotion du miel local pour contrecarrer la concurrence déloyale du miel importé, vendu à bon marché et dont la qualité laisse souvent à désirer.
- Mettre sur pied d’un dispositif permettant la collaboration des apiculteurs avec les salons de beauté et d’esthétique, les hôpitaux et les firmes pharmaceutiques comme cela se fait à l’étranger, puisque la médecine, la forme et la beauté ont toujours eu besoin du miel et de ses dérivés.

La pêche et les potentialités halieutiques

La Kabylie dispose d’une façade maritime de plus de 300 km de long, soit plus de 25 % de la côte algérienne. La frange maritime couvre quatre wilayas : Tizi Ouzou (85km), Béjaia (100 km), une partie de Djidjel (Ziama mansouria), une partie de la wilaya de Boumerdes (Cap Djinet, Dellys).

Plusieurs opérations d’évaluation, ayant été menées par différents organismes étrangers, ont révélé la présence d’énormes potentialités halieutiques dont regorgent nos zones côtières.

La côte de la wilaya de Tizi-ouzou, recèle un potentiel halieutique estimé à 26.000 tonnes/ans, dont 12.000 tonnes de poissons bleus et 14.000 tonnes de poissons blancs, selon les estimations fournies par le navire océanographe espagnol « Vesconde dé Eza », qui a effectué la dernière étude sur les espèces marines vivant dans les eaux algériennes en février et mars 2003.

La façade maritime de la wilaya de Bejaia s’étend sur 100 Km, caractérisée par un relief accidenté et un plateau continental très réduit, les zones d’intervention pour la production halieutique sont la zone côtière, la pêche au large, la pêche hauturière, la pisciculture en milieu continental et en mer ouverte avec plusieurs embouchures d’oueds qui s’y déversent (Oued- Soummam, Oued-Arioun, Oued- Djemaa, Oued Daas). Elle est réputée par sa diversité et aussi par sa qualité. Son potentiel est estimé à 10.000 ton/an. Ajouté à cela la possibilité de développement de la pêche en sites aquacoles continentaux grâce à la présence d’un dense réseau hydrographique. Ses sites marins permettront aussi l’élevage intensif d’espèces telles, la dorade le Loup, la crevette, la carpe, le mulet.

La wilaya de Boumerdes avec une côte de près de 90 Km offre des caractéristiques morphologiques, géographiques et bathymétriques favorables à une exploitation diversifiée de ces ressources, avec un potentiel de production annuelle de 16 000 tonnes. L’exploitation de ces ressources se fait au niveau de trois ports de pêche dont deux sont situés dans l’espace kabyle : Dellys et un port en voie d’achèvement, Cap Djinet.

Il est indéniable que le potentiel halieutique de la Kabylie est en mesure de participer d’une manière significative au développement durable de la région. Il offre d’énormes opportunités d’investissement dans l’industrie des conserves et de la salaison étroitement liée à la pêche au poisson bleu, l’industrie des farines et huiles de poisson traitant les déchets des usines et le surplus de la pêche (une installation par centre de pêche), un débouché facile et rémunérateur de ces produits étant assuré en Europe.

Bien que favorisée par des atouts naturels, la pêche demeure encore une activité artisanale en Kabylie. Le niveau de production est insignifiant devant les ressources halieutiques et les besoins exprimés. La faiblesse de cette production s’explique surtout par la sous-exploitation des potentialités existantes, le peu d’intérêt accordé à la pêche hauturière et l’insignifiance de l’aquaculture marine et continentale, le manque de qualification des pêcheurs, la méconnaissance des nouvelles techniques de pêche et de la flottille qui reste dans sa globalité artisanale. Les produits de la pêche et de l’aquaculture devraient constituer, à l’avenir, un aliment de substitution, voire un refuge pour les familles nombreuses et celles à faibles revenus. Pour cela, il est indispensable de prendre en charge les fonctions de valorisation de transformation et de commercialisation de ces produits et de permettre le développement d’unités de transformation et, par-là même, densifier et élargir le tissu agroalimentaire.

Par la protection des fonds et la recherche de nouvelles zones chalutables, développement conjoint de la pêche du poisson bleu, des installations portuaires, des industries de conserves et de farines, enfin par l’organisation du marché local, sous l’égide d’une administration stricte et avec l’aide d’un service scientifique, organisation de la sécurité des bateaux en mer (canots de sauvetage) ainsi qu’une recherche scientifique appliquée aux pêches et industries dérivées, l’investissement dans la formation, la pêche qui ne joue qu’un rôle très secondaire dans l’économie kabyle en dépit de possibilités certaines, pourrait devenir une industrie florissante génératrice de richesses et d’emploi.

Par Bouaziz Ait Chebib

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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