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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

« Rencontre aux sources du volontariat à Naciria (wilaya de Boumerdes)… » Par Karim Tedjani

  

Rencontre avec Mohamed Djazaïri dans la commune de Naciria (Wilaya de Boumerdes)

  

Aux sources du volontariat 2 Tedjani 2012 

Depuis la création de Nouara, le portail de l’écologie en Algérie, j’ai parcouru des milliers de kilomètres à travers la zone côtière (essentiellement) de cette jeune nation qui aspire,  avec légitimité, à devenir un pays moderne où chaque citoyen aurait la possibilité de se réaliser  tout en contribuant  au développement de toute la société; malgré tout ce qui l’empêche de réaliser ce rêve qui ne devrait pourtant  pas paraître  si utopique quand on sait à que point ce pays est riche en ressources naturelles et humaines.

J’ai ainsi visité plus d’une vingtaine de wilayas afin de découvrir mon pays d’origine et, surtout,  avec l’envie d’aller à la rencontre de ceux et  de celles qui ont décidé de dépasser le cap du constat et surtout d’agir, avec les moyens mis à leur disposition, pour faire évoluer les choses vers un modèle de société  plus en adéquation avec la  triste réalité écologique du territoire algérien. Certains sont membres d’une organisation non gouvernementale, d’autres d’une association, d’autres encore agissent sans adhérer à un mouvement. Quelques soient leurs moyens, leurs motivations, la portée de leurs actions, ce qui importe pour moi, c’est qu’ils ont  tous et toutes décidé de refuser  de se résigner face à l’ampleur des problèmes environnementaux qui sévissent en Algérie.  Dans un pays qui a beaucoup subit son histoire, l’enthousiasme, l’optimisme, la conscience collective sont des ressources qu’il est important, à mon humble avis, de mettre en valeur afin qu’elles se diffusent plus amplement au sein d’une société algérienne qui n’est pas aussi léthargique qu’on voudrait nous le faire parfois penser.

Cette fois-ci, je n’ai pas eu besoin de me déplacer bien loin de mon lieu de résidence en Algérie, Boudouaou,  pour être, une fois de plus, le témoin du  fabuleux capital de bonnes volontés et d’initiatives pertinentes qui existe au sein du  tissu social algérien, et ce, dans l’indifférence souvent  la plus totale du reste de la population  dont les préoccupations restent souvent purement matérialistes .

En effet, ce matin, je me suis rendu à quelques  dizaines de kilomètres de chez moi, dans la commune de Naciria , à Boumerdes,  afin de faire la connaissance de Mr Mohamed Djazaïri, un artisan boulanger qui , avec l’aide d’une poignée de citoyens responsables et motivés , s’est investit corps et âme afin que les sources d’eau  de sa commune continuent à jouer les rôles qu’elles ont tenus  depuis toujours : permettre aux habitants  de s’abreuver avec une eau de source  locale  de qualité de même que d’offrir à chacun d’entre eux des aires de repos et de loisirs en période estivale,  favorisant ainsi l’échange entre les membres d’une même communauté.

Avant de nous rendre sur les lieux de son noble ouvrage, nous prenons le temps de faire connaissance autour d’un café. Dès que je l’aperçois, je suis très impressionné par l’allure de Mr Djazaïri, un quinquagénaire qui, avec son béret et sa silhouette athlétique, ses mains rugueuses de travailleur, ressemble à un de ces officiers de terrain dont l’expérience et le courage ne font pas l’ombre d’un doute. Il faut dire que l’homme a un parcours de vie  bien chargé. Il a tout d’abord été un athlète de demi fond , puis, pour cause d’une mauvaise blessure, il  a du se réorienter vers une carrière  dans l’industrie du   sucre, pour enfin, créer avec son frère une boulangerie.

Si j’ai pris la liberté d’évoquer ce plan de carrière un peu atypique, c’est pour en dégager des constantes qui, vous éclaireront  je l’espère un peu plus  sur la nature de l’homme qui se trouva ce matin là  attablé face à moi. L’endurance, la persévérance, le goût des défis relevés, une grande capacité d’adaptation et des qualités indéniables de leadership, voilà de quelle trempe semble faite Mohamed Djazaïri et, croyez moi, la suite des événements ne démentirons pas cette impression…

 

 

Mohamed Djazaïri 3.Tedjani 2012

                                             Mohamed Djazaïri

 

  

  

« Sur le chemin des sources oubliées… 

La première fontaine. photo de groupe Tedjani 2012 

De gauche à droite: Younes Belahdid, les filles de Mohamed, Mohamed Djazaïri

     

 

Nous voici donc, à présent, aux alentours du  village de Tala Chrif, parcourant le chemin  menant à la source « Tala hlal  »  ainsi qu’à la grotte « Ifri » qui était jadis une aire de détente très appréciée par les habitants de cette commune dont le nom était alors Laâziv n’el Hadj Mohamed Zaâmoum, en hommage à ce grand guerrier  qui a résisté à l’invasion française et dont le nom est quasiment oublié depuis.    

Assez vite, nous faisons la rencontre de Mr Belahdid Younes, éducateur sportif qui a participé activement aux travaux dont Mr Djazaïri a été l’investigateur.

Mes deux hôtes me montrent, avec une fierté plus que justifiée,   les résultats de leur dur labeur  effectué lors de leur temps libre. Il y a de cela à peine deux jours, Mohamed et ses acolytes ont installé plus de 150m de canalisation afin de relier cette première fontaine à la source principale qui se situe au bout du chemin que nous parcourons. Mr Belahdid  m’explique que cette initiative a germé dans l’esprit de Mr Djazaïri il y a de cela quinze ans et, à cause de nombreuses embuches qui n’ont pas étiolé la persévérance de ce citoyen responsable, n’a pu réellement  voir le jour que ces derniers temps. 

Quand je questionne Younes sur les motivations qui l’ont incité à suivre son ami et voisin à relever ce noble défi, il me répond que, bien qu’il ait  l’eau courante à la maison, il ne l’utilise que pour se laver ainsi qu’assurer la propreté de son domicile.  « C’est une question de tradition… », Me précise mon interlocuteur suggérant ainsi que les gens de cette commune ont toujours préféré boire l’eau de cette source qui, aussi loin que Mr Djazaïri s’en  souvienne,  à été un lieu public. 

« Il faut aussi préciser que l’eau distribuée à travers le réseau domestique  de notre commune provient du fleuve Sebaou qui est très pollué, notamment par les déversements des eaux usées provenant des  égouts  et des industries limitrophes à cet oued. La wilaya de Tizi Ouzou ainsi que celle de Boumerdès sont impliquées dans « l’empoisonnement »  de cet oued qui approvisionne en eau pourtant de nombreuses communes de la région. Il suffit de voir la couleur de ce fleuve pour être inquiété par la nature de l’eau qui en est prélevée. C’est principalement ce qui m’a motivé à développer ce réseau local de sources minérales. J’aimerais préserver ainsi les habitants de ma commune de tous les risques sanitaires qu’ils encourent à boire l’eau du robinet… »,  surenchéri le maitre d’œuvre de ce projet  salutaire et responsable.

« Pour moi, réaliser cet ouvrage est un vrai jeu d’enfant, si l’on fait abstraction des nombreuses complications administratives et de la mauvaise foi de certains. A chaque fois que nous nous sommes mis d’accord sur la suite des opérations, il n’a pas fallu plus d’un quart d’heure pour en apprécier les résultats ! », m’explique  Mr Djazaïri.  Il ne semble pas insister, sûrement par pudeur et modestie, sur les efforts conséquents qui ont été mis en œuvre  ne serait-ce que pour acheminer le matériel nécessaire  à la réalisation de ses ambitions  sur ce chemin peu aménagé. Au début, les travaux ont été réalisés au frais de cet homme de cœur ainsi qu’avec le soutien de certains voisins.

Depuis, sûrement à force de voir les choses se réaliser malgré le manque de soutien, l’APC a fourni une aide très précieuse aux membres  fondateurs de ce projet qui se comptent sur le doigt d’une main. Cette dernière a mis à la disposition la quasi-totalité des matériaux nécessaires à l’élaboration de ces fontaines reliés avec ingéniosité à la source Tala Hlal. Seul le sable ainsi que la main d’œuvre ont été laissé aux soins de ces citoyens à l’attitude exemplaire.  Voir cette première fontaine en état de marche est l’illustration incontestable que montrer l’exemple est un moyen sûr de convaincre et, surtout de faire avancer les choses.

"Bien entendu, ce projet est un vrai travail d'équipe  où chacun à son mot à dire " insiste Mohamed , "Mes plus fidèles  collaborateurs sont  Garidi Ahcene, Amirate Rezki, Hamoudi Rabah, Bouroubi Saïd , Belmokhtar Ahmed, Benabi Rezki , Belahdid Younes, Djazairi Djamal, Djazairi MerzaK et quelques enfants du village qui ont quelquefois participé aux travaux".

Ensuite, on m’explique que cette première fontaine à pour fonction de collecter le trop plein de la source principale. « Dans notre tradition, la priorité est toujours donnée aux proches voisins d’une source. Puis, dès qu’une fontaine est pleine, le surplus est acheminé vers une autre plus lointaine. C’est pour cela que nous installons systématiquement des robinets afin que l’eau ne soit pas gaspillée et que les trop plein puissent être mis à la disposition des habitants qui ne résident pas aux alentours de la source. », me  précise mon hôte.  D’ailleurs, plus loin, aux abords de la route, une deuxième fontaine est en cours de finition, elle a une contenance d’environ cinq mille  litres et dispose de cinq points de remplissage. Ainsi, les gens pourront s’y approvisionner en voiture et ce, quelque soit leur provenance.

Bien que les finitions ne soient pas complètements achevées, la fontaine fonctionne déjà à merveille. Il suffit de voir les enfants de Mohamed s’y abreuver pour comprendre quelle a été sa principale motivation : garantir aux générations futures une eau saine en quantité raisonnable. Quand on sait que, partout dans le monde et, plus particulièrement en Algérie qui est un des pays les plus touché par le stress hydrique, l’eau est devenue la ressource la plus précieuse, on ne peut qu’admirer une telle initiative. Quand on voit, malheureusement, à quel point la majorité des algériens gaspillent cette précieuse eau au lieu de la capitaliser, on ne peut qu’encourager le reste de la population à adopter l’attitude fort responsable de Mr Djazaïri. 

Partager l’eau est un acte sacré en Algérie, comme dans tous les pays dont la culture est imprégnée par les valeurs de l’Islam, de même que dans  la culture amazigh préislamique. « Pour nous, l’eau n’est la priorité de personne. C’est un don de la Nature qu’il faut laisser à la disposition de tous ceux et celles qui en ont besoin. », me rappelle Mr Djazaïri. On est bien loin des conceptions occidentales actuelles où l’eau est considérée comme une marchandise à part entière… C’est d’ailleurs dans cet esprit que, la famille Garidi, propriétaire du terrain où se situe la source Tala Hlal n’a pas hésité à  mettre cette parcelle de terre  à la disposition des investigateurs de ce projet. Il faut saluer avec beaucoup d’admiration et de respect cette attitude qui n’est plus forcement  à l’apanage de tous les propriétaires fonciers en Algérie.

« Depuis que je m’en  souvienne, cette source n’a jamais fait l’objet d’une considération à la mesure de son importance de la part des autorités locales alors que c’est un endroit qui a, de tous temps, servi de lieu de détente… »,  ajoute ce quinquagénaire soucieux du bien-être de tous ses concitoyens. Ainsi, Mohamed Djazaïri  nous rappelle qu’une société saine à besoin de tels  lieu d’échange et de rencontres intergénérationnelles. «  Je suis frappé de constater que les adultes ne prennent plus le temps, de nos jours, de discuter avec les enfants afin de leur transmettre la tradition ainsi que de leur assurer une bonne éducation. Les jeunes sont à présents livrés à eux-mêmes et, il ne faut s’étonner que leur comportement se soit fortement dégradé ces temps-ci. »

Tous en discutant, nous nous approchons de la source Tala Hlal.

Un membre de la famille Garidi nous rejoint tandis que Mr Djazaïri m’indique que cette source a été, selon les dires des anciens, mise en valeur par les Ottoman au milieu du dix-huitième siècle. Par la suite, en 1958, lors du regroupement des villages de la commune par l’administration coloniale française  dans le « camp de la plaine » (village Bouassem), cinq fontaines ont été aménagés pour réquisitionner les surplus de cette source afin d’alimenter ce village.

« De tous temps, cette source a été victime d’engorgements. Normalement, le lieu de captage de l’eau doit être situé juste en dessous de celui appelé « d’émergence »  et se déverse dans un autre endroit (exutoire)  qui doit être à la limite du bas de ce captage. Cela permet à cette source de respirer convenablement et d’éviter ainsi tout risque d’engorgement.  Malheureusement, depuis 1962, c’est tout le contraire qui a été mis en œuvre pour gérer les sources en Algérie. J’ai du mal à comprendre pourquoi d’ailleurs…. » déplore ainsi mon interlocuteur avisé.

Pourtant, rappelons-le, la gestion d’une source est un jeu d’enfant pour quiconque, comme Mohamed, dispose d’un esprit logique ainsi que d’une sincère volonté de bien faire les choses… Quand je l’interroge sur sa formation en la matière, il me répond que son expérience  dans l’industrie  ainsi que sa grande curiosité ont suffit à l’aiguiller vers les meilleurs procédés à appliquer. Bien entendu, en toute modestie, il déplore le fait qu’aucun expert dans ce domaine  n’ait  daigné lui apporter une aide qu’il sait nécessaire pour être vraiment aux normes. C’est d’ailleurs, selon lui,  notamment à cause cela que cette source tari un mois sur douze. Cependant, il est convaincu que, avec les modifications qui ont été apporté à cette dernière, elle ne tarira plus jamais. Mais, malgré cette carence, les résultats sont là, preuve incontestable que rien n’est impossible pour qui a vraiment la volonté d’agir pour améliorer son quotidien…. 

« Cette région est riche en eau, il faudrait la préserver absolument et cela de manière systémique. Si les environs ne sont  pas protégés de la pollution ainsi que de l’activité anthropique, j’ai bien peur que tous ces efforts ne soient pas suffisants. Il faut aussi que certains propriétaires encore peu coopératifs soient incités à mettre leur terrain à la disposition de ceux qui veulent exploiter les immenses ressources hydriques  de même qu’il est vital d’interdire toute implantation industrielle aux abords des cours d’eau de la région   » conclue à ce propos Mr Djazaïri qui m’explique aussi que cette eau provient du mont Oufnen dont les anciens ont toujours assuré qu’il regorgeait de ce liquide si précieux pour la vie…

« A présent, nous avons besoin d’un engin pour aménager le chemin  qui mène à la source et le goudronner afin de le rendre plus accessible. Mais, les autorités tardent à répondre à notre doléance », m’informe Mohamed. Espérons qu’il n’aura pas trop à attendre…

Ifri, un lieu ancestral de détente, un site idéal pour l’élaboration d’un projet écotouristique.

 

Entrée de la grotte Ifri. Tedjani 2012

 

On a coutume de dire que le meilleur se fait toujours attendre. Après avoir visité la source Tala Hlal, mes guides m’invitent à visiter la grotte Ifri qui se situe un peu au dessus de cette dernière. Pour ce faire, nous empruntons un chemin un peu escarpé, mais, même si j’ai toujours un peu d’appréhension quand il s’agit de m’aventurer, mon appareil photo à la main,  dans ce genre d’entreprise, d’autant que cette grotte se trouve à l’embouchure d’un petit torrent, ce qui rend le sol un peu glissant, je ne suis pas déçu par le spectacle qui s’offre à mes yeux. Cette grotte est un tunnel d’environ 50m qui relie les deux versants d’une colline. . C’est est un vrai havre de paix qui, malheureusement a l’air un peu à l’abandon.

Pourtant, jadis, c’était un lieu de détente incontournable, surtout en période estivale, au regard de la grande fraicheur qui émane de cet endroit.  Après une dure journée de labeur, toute la communauté venait se retrouver ici dans ce cadre idyllique. Le décor environnant  possède un charme incontestable, de même que le ruissellement de l’eau mêlé au chant des oiseaux apporte une touche très poétique et apaisante aux lieux. Le site est surplombé par une butte verdoyante sur laquelle une ancienne habitation en pierre a été construite ; à présent elle est abandonnée. Tout de suite, je fais remarquer à mes hôtes que cet endroit pourrait devenir une aire de repos très attrayante. Ces derniers me répondent qu’ils ont effectivement pour projet de la restaurer à cet effet.  Une fois de plus, Mr Djazaïri insiste sur la nécessité de recréer des endroits favorisant la rencontre entre les jeunes et les adultes de la commune. Pour lui, c’est une tradition qui s’est malheureusement perdue, ce qui a eu pour conséquence une mauvaise influence sur l’éducation des générations actuelles. Dès le début de son projet,  il a ambitionné de remédier à cela en se servant des fontaines ainsi que de tels endroits pour ressusciter cette tendance chez ses congénères. Il a d’ailleurs amené ses enfants pour nous accompagner lors de cette visite comme il le fait à chaque fois qu’il se rend ici. Ce projet visant à assurer une certaine autonomie en eau potable de sa région a donc une portée sociale qui n’est pas moins importante. Veiller au bien fondé de l’environnement, ce n’est pas seulement protéger la nature d’un lieu, mais bien s’impliquer dans l’épanouissement de toute la société qui l’occupe…

 « Aujourd’hui, ce lieu est devenu à certaines heures,  un endroit malfamé où il se passe des choses peu recommandables alors que jadis c’était un endroit réservé aux familles … » déplore-t-il avec un peu de nostalgie. Pour lui, sans le soutien des autorités, ainsi qu’une prise de conscience de la part de tous les habitants de Naciria cette grotte ne retrouvera jamais de sa superbe. Il insiste sur le fait que les choses ne changeront pas seulement sous l’initiative de quelques personnes, même si les résultats qu’il a obtenu semblent démentir quelque peu ce triste constat. 

Puis, il me montre les vestiges d’un ancien moulin à eau qu’un certain Si Slimane avait conçu avec beaucoup d’ingéniosité. « J’ai fait des pieds et des mains tenter de récupérer  les meules de ce moulin, mais en vain… », Mohamed Djazaïri aimerait tellement remettre ce dernier en état de marche. En 1956, ce moulin était déjà opérationnel.  « Mon frère me racontait qu’à cette époque il avait acheté un sac de semoule produit par ce moulin. Malheureusement, depuis, personne ne semble s’intéresser à ce genre d’endroit. J’aurais tellement voulu le reconstruire à l’identique »  me raconte Mohamed.  Je lui dis que l’on pourrait se servir de l’énergie générée par ce moulin  pour assurer l’éclairage des lieux ainsi que celui du chemin qui mène à la source ainsi qu’aux fontaines.

Younes,   m’informe qu’une association de Bechar est venu pour les aider à déblayer les débris de ce moulin et  que ces membres ont participé aux travaux réalisés  pour  doter le site d’escaliers. Il m’assure que,  cette année, ils reviendront pour achever le travail, permettant ainsi aux visiteurs de se rendre sur les lieux sans la moindre difficulté.

 "Les responsables  compétents ainsi que le  Ministère du tourisme  doivent inscrire le projet au programmes de DET. Le site peut abriteR un grand jardin intelligemment amenagé pour un brassage adulte-enfant ou le transport sera assuré  par des chevaux de trait.Le site peut aussi avoir une extention sur 25 a 30 hectares avec le statut de réserve naturelle afin de  redonner le temps et les conditions  idéales à la faune ainsi que la flore pour se reproduire ..." Conclue Mohamed.

Conclusion

Torrent. Tedjani 2012

 

L’Algérie est un pays qui est à présent en stress hydrique, c'est-à-dire que l’eau commence à faire sérieusement défaut au point qu’ici un litre de ce liquide est plus cher qu’un litre d’essence. C’est pour cela que toute entreprise visant à préserver notre capital en ressources hydrauliques est à considérer comme un acte civique de la plus haute importance. Dans un pays où l’on gaspille cette précieuse ressource sans se soucier du lendemain, il faudrait des milliers de Mohamed Djazaïri pour veiller à ce que les générations futures ne vivent pas dans le manque de cette eau sans laquelle rien n’est possible. Durant notre entretien, cet homme remarquable, assisté par des gens tous aussi formidables, n’a eu de cesse de m’affirmer qu’il ne faisait pas tout cela pour lui ou bien  pour les autres adultes de sa communauté, mais surtout par devoir pour les enfants de Naciria qui seront les citoyens et les citoyennes de demain. Loin des grandes conférences, des campagnes médiatiques , de la cosmétique de certains responsables politiques ou bien encore des impostures de certains  présidents d’associations démagogues et complaisants, c’est  ici, à Naciria, près d’un petit village que la véritable histoire de l’écologie en Algérie se joue, comme d’ailleurs partout où j’ai rencontré de simples citoyens qui ont refusé de se résigner et espèrent de toute leur force que l’Algérie de demain sera le paradis qu’elle se doit  d’être, pour peu qu’on la laisse entre les mains de gens de la trempe de Mohamed Djazaïri….

T.K

Pour voir d'autres photos, cliquez  sur le lien:  Aux sources du volontariat à Naciria (wilaya de Boumerdes) Aux sources du volontariat à Naciria (wilaya de Boumerdes)

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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