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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Tipasa ambitionne de devenir un véritable pôle pour le tourisme culturel" Par Sihem Ammour (La Tribune)

http://www.latribune-online.com

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La wilaya de Tipasa est, depuis quelques années, au cœur de toutes les attentions dans le cadre d’un plan de la relance de l’activité touristique et plus précisément de la promotion d’un véritable tourisme culturel. En effet, cette wilaya possède de grandes potentialités touristiques dont les principaux atouts sont les trésors archéologiques et paysages exceptionnels alliant harmonieusement mer et montagne. Classée depuis 1982 par le comité mondial du patrimoine de l’Unesco, la région a connu moult mésaventures avant qu’elle ne bénéficiât en 2009 de plans permanents de mise en valeur et de sauvegarde des sites (Ppmvsa) de Tipasa et de Cherchell et ainsi retirée de la liste des sites classés en péril. Dans une première étape, il s’agissait de se préserver de l’urbanisation sauvage, de sauvegarder le centre historique, les deux parcs archéologiques et le musée de la ville de Tipasa, les parcs romains et le musée d’Aïn Ksiba de Cherchell. Le plan de sauvegarde s’est voulu un instrument et un moyen de les protéger ou, du moins, atténuer les effets des dégradations et autres atteintes aux sites classés. Ce plan, en préparation depuis 2004, vise à délimiter les zones contenant les vestiges et monuments importants, celles dites tampon et à proposer des constructions et aménagements qui collent aux spécificités de la zone tout en valorisant ces sites.
 
Une vision globale pour rentabiliser la destination 
Dans un deuxième temps, il s’agissait d’œuvrer pour la promotion du tourisme culturel dans la région tant au plan national qu’au plan international. C’est dans cette optique que l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels (Ongebc), dynamisé par sa caractéristique commerciale, s’est attelé a promouvoir la destination de Tipasa avec des initiatives basiques mais qui étaient délaissées par le passé, à l’instar d’outils marketing tels que l’impression de flyers, de dépliants et de documentations. Il y a également une stratégie d’offres de services à l’intérieur même du site afin d’attirer un plus grand nombre de visiteurs et rentabiliser la présence du flux de touristes, notamment avec la mise à leurs disposition de points de restauration à l’intérieur même du site. Par ailleurs, une attention particulière a été également consacrée à la formation de guides touristiques, maillon crucial dans la chaîne du tourisme culturel.  Dans le même esprit, il y a deux ans, a été organisée la première conférence de restauration du musée de Cherchell, initiée par le ministère de la Culture, en scientifique d’archéologie algéro-allemande autour de la thématique des travaux partenariat avec Goethe Institut. L’un des aspects importants, développé lors de cette conférence, c’est la nécessité de la réorganisation du parcours muséal du musée lui-même afin d’attirer un plus grand nombre de visiteurs et promouvoir ainsi le tourisme culturel. Ainsi, en plus de la restauration des objets anciens, il y a également la réalisation de panneaux indicatifs et de reconstitution chronologique de l’histoire de Cherchell, de l’amphithéâtre, des aqueducs romains, les thermes de l’Ouest dans une maison andalouse, dans l’ancien quartier résidentiel de Cherchell, datant de la civilisation arabo-musulmane, Aïn K’Sibah et la mosquée aux 100 colonnes dans laquelle l’Emir Abdelkader avait accompli sa prière. Dans cet esprit d’une vision globale de la promotion du tourisme dans la région de Tipasa, récemment, la ministre de la Culture a inauguré en posant, mardi, dans l’APC de Tipasa, la première pierre d’un Centre arabe d’archéologie. Prise en charge par l’Agence Nationale de Réalisation des Projets de la Culture (ARPC) en commun avec une entreprise algéro-espagnole de construction, cette infrastructure dédiée au patrimoine culturel est implantée en face du parc archéologique de la colline dite “Sainte Salsa”. Cette implantation a été étudiée dans le prolongement de ce qui est appelé la zone tampon de la partie historique de Tipasa avec ses deux parcs archéologiques, romains et son musée afin de renforcer la vocation historique de la ville de Tipasa et par conséquence du tourisme culturel, puisque ce centre de formation comprendra, en plus d’un Institut arabe d’archéologie et des études sahariennes, un musée d’archéologie et d’arts rupestres, ainsi qu’une bibliothèque en plein air agrémentée d’un espace vert et d’un patio intérieur rappelant l’architecture arabo-mauresque.
 
Renforcer les espaces dédiés à la culture et au patrimoine 
Ce projet de Centre arabe d’archéologie, proposé par l’Algérie lors de la 17e Conférence arabe sur le patrimoine archéologique et civilisationnel qui s’est tenue à Nouakchott du 22 au 27 décembre 2003, avec comme objectif de promouvoir l’archéologie arabe et de favoriser le dialogue interculturel entre les différents pays qui disposent d’un patrimoine riche dans le domaine. Il s’inscrit, par ailleurs, dans les recommandations de la mission d’expertise de l’Unesco qui, suite à la levée des réserves sur le site classé «en péril» et du lancement du plan permanent de sauvegarde de la ville de Tipasa, prévoyait de créer un centre sur les métiers du patrimoine. Pour rappel, au mois de mars passé, la 20e édition du Congrès de l’archéologie et du patrimoine culturel, qui s’est déroulé à Alger, a été principalement consacré à la thématique de la promotion du tourisme culturel dans les pays arabes avec l’organisation de plusieurs ateliers «Education et formation dans le domaine du patrimoine archéologique», «Coopération et partenariat arabe dans le domaine de la promotion du patrimoine archéologique», «Cadre juridique et institutionnel du patrimoine archéologique dans les Etats arabes» et «Patrimoine archéologique et économie locale» mettant en relief la nécessaire implication de plusieurs secteurs. Mourad Batrouni, directeur du patrimoine au ministère de la Culture, avait déclaré lors de cette rencontre, que des recommandations importantes ont été prises grâce auxquelles on aboutit à la mise en place du programme de valorisation du patrimoine par le ministère de la Culture qui prend soin de tenir compte de toutes les décisions émises lors des différents ateliers suivant les règles de la déontologie et de la science. A cet effet, les responsables algériens ont souligné leur volonté politique pour la restauration et la promotion du patrimoine algérien à travers la mise en place d’un programme d’aménagement du territoire inscrit d’ici à 2030.
 
Remédier au manque flagrant d’infrastructures 
Par ailleurs, afin de garantir une véritable activité culturelle, attractive, pour les nationaux et les touristes étrangers, plusieurs infrastructures culturelles sont en projet, dont deux qui ont été inaugurées ces dernier mois par la ministre de la Culture, Khalida Toumi. En l’occurrence, la maison de culture de la ville de Koléa riche du patrimoine immatériel de la musique andalouse ainsi que le complexe culturel Abdelwahab Salim, situé dans la commune de Tipasa au pied du majestueux mont Chenoua, Ce dernier a été conçu pour combler le vide en matière d’infrastructures culturelles dans le chef-lieu de wilaya. Avec vue sur mer, il a été réalisé sur trois étages, avec un sous-sol pour abriter les services administratifs, techniques et d’autres infrastructures de restauration. Les trois étages du complexe seront destinés à abriter des salles de théâtre, de conférences, de concerts, des ateliers d’art dramatique et des salles d’exposition d’art moderne et d’objets archéologiques et d’artisanat. Le dernier étage est nanti d’un cybercafé, de salles de lecture, une bibliothèque ainsi qu’un planétarium. Cette imposante infrastructure culturelle a été confiée à l’Onciqui aura pour mission d’en faire un véritable centre de rayonnement pour l’art et la culture. De même, au-delà de la richesse des sites archéologique et la beauté naturelle de Tipasa et la création d’un véritable dynamisme d’activités culturelles, il ne peut y avoir une véritable promotion du tourisme culturel dans la région en l’absence d’infrastructures d’hébergement qui offrent un minimum de confort aux touristes, nationaux et étrangers. A cet effet, une série d’initiatives a été mise en place par le secteur concerné a travers des mesures incitatives pour encourager l’investissement dans ce créneau d’activité. En plus de la création de nouvelles ZET (Zones d’expansion touristique), de la construction de nouveaux établissements hôteliers pour combler le déficit en matière d’hébergement, d’autres mesures sont prises concernant la réhabilitation des structures déjà existantes au centre touristique Matarès, le centre touristique Village (ex-CET) et le centre touristique Corne d’Or dépendant de l’EGT Tipasa. Cette dernière bénéficie d’un programme spécial en étant l’infrastructure pilote du projet «Destination» ayant pour objectif le développement de stratégie pour un tourisme durable cofinancé par le programme Life - Pays Tiers de la Commission Européenne. Au final, après plusieurs années d’attente, la promotion du tourisme culturel  dans ce cas précis, celui de la région de Tipasa, est un chantier de longue haleine qui vient à peine d’être ébauché. C’est aussi une grande ambition politique qui nécessite impérativement l’implication intersectorielle afin de bâtir un visage plus attractif de cette région riche en référents civilisationnels et sites naturels, véritable aimant a touristes à condition que les moyens financiers et les compétences humaines soient usités à bon escient.
 S. A.
 
Découverte de Tipasa 
Tipasa est une ville côtière située à quelques 70 kilomètres à l’ouest d’Alger. Elle est à l’origine d’une fondation punique en Afrique du Nord. La ville possède des magnifiques plages et des reliefs (Chenoua et la Dahra) qui offrent un paysage particulier et un attrait touristique certain. De nombreux vestiges Puniques, Romains, Chrétiens et Africains témoignent de la richesse de l’histoire de cette colonie. Tipasa abrite un patrimoine archéologique comme le port, le musée, et le parc archéologique qui en font une destination d’écotourisme idéal. En y flânant, le visiteur peut se plonger dans le passé rien qu’en découvrant la partie de la ville qui est encore sous les sédiments. La ville est particulièrement réputée pour ses vestiges romains. Ancienne colonie de l’empire, en 39, Tipaza se dote d’une muraille longue de plus de deux kilomètres. Hadrien éleva par la suite Tipasa au rang de colonie honoraire. À la fin du IIe siècle, la ville connaît son apogée avec une population qui s’élève, selon les estimations à 20 000 habitants. Bien qu’elle fût entourée de cette grande muraille, cela n’a pas empêché sa destruction en l’an 430 par les Vandales. Le site archéologique de Tipasa contient divers vestiges, dont les restes d’une basilique, d’un cimetière, de thermes et d’un amphithéâtre. Le site archéologique est assez éclaté et les ruines difficilement lisibles, ceci est dû au fait que tout n’a pas été dégagé et qu’une bonne partie de la ville romaine n’est pas encore mise au jour. Les ruines se présentent en deux grands ensembles. Le premier, situé en dehors des murs, à l’entrée de la ville actuelle, correspond à une grande nécropole avec la basilique funéraire de Sainte Salsa. Le second, c’est le parc archéologique, situé à la sortie ouest de la ville, qui regroupe la majorité des monuments mis au jour. Près du port vous trouverez un musée où les différentes pièces découvertes ont été entreposées.
 
Cherchell, une ville antique à visiter  
Cherchell (anciennement Iol puis Caesarea Mauretaniae) est une des villes antiques de la côte algérienne. Elle fut l’une des plus importantes cités du littoral occidental de l’Afrique du Nord antique, particulièrement à l’époque romaine. La ville fut fondée au IVe siècle av. J.-C. par les Phéniciens sous le nom Iol ou Jol. D’abord intégrée au royaume de Numidie, Iol passa sous le contrôle de la Maurétanie après la chute de Jugurtha en 105 avant notre ère. La ville fut refondée en 25 av. J.-C. par Juba II, sous le nom de Caesarea Mauretaniae (Césarée de Mauritanie), et devient un centre de l’hellénisme en Afrique du Nord. À partir de 40 après J.-C., elle fut la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne, qui s’étend jusqu’à l’Océan Atlantique. Juba II fit de sa capitale une ville importante, entourée d’une enceinte et conçue selon les principes de l’urbanisme hellénistico-romain. Des statues de types hellénistiques d’une qualité exceptionnelle, des mosaïques de maisons, des ruines de temples et des monuments romains témoignent de cette période. La ville qu’édifia Juba II avait un mur d’enceinte continu de 4 460 m, complété par un rempart de mer, entourant 370 ha. La plupart des ruines de la cité ancienne se situent en dehors de la ville actuelle de Cherchell. Il en existe cependant quelques unes dans le centre-ville.
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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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