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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Tous ceux qui nous entourent et nous influencent ..." Par Karim Tedjani

                        Les villes vues par nos enfants

                        Maquette réalisée par les enfants du club vert de "Bouira" (Dar Dounia)

                        Photo: Tedjani K.

 

Le mot « environnement »

Il  est de plus en plus présent dans la bouche de bon nombre de citoyennes et citoyens Algériens, à l’instar de la prise de conscience écologique qui semble  gagner l’ensemble des nations, qu’elle soient  plus ou moins industrialisées ou non.

Mais, parler de l’Environnement, n’est pas une mince affaire.  A mon humble avis, très peu de concepts embrassent autant de concepts  que cette notion.

Il me parait même aussi périlleux que d’utiliser le terme « Climat » national ou mondial.  Car le Climat, d’une manière générale, est une mosaïque  arbitraire  de microclimats régionaux. Dans un aussi vaste  pays  que le nôtre, où l’on peut presque, en une seule  journée d’avion, faire un voyage à travers toutes ses saisons, la notion de climat national ne peut être qu’une pure vue de l’esprit scientifique.

Or le Climat  est un des fondamentaux de l’Environnement. On pourrait presque citer la  dialectique  de la poule et de l’œuf, quand il s’agit de les comparer, même si il parait évident que le Climat est une des composantes du grand ensemble Environnement.  Il est donc difficile d’accepter le fait de se soucier d’Environnement en Algérie, sans être conscient que l’on doit bien définir ce terme avant toutes choses. Autant d’un point de vue du sens linguistique, que de la réalité du terrain où il évolue.

Penons la définition la plus simple et synthétique  de ce mot : « tout ce qui nous entoure et nous influence ».

Certes, quand il est question d’environnement, il y a beaucoup de choses qui me paraissent essentielles à exprimer dans cette simple phrase.  Mais, elle me parait également un peu trop égocentrique de la part de l’humanité.   

« Tout ce  qui entoure et influence tout », voilà la formule qui me semble la moins centrée sur l’espèce humaine quand il est question de définir l’Environnement de manière générale. Etre le sommet de la pyramide, ne veut pas dire être forcement  la Montagne. Nous sommes parmi les plus grands perturbateurs, avec le Climat, des équilibres écologiques qui se sont installés à travers tout la Terre.  Mais, je ne vois pas de quel droit nous en serions les seuls propriétaires. Nous sommes,  c’est une conviction intime  et non  le résultat d’une étude universitaire, plutôt locataires des territoires que « nous », l’Humanité , occupons  depuis plusieurs dizaines de  millions d’années déjà…

La nature sauvage, même quand nous avons l’impression de l’avoir domestiquée, est présente sur notre planète depuis la première seconde où la vie y est apparue. Notre présence, dans cet Environnement planétaire est anecdotique sur l’échelle du temps universel. Ce n’est pas la nature qu’il faudra protéger de nous. Mais bien  à nous d'apprendre à la respecter pour persister en son sein.

La Terre mère, la matrice de tout ce qui existe sous le ciel de la planète bleu. C’est elle qui entoure tout et influence tout en ce bas monde. Au moins d’un point de vue écologique,  et donc, forcement  au regard de l’environnement. C’est d’ailleurs Terre-Mer  et non seulement Terre que notre planète devrait s’appeler...

Terre, mer, montagne, désert, voilà, en quelques mots, l’environnement de l’Algérie. Avec une épée de Damoclès à deux faces tranchantes : Pollution et aridité. La blessure est cependant identique quelque soit le côté de la lame. Un pays  dont la couverture végétale s’appauvrit chaque jour un peu plus sous le l’effet cumulé de la mutation sociale et climatique qui s’ébranle en Algérie depuis quelques années.

La température monte…

L’environnement, lui social et politique, donc économique, n’est pas à même de donner l’impression aux Algériennes et Algériens qu’ils occupent le même foyer, la même maison nationale.  L’Algérie, en tant que nation immatérielle  et territoire physique vit une période d’incertitude qui me semble sans précédent depuis son indépendance, si ce n’est la décennie noire que je n’ai pas vécue de près.

L’environnement du citoyen Algérien est hostile.  Il lui a imposé l’égoïsme comme seule stratégie de survie, de « naviguage ». Seul « tout ce qui m’entoure et m’influence  intimement » ne paraît plus l’intéresser.  Le « nous » devient chacun de sont côté, l’individuel, anarchie négative.

Voilà il me semble le verrou identitaire  qui obstrue  la porte invisible qui sépare  le citoyen de sa nature profonde. Là que réside la solution, aussi.

« L’Algérie, c’est chez nous… »

Faudrait-il encore  que cela  se voie à l’œil nu. Nos « chez nous », il me semble, sont tenus comme de véritables jardins secrets. Ils sont propres, leur occupation est assujettie à des règles de comportements et d’hygiène que l’on ne retrouve que trop peu  appliquées dans  nos espaces communs. Toilettes publiques, hôpitaux, locaux administratifs, espaces verts, espaces de vie collectifs,  beaucoup trop souvent sales et mal conçus…

L’Environnement,  je  le répète, c’est tout ce qui entoure et influence tout. Nous en sommes tributaires comme tous les êtres vivants qui y évoluent tant bien que mal à notre proximité. Nous avons la possibilité aussi de l’influencer en contre partie. Car l’esprit d’une société ne peut que se refléter dans  la nature de son environnement.

C’est donc notre société que nous devons dépolluer et  aider à refleurir. L’individu, dans cet écosystème a le pouvoir d’influence sur « tout ce qui l’entoure »  et donc l’influence par induction. C’est un droit,  mais aussi un devoir pour lui. Il ne peut donc y avoir de bonne gestion de l’environnement sans un bon état de droits...et de devoirs...

L’Etat, dans ce rapport à l’Environnement a lui aussi, plusieurs droits et devoirs vis-à-vis de l’Algérie et des Algériens.

Le droit  légiférer sur la question . De dessiner des programmes nationaux. D’aménager le territoire. De gérer l’exploitation des ressources naturelles. De coordonner les initiatives civiles dans ce domaine. Certes…

Mais il a aussi le devoir de protéger et  de préserver l’intérêt commun qu’est un environnement sain pour tous les être vivants qui s’entourent et s’influencent  en Algérie. De faire un état des lieux le plus objectif  et exhaustif possible de la situation de son environnement, notamment en matière de biodiversité. D’assurer une maîtrise endémique de cet environnement, seule garantie durable de la souveraineté nationale. De bien gérer l’aménagement du territoire en respectant  son écologie intime et millénaire. D’informer et d’éduquer le citoyen en matière d’environnement. D’écouter les femmes et les hommes de terrain  et de science qualifiés. 

Nous sommes toutes et toutes une particule de l’Environnement matériel et immatériel de l’Algérie, dès lors que nous sommes Algériens. Où que nous résidions, cela doit nous concerner, en tant que Peuple,  et cela au plus haut point.

L’Environnement en Algérie ? C’est justement l’Algérie, vous, nous, moi, eux et des milliers d’espèces vivantes qui s’entourent et s’influencent au sein d’une  même planète.  La Terre mère, ses paysages, ses richesses matérielles et immatérielles. Voilà sur tout ce qu'il faut veiller ensemble, autour d'un pacte national pour  fixer les droits et les devoirs de l'environnement pour la société algérienne. 

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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Rouai 16/06/2014 12:13


Je suis entièrement d'accord avec vous! Les maisons algériennes sont très propres mais sont encore trop peu nombreux ceux qui se préoccupent de l'environnement extérieur même immédiat! J'ai vu et
je vois tous les jours des gens jeter par dessus les balcons des détritus, combien d'automobilistes jeter des cigarettes ou des pots de yaourt par les fenêtres (double risques: accident et
pollution) et j'en passe et des meilleures.  C'est pour cela que je pense que la prise de conscience doit passer par la sensibilisation des enfants.

Karim Tedjani 19/03/2015 09:49

En effet, il faut commencer à la base, c'est à dire l'éducation et préparer une génération plus cultivée et consciente...Merci pour votre commentaire...