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Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Une politique de dilapidation du potentiel naturel" Par Liberté

 

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Par : Mustapha Hammouche

Les forestiers algériens viennent d’adresser une plate-forme de revendications à leur tutelle, le ministère de l’Agriculture. Il y est question de statut, de formation, de promotion, de recrutement, de logement et, au passage, de “préjudices portés à leur secteur”.
Justement, si l’on devait s’en tenir à la gravité du dommage causé au patrimoine forestier, l’on ne peut pas dire que celui-ci soit et ait été particulièrement défendu par les fonctionnaires qui sont en charge de sa protection. Certes, suite à la catastrophe de l’été dernier, un communiqué de la Fédération des forestiers dénonçait une responsabilité “humaine”, mais sans toutefois dévoiler l’identité de cette “humanité” pyromane.
Au train où va la déforestation, il n’y aura bientôt même pas de quoi justifier une administration de la forêt. L’été dernier, entre le début juin et la fin août, quelque cent mille hectares de végétation, dont vingt et un mille hectares de forêt, ont brûlé.
Pour une surface nationale boisée d’à peine quatre millions d’hectares, l’incendie de vingt et un mille hectares détruit 0,5% du patrimoine en un été.
Il est vrai que la main incendiaire est humaine. Outre les incendies “tactiques” de la lutte antiterroriste, il y a les feux pour défrichage sauvage et ceux dus à l’irresponsable imprudence d’un Algérien qui a rompu avec l’idée de patrimoine collectif.  Au même titre que le sous-sol, les oueds, le littoral et les plaines agricoles, le territoire est victime d’une politique de la terre brûlée, au sens littéral comme au sens culturel du terme. Et c’est le même “esprit” qui a rendu possible l’industrialisation prioritaire… de la Mitidja et de la plaine d’Arzew, l’urbanisation résidentielle et “touristique” de la côte, la destruction de la nappe phréatique par l’extraction du sable d’oueds, qui devrait, en théorie, veiller à la sauvegarde de la richesse forestière. Pourquoi la forêt connaîtrait-elle donc un autre sort que celui  du sous-sol, du littoral ou des ressources alluviales, sous un régime de prédation généralisée ?
En l’occurrence, que fait la forêt au ministère de l’Agriculture ? Pour une tutelle dont le souci est de préserver, sinon d’accroître, sa surface dite utile, celle-ci constitue la victime toute désignée. Et, c’est tout naturellement que, il y a quelques années, pour mettre en œuvre le creux slogan de “mise en valeur des terres”, prétexte au scandaleux PNDAR, les Directions de l’agriculture, contraintes de “dégager” leurs quotas respectifs, ont envoyé des bulldozers déboiser des maquis centenaires pour, le plus souvent, les attribuer à des bureaucrates. Ceux-ci ont vite renoncé devant l’ampleur de la tâche agricole qu’ils venaient de découvrir, laissant de petits déserts livrés à l’érosion à la place d’anciennes brousses. 
À Yakourène, les maçons viennent se servir en troncs de cèdres pour tailler leurs pieds-droits. À Zemmouri, une forêt millénaire, longtemps prémunie du déboisement humain du fait de la menace terroriste, est aujourd’hui abandonnée à la colonisation sauvage d’agriculteurs improvisés, après le passage des bulldozers de la lutte antiterroriste.
La forêt, comme le reste du potentiel naturel de l’Algérie, a besoin d’être libérée de cette irresponsable gestion qui se fonde sur la culture antidurable d’“après moi, le déluge”.


M. H.
musthammouche@yahoo.f

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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