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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Vente de chevaux contaminés en Algérie : Le marnais condamé " Par L'Union

Publié le jeudi 30 mai 2013 à 08H06 -

 

 

 

La justice châlonnaise a déclaré Jean-Marc Chauveau coupable.

 

 

CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Tribunal correctionnel). À la tête du haras, Jean-Marc Chauveau avait faussé, en 2011, les analyses sanguines de pur-sang porteurs de la piroplasmose pour les exporter vers l'Algérie.Il vient d'être condamné à trois mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende.

 

En quarante ans de carrière dans le monde du cheval, Jean-Marc Chauveau a probablement fait là son plus audacieux pari : fausser les analyses sanguines de pur-sang atteints de la piroplasmose pour les exporter vers l'Algérie. Mais, à ce jeu-là, force est de constater qu'on peut y perdre aussi des plumes.

 

À la tête, depuis 1977, du haras de Quercize à Argers, près de Sainte-Ménéhould, ce négociant de 60 ans a, en effet, été reconnu coupable, hier, par le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne, d'escroquerie, d'exportation non déclarée de marchandise prohibée, d'exportation d'animaux vivants non conformes aux conditions sanitaires ainsi que de corruption active.

 

L'affaire avait été renvoyée lors d'une première audience en date du 23 janvier dernier (l'union du 25 janvier). Résultat : trois mois de prison avec sursis, 3 000 euros d'amende et une publication de sa condamnation dans la presse régionale et la presse des entreprises. Une publicité dont le haras de Quercize, en difficulté économique depuis deux ans, se serait bien passé.

 

Il n'en demeure pas moins que les faits dont Jean-Marc Chauveau a été reconnu coupable, commis en janvier 2011, n'avaient pas manqué, à l'époque, de provoquer un sérieux retentissement dans la profession mais aussi en plus haut lieu. La vente de chevaux contaminés à un investisseur privé algérien avait fini par contraindre l'Algérie à interdire, au mois de mars de la même année, toute importation équine en provenance de la France.

 

D'âpres négociations avaient alors été nécessaires pour que ses frontières s'ouvrent de nouveau progressivement aux chevaux français. Un certain discrédit avait également touché les instances vétérinaires et sanitaires de la Marne, mais aussi du Maine-et-Loire, qui avaient validé les analyses faussées par le négociant.

 

« J'ai seulement dit : ''C'est comme au poker, il faut payer pour voir.'' »

 

Les relations entre Jean-Marc Chauveau et l'État algérien avaient pourtant débuté sous de meilleurs auspices. En 1989, le Marnais avait vendu à ce client privilégié pas moins de 90 chevaux. Alors, quand un client algérien lui a commandé dix galopeurs et trotteurs, rien n'a paru s'opposer à ce qu'il continue à exporter vers cette destination. Un marché juteux, à 12 000 euros pièce.

 

Les chevaux ont été achetés par le négociant dans des haras normands ou encore à Chantilly. Mais plusieurs étaient porteurs du virus de la piroplasmose, dont la contamination aiguë entraîne, notamment, une perte de performance et, parfois, la mort. Un virus particulièrement surveillé en Algérie, où les réglementations vétérinaires le concernant sont drastiques, en raison du climat chaud propice aux moustiques et autres tiques, par lesquels il se transmet à l'animal.

 

Aussi, pour respecter les contraintes réglementaires, le négociant n'a pas hésité à fausser les analyses sanguines des chevaux contaminés en leur administrant un traitement médicamenteux, le Carbésia, dont les effets ont été de neutraliser le virus pendant un certain temps. Les directions sanitaires et vétérinaires de la Marne mais aussi du Maine-et-Loire, d'où sont partis deux des dix chevaux, ont ensuite validé les certificats nécessaires à l'exportation, sur la base des documents fournis par Jean-Marc Chauveau.

 

Le subterfuge aurait peut-être pu passer inaperçu si des ratures sur le passeport des chevaux n'avaient pas suscité les soupçons des services vétérinaires algériens après le décès suspect de plusieurs chevaux. Des contre-analyses seront diligentées à Maisons-Alfort. Jean-Marc Chauveau aurait alors attendu le livreur aux portes du laboratoire pour lui proposer 1 000 euros en échange du colis contenant les échantillons de sang en provenance de l'Algérie. Ce que le négociant à catégoriquement nié à la barre. « Je reconnais avoir administré du Carbésia mais ce chauffeur fabule, a-t-il déclaré. J'ai seulement dit : ''C'est comme au poker, il faut payer pour voir.''. »

 

Le livreur a refusé. Jean-Marc Chauveau, lui, a perdu sa mise. La facture des chevaux ne lui a jamais été réglée.

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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