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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Inondations en Algérie : pluie et torrents de problèmes"

Inondations en Algérie : pluie et torrents de problèmes

Sept morts, des ponts effondrés et des dizaines de sinistrés

 

Au moins sept personnes ont trouvé la mort depuis samedi dans les intempéries qui se sont abattues sur le nord du pays. En plus des deux personnes décédées à Alger, samedi, cinq autres ont péri dans la nuit de lundi à mardi à Boumerdès et Oran, alors qu’une personne est portée disparue toujours à Boumerdès.

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mercredi 28 novembre 2007 / Le Quotidien d'Oran

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A Dellys (Boumerdès), une personne âgée de 35 ans, qui était à bord de son véhicule, a été emportée par les eaux de l’oued Kiza dans la nuit de lundi à mardi, selon la Protection civile qui poursuivait hier les recherches pour retrouver la victime.

Dans la même ville, deux autres personnes ont été emportées par les eaux en furie, selon des sources hospitalières qui indiquent que leur identité n’a pas été encore établie. Un adolescent âgé de 15 ans a été emporté, lundi, par les eaux à Sidi Daoud.

En plus des pertes humaines, les dégâts matériels sont considérables. En effet, plusieurs quartiers des communes de la région Est de la wilaya ont été inondés, alors que des routes ont été coupées et des ponts se sont effondrés, a-t-on appris mardi auprès de la Protection civile. Le plus gros des dégâts dus à ces intempéries est signalé dans la daïra de Dellys où le niveau des eaux a atteint près d’un mètre de hauteur dans les quartiers de Sidi El-Medjni et Les Jardins, ainsi que les zones d’implantation des chalets de Takdamt, les Salines et La Carrière. Une dizaine de ponts se sont effondrés également. Il s’agit notamment de celui de Sidi El-Medjni, au centre-ville de Dellys, et un autre reliant Baghlia à Sidi Daoud. Ces deux ponts ont été emportés par les eaux boueuses de l’oued Sebaou, dans la commune de Sidi Daoud, ainsi que le pont oued Tiza reliant les localités de Afir et Dellys.

En outre, suite à l’effondrement du pont Tiza, la conduite du gaz naturel le jouxtant et alimentant les habitants de la ville de Dellys a été endommagée, ajoute le communiqué, soulignant que le pompage de gaz a été interrompu par les services de la Sonelgaz.

Par ailleurs, la RN 24 a été coupée à la circulation au niveau de la région Sahel Boubarak de la commune de Sidi Daoud, au même titre que la RN 25 dans la commune de Ben Choud et la route entre Sidi Daoud et Baghlia. Pour limiter les dégâts provoqués par ces inondations, les services de la Protection civile ont mobilisé tous les moyens humains et matériels. Les sapeurs-pompiers sont assistés dans leur tâche par l’unité nationale d’intervention de Dar El-Beïda et des éléments de l’ANP.

Trois camions et deux véhiclues emportés par les eaux à Dellys

Et selon la gendarmerie nationale, trois camions, avec cinq personnes à bord, ainsi que deux véhicules légers ont été emportés par les crues au niveau du port de Dellys. Ces personnes ont été secourues par les éléments de la Protection civile.

Mardi matin, plus de 150 familles sinistrées ont été recensées, au moment où les sapeurs-pompiers ont porté assistance à 11 familles résidant dans les chalets. On apprend également que quarante citoyens de la cité Le Plateau, dans la commune de Sidi Daoud, dont les habitations ont été inondées par les crues, ont squatté des logements de l’OPGI, récemment réalisés à la même cité. L’oued Sebaou a débordé de son lit, causant d’énormes dégâts à l’agriculture.

En plus, la ville reste plongée dans l’obscurité, depuis 24 heures, ce qui a obligé les parents à garder leurs enfants à la maison.

A Oran, les fortes précipitations enregistrées dans la nuit du lundi au mardi ont provoqué l’effondrement total d’une habitation précaire au quartier dit Terrain Gazelle, au quartier Essanaouber (ex-Planteurs).

La propriétaire, une dame identifiée par les initiales B.K., âgée de 62 ans, est morte sur le coup, ensevelie sous les décombres. Sa fille, âgée de 18 ans, s’en est sortie avec des lésions minimes au niveau des membres inférieurs grâce à l’intervention in extremis des riverains, qui l’ont sauvée d’une mort certaine.

Au lieu-dit Le Rocher, situé à Haï Bouamama, dans la banlieue ouest d’Oran, un septuagénaire a trouvé la mort par électrocution. Selon les informations recueillies sur les lieux, l’infortuné était en train de manipuler des câbles électriques, suite à une coupure d’énergie provoquée par la chute d’un pylône électrique, lorsqu’il a reçu une décharge qui lui a été fatal. La dépouille mortelle a été évacuée vers la morgue de l’hôpital d’Oran. Durant la même nuit, une personne a été blessée dans un effondrement partiel survenu au quartier populaire du Derb. D’autres sources font état de quatre blessés légers dans un effondrement partiel à El-Hamri.

Selon la gendarmerie nationale, la route nationale reliant Oran et Mostaganem, au lieu-dit Ben Mansour (commune de Bir-El-Djir), est fermée à la circulation en raison de l’inondation de la chaussée.

A Alger, où deux décès ont été enregistrés depuis samedi, les services de la Protection civile sont intervenus dans la commune de Zéralda, où il a été signalé, rappelle-t-on, l’affaissement d’un pont situé sur la route reliant Zéralda et Staouéli à hauteur d’Azur-plage.

Dans la commune de Bachdjarrah, un glissement de terrain occasionnant l’effondrement de quatre baraques situées à bord d’un oued au niveau du commissariat de police a été enregistré et 160 familles habitant des habitations précaires situées sur la rive de l’oued la Glacière ont été évacuées.

200 habitations au douar Tayeb Djeghali et Haouch Nouari (commune de Tassala-El-Merdja) ainsi que 40 habitations au douar Ahmed Ben-Djillali (commune de Douéra) ont été inondées par les eaux de pluie, a indiqué la Gendarmerie nationale dans un communiqué, ajoutant qu’une habitation de fortune d’une cité de la commune de Bologhine s’est effondrée partiellement suite à un glissement de terrain, occasionnant des blessures diverses à un enfant. Une fillette de 7 ans a été emportée par les crues au douar Melala (commune de Chéraga), ajoute la même source, qui assure toutefois qu’ »elle a été secourue par des riverains ».

En outre, 24 habitations de la cité Baba Ali, dans la commune de Birtouta, ont été inondées, ajoute la même source, précisant que les eaux ont été évacuées par les éléments de la Protection civile.

Danger à l’entrée de Aïn Benian

A l’entrée de Aïn Benian, un immense affaissement de sol s’est produit durant la nuit de lundi. Des responsables de la Sûreté nationale présents sur place ont affirmé à l’APS que cet affaissement représente « un danger » pour les habitations qui le juxtaposent. « Les propriétaires devraient être évacués car la crevasse risque de s’élargir davantage, puisque les pluies continuent toujours de tomber », ajoutent-ils. Ils ont également signalé que le poste de transformation de haute tension de la Sonelgaz qui se trouve juste à côté de la fosse risque lui aussi de s’effondrer et pourrait causer d’autres gênes et perturbations. Sur le chemin d’Aïn Benian menant à Chéraga et Bouchaoui, les chaussées ont été inondées par des eaux pleines de boues qui dévalent des hauteurs d’Alger. Cette situation a provoqué un climat de panique chez les automobilistes dont certains ont préféré rebrousser chemin.

Par ailleurs, l’activité portuaire connaît un ralentissement alors que le trafic aérien n’a pas enregistré d’annulation « significative », a-t-on appris mardi auprès de la direction générale du port d’Alger et de la direction de l’exploitation (DEX) de l’aéroport. « Aucun dégât n’est à déplorer au niveau du port d’Alger et ses infrastructures », a indiqué à l’APS le P-DG du port d’Alger, M. Abdelhak Bourouai, relevant toutefois qu’il y a eu « un ralentissement » de l’activité portuaire.

Sur la vingtaine de navires accostés au port pour des opérations commerciales, neuf seulement ont vu leurs cargaisons déchargées, a-t-il précisé, ajoutant que sept n’ont pu être opérés à cause du ressac et les autres n’ont pu l’être pour diverses raisons (absence de clients, mauvais temps).

Une cargaison de 2.000 tonnes de rond-à-béton, destinée au port d’Oran, était en détresse à neuf milles du port d’Alger, alors qu’un navire a été contraint de sortir du port après que ses amarres se soient cassées. Concernant le transport maritime et de voyageurs, la car-ferry Tarek-Ibn Zyad a été contraint de reporter son départ pour Marseille, initialement prévu lundi à 13h, à mercredi à 6h. Pour ce qui est du trafic aérien, il n’y a pas eu d’annulation « significative » de vols, mais, a-t-on ajouté, « des retards assez importants, d’une heure à trois heures, aussi bien en ce qui concerne les vols internationaux que domestiques, ont été enregistrés dimanche après-midi ». Deux vols ont été annulés, lundi après-midi, le premier de la compagnie britannique et le deuxième d’Air Algérie.

Belkhadem dénonce l’intervention de l’armée

Le chef du gouvernement s’est rendu hier après-midi dans des sites affectés. M. Belkhadem, qui était en compagnie de certains membres du gouvernement, a, tout d’abord, visité le grand collecteur d’eau de oued M’kessel, dans la commune de Oued Koriche, obstrué par la boue et autres objets hétéroclites charriés par les eaux.

M. Belkhadem a déclaré que les dégâts occasionnés par les intempéries que connaît la région centre du pays, notamment Alger, sont dus à des « circonstances exceptionnelles » avec une pluviométrie record, annonçant l’intervention en renfort de l’Armée nationale populaire (ANP).

« Nous sommes en train d’étudier la situation dans l’ensemble des régions touchées, à Tigzirt, Dellys, Ténès, la Casbah d’Alger, Zéralda et d’autres encore », a-t-il ajouté.

« Des instructions ont été données pour faire intervenir, s’il le faut, des unités de l’ANP, en coordination avec les autorités locales », a-t-il affirmé. M. Belkhadem a ajouté que les dégâts matériels n’ont pas encore fait l’objet d’une évaluation financière, mais que des « programmes spéciaux seront établis en fonction de la situation constatée sur le terrain ».

Il a dit cependant que la situation « ne doit pas être exagérée ».

Dans les wilayas de Blida et Médéa, touchées également par les intempéries, le plan ORSEC a été déclenché.

Dans la wilaya de Blida, la protection civile est intervenue dans la commune de Benkhelil et plus précisément au douar Benchaâbane pour l’évacuation préventive de 23 familles dont les demeures étaient menacées par les eaux après la rupture de la retenue collinaire de Sidi Abdellah, située en amont de cette agglomération. Les familles sinistrées ont été accueillies provisoirement dans des écoles du quartier. La Gendarmerie signale pour sa part que près de 300 habitations situées au niveau de plusieurs agglomérations de la commune de Ben-Khellil inondées par les crues de oued Gabi, indiquant, par ailleurs, que 2 personnes de la cité Ben-Chaabane ont été évacuées à l’hôpital de Boufarik après avoir reçu des décharges électriques dans leurs habitations.

Dans la wilaya de Tipasa, les éléments de la Protection civile ont effectué 130 interventions durant ces trois derniers jours pour porter secours aux familles dont les habitations ont été inondées par les eaux ou sur des tronçons routiers qui ont été momentanément coupés à la circulation.

Panique près du pont de Tenes

Dans la wilaya de Chlef, les sapeurs-pompiers de Sidi Akkacha sont intervenus au village de montagne de Thalassa (30 km au nord-ouest de la ville de Ténès) où six familles ont été secourues après que leurs habitations eurent été inondées. A Ténès, les crues de l’oued Boussoussa lundi ont semé la panique parmi les habitants de la cité « des Frères Robaine », à l’entrée Est de la ville, près du port, après les débordements de l’oued Tiffiles qui ont menacé d’inonder ce quartier

L’intervention rapide de la protection civile a ramené le calme dans ce quartier menacé « en permanence d’inondations du fait de travaux défectueux effectuées sur cet oued », selon des riverains. Les dernières inondations de ce quartier remontent à moins de quarante jours, selon un habitant joint par téléphone. L’accès au port de la ville a été, par ailleurs, bloqué pendant plusieurs heures lundi du fait des importants dépôts d’objets hétéroclites charriés par les eaux en furie de l’oued Boussoussa. D’autre part, la circulation routière a été interrompue pendant plusieurs heures sur le tronçon de la RN 11 entre les communes côtières de Béni Haoua et Oued Goussine suite aux éboulements enregistrés sur cet axe routier traversant une zone au relief accidenté et fortement boisé. Dans la wilaya de Médéa où de fortes précipitations ont été enregistrées, le plan ORSEC a été déclenché par les autorités locales.

A Tizi Ouzou, une dizaine de familles ont été évacuées suite à l’inondation de leurs maisons provoquée par des fortes chutes de pluies durant la nuit du lundi à mardi. Selon un bilan fourni par le chargé de communication de la Protection civile de Tizi Ouzou le lieutenant Ghezali Chrif, 5 maisons et 3 locaux commerciaux à Tigzirt ont été inondés et leurs occupants évacués, alors que la circulation automobile a été momentanément coupée mardi matin sur la RN 12 au lieu-dit Cacobat sortie ouest de la ville suite aux éboulements. Même la station de dessalement d’eau de mer a été touchée par des inondations suite à la crue de l’oued donnant sur la plage de Tassalaset où est implantée celle-ci provoquant la rupture momentanée de la production d’eau potable.

A Azeffoun, 5 autres familles ont été secourues après que leurs maisons eurent été inondées comme ce fut le cas pour le siège de la daïra et du CFPA de la ville. La RN 24 reliant Azeffoun à la wilaya de Béjaïa est restée coupée à la circulation hier et des automobilistes ont été contraints de rebrousser chemin.

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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