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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Les energies renouvelables en Algérie....

Le soir du 29 novembre 2003, la Sonelgaz (entreprise publique, seule dans la distribution d'électricité et de gaz) et la Télévision algérienne (unique chaîne) ont procédé, avec les ménages algériens, à une opération-test pour montrer l'économie d'électricité que l'on peut réaliser en éteignant une ampoule qui serait restée allumée inutilement. C'est un exercice que les Français ont fait, quelque trente ans avant, quand ils avaient été confrontés à une grave crise énergétique. A cette époque, l'idée d'économie d'énergie bien ancrée dans les pays développés, était taboue en Algérie. La preuve : cette mention n'a pas été explicitement portée dans la « raison sociale » de l'APRUE (Agence pour la rationalisation de l'utilisation de l'énergie), créée en 1985, premier organisme de ce genre dans un pays de l'OPEP.

Les autorités ne voulaient pas admettre la nécessité d'économiser quoique ce soit, s'en tenant au mythe de l'abondance et du rôle de l'Etat-providence chargé de procurer aux Algériens, sans compter, tout ce dont ils ont besoin. Le domaine de l'énergie n'a pas échappé à cette règle : la population n'avait pas à s'en faire, la satisfaction de ses besoins énergétiques figurait parmi les droits consacrés par les textes fondamentaux, au même titre que l'emploi, la santé, l'éducation, le logement. Pour le reste, elle n'a pas à savoir, par exemple, que l'électricité est produite en grande partie à l'aide du gaz naturel qui constitue une des deux principales sources de devises du pays.

En janvier 1986, l'effondrement aussi spectaculaire que surprenant des prix du pétrole brut et du gaz, aggravé par la chute du cours du dollar qui est la monnaie de paiement, a conduit à un grand tournant totalement imprévu. Mais les autorités algériennes ont tardé à changer de cap et à donner toute son importance au créneau des énergies renouvelables.

On le comprend : tout le monde sait que l'Algérie dispose de grandes ressources en énergies fossiles. Elles sont évaluées à plus de 5 milliards de tonnes équivalent pétrole en réserves prouvées récupérables. C'est la principale source de recettes extérieures du pays. Mais, ce que l'on connaît moins, c'est le potentiel en énergies renouvelables : énergie solaire, géothermie (c'est la moins polluante, plus de 200 sources chaudes ont été inventoriées dans la partie nord du pays, dont le tiers ont des températures supérieures à 45°, avec 199° à Biskra), biomasse, énergie éolienne et, dans une part négligeable, électricité hydraulique. Selon le ministre de l'Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, « le potentiel techniquement exploitable en énergies renouvelables en Algérie est considérable et la qualité des gisements est telle que des investissements rentables peuvent être envisagés pour leur développement ». Un usage massif des énergies renouvelables peut être envisagé en Algérie.

En Algérie, en dépit d'un potentiel considérable, la part des énergies renouvelables dans le bilan énergétique est encore très faible. Dans la production d'électricité, elle est quasiment nulle, contrairement à d'autres pays de la région.

La tendance à une forte urbanisation et la volonté d'atteindre des taux de croissance appréciables, imposées par un accroissement démographique important, indiquent pour les prochaines années, un niveau élevé de demande d'énergie, particulièrement pour l'électricité. La pression environnementale mondiale sur le champ économique et social, exercée à travers des conventions internationales, des normes et des directives contraignantes, particulièrement dans le domaine de l'énergie, incite à l'utilisation des énergies renouvelables.

Elles ont été placées à un rang prioritaire dans le programme de recherche scientifique et de développement technologique. C'est l'APRUE qui coordonne le programme algérien des énergies renouvelables. Un Comité spécialisé dans les énergies renouvelables (CSER) a été créé sur l'initiative de l'ANVREDET (Agence nationale pour la valorisation des énergies renouvelables et le développement des technologies), elle-même créée en 1998, sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Ce comité a pour but de mettre en relation tous les acteurs concernés par la réponse stratégique à apporter aux besoins en matière d'énergies renouvelables notamment en énergie solaire.

En Algérie, la loi du 28 juillet 1999 sur la maîtrise de l'énergie, qui a comblé un vide en la matière, prévoit des avantages financiers, fiscaux et en matière de droits de douane, pour les actions et les projets qui concourent à la promotion des énergies renouvelables. Une grande proportion de l'énergie consommée est utilisée pour la climatisation, le chauffage et la fourniture d'eau chaude dans les habitations. Qu'il s'agisse de projets nouveaux ou de réhabilitation d'anciennes constructions et de modernisation du bâti, les constructeurs de logements et les architectes sont de plus en plus interpellés pour contribuer à concevoir des bâtiments où l'exigence d'économie d'énergie et de préservation de l'environnement serait prise en compte. L'usage de lampes à basse pression dans l'éclairage domestique pourrait contribuer à réduire de 10 % la demande annuelle totale d'électricité. La consommation domestique représente 52 % de la consommation totale des ménages tous secteurs confondus et l'éclairage absorbe 30 % de la consommation totale des ménages.

Des mesures visent à l'écoulement sur le marché de volumes d'électricité produite à partir d'énergies renouvelables ou de système de cogénération tels qu'arrêtés par le programme de production d'électricité élaboré par la commission de régulation de l'électricité et du gaz. Le gouvernement algérien veut encourager et promouvoir l'utilisation, particulièrement dans les zones éparses, des énergies solaire et éolienne, dans le cadre d'une politique soutenue et cohérente de développement équilibré de l'ensemble des régions du pays. Les spécialistes estiment que l'Algérie présente des potentialités au plan scientifique et technologique qui peuvent aider la mise en place d'une industrie des énergies renouvelables.

Quelques entreprises sont apparues, ces dernières années, dans le solaire et l'éolien, dans le secteur des services (ingénierie, distribution et montage d'installations, maintenance). Une structure de fabrication et de développement des prototypes de cellules solaires existe depuis mai 2003. En 2004, l'ENIE a lancé un projet de fabrication de piles photovoltaîques.

La plus connue, sans doute, est New Energy Algeria (NEAL) créée, en juillet 2002, dotée d'un capital de 200 millions de DA, réparti comme suit : Sonatrach et Sonelgaz, 45 % chacune, et SIM, 10 %. NEAL constitue une innovation à double titre: elle consacre le partenariat entre secteur public (Sonatrach et Sonelgaz) et secteur privé (le Groupe SIM) et concerne le domaine des énergies renouvelables. La nouvelle loi sur l'électricité qui a ouvert le secteur dans les segments de la production et de la commercialisation, autorise NEAL à produire de l'électricité à partir du solaire et de l'éolien et à la commercialiser sur le marché local et à l'export. NEAL vise une production de 400 MW en hybride solaire-gaz et 10 MW en éolien. NEAL a lancé en association avec la compagnie espagnole Abener, la réalisation d'une centrale électrique hybride solaire-gaz, d'une capacité de 150 MW dont 25 MW en solaire, qui sera construite, sur 190 hectares et un champ solaire de 90 ha, à Hassi R'mel, sur le plus grand champ gazier d'Algérie. Son coût est de 316 millions de dollars et le délai de réalisation de 33 mois.

Certains spécialistes pensent qu'à l'horizon 2015, l'Algérie pourra exporter vers l'Europe, 1 000 MW d'origine solaire produite au Sahara qui seraient acheminés par les réseaux électriques interconnectés.

Le potentiel énergétique solaire, qui a pour caractéristiques d'être inépuisable, non polluant et disponible partout, est bien pourvu en Algérie. Les spécialistes estiment toutefois que le réseau de mesures du rayonnement solaire est encore peu dense relativement à la superficie du territoire. Le potentiel en énergie solaire est déterminé par les critères d'implantation des équipements. L'ensoleillement annuel sur tout le territoire est parmi les plus élevés dans le monde. Il dépasse les 2000 heures, pouvant atteindre les 3900 heures sur les Hauts-Plateaux et le Sahara. A titre d'exemple, une station photovoltaïque d'une puissance de 5 KWc (kilowatts en puissance de crête), assure l'alimentation électrique des équipements de la station de mesure de référence du programme de recherche de la Veille de l'Atmosphère Globale, implantée sur le site de l'Assekrem, dans la wilaya de Tamanrasset. Le site se prête à cette solution pour deux raisons : éloignement du réseau conventionnel et ensoleillement quasi-permanent. C'est le cas des villages solaires de Sonelgaz qui se trouvent dans le Grand Sud. Exception, sans doute : près d'Alger, à Staouéli, une station-service de Naftal est équipée de vingt-deux panneaux solaires pour son alimentation en électricité. La gendarmerie nationale également a décidé d'utiliser l'énergie solaire pour les besoins de ses sites non reliés au réseau conventionnel.

Certes, les panneaux solaires prennent beaucoup de place mais ils sont faciles à transporter et peuvent être installés sur les toits, au bord des autoroutes et dans les coins les plus reculés, notamment les déserts. Un de leurs inconvénients est d'être exposés aux risques de vandalisme et de vols.

Quant à l'éolien, il est rentable là où il y a du vent et dépend fortement des conditions climatiques (trop de vent : usure et problèmes électriques ; peu de vent : pas de fonctionnement). Bien que le régime des vents en Algérie soit modéré (2 à 6 m/s), les spécialistes ont noté que son potentiel énergétique convient pour le pompage de l'eau en zone côtière et sur les Hauts-Plateaux. Un Atlas éolien, établi par le CDER, permet de localiser les régions destinées à recevoir les applications des systèmes de conversion éoliens. Il est prévu l'installation d'une centrale éolienne de 2,25 MW à Adrar. La Sonatrach a financé à travers sa Fondation Tassili la réalisation de la première éolienne algérienne à pales verticales et à géométrie variable, adaptée aux conditions climatiques algériennes.

En Algérie, un décret d'application de la nouvelle loi sur l'électricité, contient des mesures incitatives à la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables. Quant à la loi sur les énergies renouvelables votée en 2004, elle fixe à 10 % la part du solaire et de l'éolien dans le bilan énergétique national à atteindre en 2020. Cette loi est motivée par la volonté de limiter la production de gaz à effet de serre conformément à l'engagement de l'Algérie découlant de sa ratification de la Convention-cadre sur les changements climatiques qui avait été signée en juin 1992 et qui est entrée en vigueur le 21 mars 1994.

(Extrait de « Les risques écologiques en Algérie. Quelle riposte ? »,
paru aux Editions APIC, juin 2005 Alger)

 

 

Algérie

L'audit énergétique

L'Algérie se préoccupe des problèmes d'efficacité énergétique comme l'indique la loi sur la maîtrise de l'énergie adoptée en août 1999, qui porte aussi bien sur la production et la transformation de l'énergie que sur son utilisation dans tous les secteurs d'activité : industrie, transport, bâtiment. Elle prévoit l'introduction de normes d'efficacité énergétique (isolation thermique dans le bâti neuf, nouvelles normes pour les appareils électriques, au gaz), l'institution d'un système d'audit énergétique obligatoire et périodique chez les grands consommateurs, une sensibilisation des utilisateurs (formation au sein des institutions publiques et privées mais aussi info rmation en milieu scolaire et auprès du grand public), des avantages financiers, fiscaux et douaniers. Elle aborde également le développement des énergies renouvelables et la réduction de l'impact du système énergétique sur l'environnement. Un Fonds national pour la maîtrise de l'énergie est prévu pour financer cette politique.

L'audit énergétique intervient dans la prise de décision, dans la proposition de montages financiers qui orientent l'investisseur dans son programme de modernisation pour lutter contre les gaspillages, modifier les procédés et rééxaminer les besoins pour les réduire éventuellement. Sonelgaz propose des incitations financières dans ce sens.

L'objectif est la recherche d'une plus grande efficacité énergétique, c'est à dire réduire la consommation d‘énergie pour un usage donné.

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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