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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Les milieux naturels protégés d’Algérie" Par Abdelouahab KARAALI

Publié le 08/09/2008 à 12:00 par djebel
Par Abdelouahab KARAALI,Membre adhérent de l’Association pour l’Environnement « EL-MEBDOUA » IBN-ZIAD (CONSTANTINE) - 23 décembre 2006

Le Parc National de Theniet El Had (Tissemsilt) en coordination avec la Direction Générale des Forêts (DGF) et le Ministère de l’Agriculture a édité un Atlas des Parcs Nationaux (Mars 2006).

Ce document, unique en son genre, est bien conçu, bien structuré avec une cartographie situant les Parcs, de belles illustrations photographiques, nous renseigne parfaitement sur ces espaces protégés par voie réglementaire, les contraintes qui se posent dans le cadre de leur protection, de la faiblesse en encadrement et en moyen pour des études scientifiques et de recherche (inventaire exhaustif de la faune et de la flore, biotopes, écosystèmes …).

Dans cet Atlas, il est présenté huit parcs nationaux :

1 - Parc National de Theniet El Had (Tissemsilt) :
Superficie 3 424 Ha. Unique cédraie occidentale d’Algérie. Le chêne liège végète à plus de 1 600 m d’altitude (fait rarissime sur le pourtour Méditerranéen). Présence du Lynx caracal …

2 - Parc National du Djurdjura (Tizi-Ouzou-Bouira) :
Superficie 18 550 Ha. L’un des massifs les plus riches en rapace d’Algérie du Nord (Aigle royal, Gypaète barbu …). Mammifère : Serval (espèce probable).Cèdre de l’Atlas avec, If Houx, Erable … Peuplement endémique du Pin noir.

3 - Parc National d’El-Kala (El Tarf) :
Superficie 76 438 Ha. Figure parmi les zones protégées les plus prestigieuses de la Méditerranée occidentale. Juxtaposition d’écosystèmes différents et interdépendants (marin, dunaire, lacustre et forestier). Il constitue le dernier refuge du cerf de Berbèrie et une avifaune de plus de 60 000 canards et foulques /An. Une frange marine riche en corail, poissons et posidonie.


4- Parc National de Chrèa (Blida) :
Superficie 26 587 Ha. Belle station de ski et cédraie aux portes d’Alger et de Blida, gorges et cascades le long de la RN n°1. Présence du Thuya de Berberie (Tertraclinis articulata) et d’un Arboretum de Hakou Ferraoun (Tilleul, Châtaigner, Noyer, Houx, Erable …).


5- Parc National de Belzema (Batna) :
Superficie 26 250 Ha. Présence de grandes étendues du Cédre de l’Atlas dans une zone de grandes influences sahariennes et méditerranéennes. Unique peuplement de grand Houx et du Chèvrefeuille étrusque dans les Aurès, qui est aussi un haut lieu de la Révolution Algérienne (Novembre 1954).



6- Parc National de Taza (Jijel) :
Superficie avec son extension 50 000 Ha. Unique aire protégée qui abrite des chênaies pures et mixtes de Chêne zeen (Quercus faginéa), Chêne afarés (Quercus afarés) et Chêne liége (Quercus suber). La Sitelle Kabyle (Sitta ledanti) , passereau endémique d’Algérie. Un territoire à écosystème terrestre et marin. Le barrage d’Erraguène avec un plan d’eau de 900 Ha (station par excellence d’hivernage de la sauvagine d’Europe du Nord).

7- Parc National de Gouraya ( Bejaia) :
Superficie 2 080 Ha plus un lac lacustre de Mezaïa de 2,5 Ha. Sa particularité, il est composé de sites et paysages naturels exceptionnels, au nombre de neuf dont la Crête de Djebel Gouraya, Pic de singes … Une partie marine de 11.5 Km de long avec des mammifères protégés (Cachalot commun, Grand dauphin, Marsouin …). L’ISMAL (Institut des Sciences de la Mer et de l’Aménagement du territoire) par une étude, a répertorié six paysages d’intérêt international dont Encorbellement à Lithophyllum Lichenoïdes, Trottoirs à Vermets, Bourrelets à Corallina elongata …


8- Parc National de Tlemcen :
Superficie 8 225,04 Ha. Préservation des suberaies de Hafir et Zarifet (peuplements reliques), pinède de Tlemcen de 110 ans d’age, lieu apprécié par la population. Dernier biotope de l’Ecureuil de Berberie. L’extension sera pontée à 90 000Ha et englobera les sites archéologiques, historiques et écologiques…


Cette liste doit être complété par les Parcs Nationaux du Tassili et de l’Ahaggar dans le Grand Sud Algérien ainsi que le Parc du Naama , à l’Ouest du Pays non décrits dans cet ouvrage ainsi que les Zones Humides classées dans la convention RAMSAR.


Cet effort doit être poursuivi et soutenu par l’Administration Centrale.

Par exemple, dans la région de Constantine où il est possible de créer un Réserve Naturelle de 10 000 Ha et plus.

C’est l’aire du Chêne vert et du Genévrier oxycèdre sur un substrat calcaire, formé d’une succession de massifs de Constantine à Oued Athmènia (Mila) avec des niches de rapaces et charognards (Aigles, Faucons, Vautours …).

Ces massifs constituent également des réservoirs d’eau pour la région. Pendant les années de faible pluviométrie, certaines sources ont gardé un débit important durant l’été. Cas de AinTrab (Commune d’Ibn Ziad), Ain Foua (Commune d’Oued Athmènia).Pour la ville d’Ibn Ziad, il vient d’être réalisé un forage concluant au pied du Djebel Zouaoui (partie centrale de la Réserve Naturelle projetée).

Présence de vestiges archéologiques à Ibn Ziad et Ain Smara, zones touchées par le classement éventuel. Les sommets des massifs constituent des belvédères avec des panoramas sur Constantine, sa région et celle de Mila.

Un grand laboratoire donc, à ciel ouvert pour la 3ème Université du Pays, qui reste méconnu et délaissé à la dégradation et à la perte d’un patrimoine inestimable (carrières, surpâturage, coupes illicites, vol des oisillons des rapaces, braconnage…) tant de méfaits condamnables mais qui persistent .

Les thèmes d’intérêt pour l’Université sont la géologie, l’hydrogéologie, l’écologie,la phytotherapie, l’ornithologie, l’archéologie, l’étude des fossiles, la spéléologie …

L’exemple de l’Australie (Données de 1994. L’Australie en bref)


A titre de comparaison, l’Australie dispose de 3 587 zones protégées. Les parcs et réserves terrestres nationaux vont du petit parc dont la superficie est inférieure à 1 hectare jusqu’au Parc National de Kakadu de 19 757 Km2.

Les premières lois visant à protéger les sites naturels de l’Australie ont été votées en Tasmanie en 1863.

En 1991, environ 49,9 maillons d’hectares, soit 6,4% de la superficie totale de l’Australie, abritaient des parcs nationaux et autres réserves en tous genres. En outre, des réserves maritimes ont été créées, couvrant une superficie totale de 43,6 millions d’hectares, ce qui représente 4,9% du territoire maritime de l’Australie.

L’Australie a préparé une stratégie nationale en matière de gestion des zones de pâturage et joue un rôle important dans l’élaboration de la convention des Nations Unies sur la Désertification.

Les Australiens se sentent de plus en plus concernés par la protection de la nature et d’autres problèmes liés à l’environnement. Les sociétés de protection de la nature comptent plus de 800.000 membres. Depuis 1950, le nombre de ces sociétés est passé de moins 50 à plus de 1000.

Les pouvoirs publics ont élaboré une stratégie nationale en matières de développement écologique durable afin de veiller à ce que les structures de développement économique soient compatibles avec une durabilité environnementale et sociale à long terme .

Des propositions pour l’Algérie


En ce qui concerne notre pays, l’expérience acquise dans ce domaine doit nous permettre de poser de nouveaux jalons pour une meilleure maîtrise de gestion de ces aires protégées par l’écoute et la concertation avec les entités des parcs. On peut citer à titre indicatif, les propositions suivantes :

Réglementation en adéquation avec les changements politiques, économiques et sociales que connaît le pays (relation du parc avec les communes, les riverains …).
Assainissement des litiges survenus après la création des parcs (concession de carrières d’agrégats, décharges publiques, unités industrielles polluantes, urbanisation non maîtrisée et non souhaitée …).
Gestion judicieuse des ZET (zone d’extension touristique) en harmonie avec les objectifs du parc et non le brouhaha de la ville.
Amélioration des conditions de vie des populations riveraines des parcs en les associant au développement rural par des projets de proximité, des projets de mise en valeur, des chantiers d’utilité publique de plein emploi …
Développement de l’artisanat en rapport avec la matière locale (produits de la forêt, de l’agriculture des gisements miniers « argile … »)….
Réglementation des parcours, pour permettre la régénération des espèces ligneuses et herbacées menacées.
Renforcement du dispositif de prévention et de lutte contre les incendies en associant les comités de riverains.
Création de petit parc animalier, pour l’élevage et le repeuplement. Cas de la loutre qui n’est citée par aucun parc (existait dans la région de Constantine).
Renforcement de la recherche avec l’Université pour la maîtrise du terrain et des Sciences.
Création des Musées de la Nature et sensibilisation soutenue des scolaires aux zones des Parcs et du reste du Pays.
Amélioration du contenu scolaire avec les données du pays.
Mise en place d’un réseau Intranet entre les parcs pour améliorer le circuit de l’information et l’échange de données entre Techniciens et Chercheurs (gain de temps et d’argent).
Publication de bulletins techniques et scientifiques – cas de Theniet El-Had par son bulletin mensuel, qui est à sa 3ème année.
Echange avec la communauté Internationale, pour confrontation d’expérience et enrichissement mutuel.
Editer l’Atlas et le mettre sur le marché pour le grand public.
Emission télé sur les parcs nationaux Algériens et du monde.
Matérialisation de circuits de randonnées et de découvertes, l’implantation de gîtes …
Développement des sports de montagne, la spéléologie, la plongée sous marine …
Développer des sections d’écovolontariats au profit des groupes structurés (associations …).
Ce volet étant sensible et vital pour le pays, les pouvoirs publics doivent redoublés d’intérêt à ce chantier qui à débuté en 1983, date de la promulgation du Décret, instituant et définissant les parcs nationaux, par un soutien soutenu et continu.




Ensemble pour une Algérie prometteuse et généreuse pour ce siècle qui s’annonce capital pour l’humanité. En effet, la biodiversité est une et indivisible et est un patrimoine Universel commun à tous les Hommes de la Planète.

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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