"Conférence internationale sur les zones Humides à Guelma" .El Watan Edition du 4 décembre 2008
L’écosystème le plus menacé au monde
Quelle importance ont les zones humides pour l’humanité ? Quel est l’impact de la pollution sur ces écosystèmes ? Quel est l’état des zones humides
en Algérie ? Mais avant tout, qu’est-ce qu’une zone humide ? C’est à l’ensemble de ces questions qu’ont répondu les scientifiques algériens, tunisiens, marocains et français lors de la Conférence internationale sur les zones humides qui s’est tenue à Guelma du 2 au 4 décembre.
Une conférence qui se veut un point de rencontre entre les découvertes et les recherches de chacun, mais également le rendez-vous de gens passionnés et alertés quant à la fragilité croissante
de ces écosystèmes. Une zone humide est un point d’eau naturel ou artificiel. Pourquoi autant d’agitation autour d’une source, d’un chott ou d’un étang ?
Quelle importance revêtent-ils ? Certains scientifiques n’y répondront pas directement, trop occupés à lever le voile sur certains mystères propres à ces zones ; d’autres s’échineront
à lister toutes les merveilles que ces écosystèmes recèlent, comme pour insister sur leur nécessaire protection. Deux éléments découlent de façon répétitive
lors des communications : les zones humides sont en grand danger et leur préservation est urgente. Ces points d’eau sont des richesses autant pour la faune qui y séjourne ou de passage
lors des migrations que pour l’homme. Leur diversité doit être conservée et préservée. On perturbe un élément végétal, animal ou physico-chimique propre à la zone humide et c’est tout
l’environnement qui se trouve bousculé.
Les espèces qui fréquentent les zones humides ont développé un comportement depuis des milliers d’années et propre à ces écosystèmes. Rien n’assure qu’elles
seraient capables de s’adapter si un élément venait à changer. Quel est l’état des zones humides algériennes ? Aujourd’hui, les chotts servent de
dépotoirs à ordures ménagères quand les eaux usées ne sont pas déversées à l’intérieur. Les étangs et barrages sont les réceptacles de déchets industriels en tout genre. Les oueds et cours
d’eau sont squattés par les populations amenant avec elles leur lot de déchets. Certaines espèces fragiles ont complètement disparu, même si à certains endroits on applaudit leur
réintroduction. D’autres ont migré vers des points plus sains. Les agglomérations grignotent un peu plus d’espace, l’urbanisation se fait au détriment de la nature et les industries se
développent sans considération pour l’environnement limitrophe. Ces constats établis par l’ensemble des intervenants leur font craindre le pire des scénarios. Pourtant, l’Etat affiche un
désintérêt pour les revendications scientifiques. En effet, des réserves d’aquaculture sont développées sans étude préalable, introduisant une espèce de poisson impropre à la zone ou
susceptible de dominer les autres espèces, créant un trouble profond dans l’écosystème. Des points d’eau sont asséchés tandis que d’autres sont alimentés en eau. En plus, des autoroutes sont
introduites dans des réserves naturelles, piétinant les lois en vigueur, peu enclines à se soucier des espèces menacées.
Par Zineb A. Maiche
Le portail Nouara
Ecologie , environnement, économie verte, developpement durable, tourisme vert
Une revue de presse web, des articles éditoriaux , un réseau national d'acteurs de l'environnement, un outil de promotion
et de référencement à la disposition des initiatives écologiques
Apprendre pour protéger.Innover pour préserver. Evoluer pour durer